Cette article provient d’une collaboration spéciale de Vincent Belisle.

Drapeau des Patriotes - Vert - Blanc - Rouge

On est le 24 juin au matin. La belle fête…j’en revient.

Je suis québécois. J’ai eu une nuit de cul. Puis cette merde? Je sais pas d’où elle vient. Seulement une alchimie désastreuse de mauvaises interprétations de ma part. Peut-être comme trop d’entre nous, je suis un québécois avec un gros « Q », mais je suis vraiment répugné ce soir. C’est pourquoi je me sent le besoin de vomir mes reflux sur un écran au lieu de me remplir moi-même de « marde » comme Elvis Gratton. Voici la suite d’événement qui m’a mené à craindre ma propre race.

Je reviens chez moi dans l’après-midi du 23. Une petite journée de travail dans le corps, mais tout de même savourant les quelques instants que j’accordais pour m’évacher sur mon divan.
Le téléphone sonne;
-Qu’est-ce que tu fais à soir?
*Je ne sais pas?
-Ben là!! C’est la St-Jean? Tu peux pas rester « éffouéré » sur ton divan.
*Je ne sais pas, rappel plus tard.

Je dirais que j’ai eu cette discussion avec huit ou neuf personnes dans l’après-midi. Seulement, personne n’a cru utile d’utiliser un arguments à saveurs nationaliste pour m’aguicher. Aucun ne m’a parler de l’importance de crier notre existence pour qu’elle subsiste. On m’a parlé de jolies culs, de bières, de monde qui vire fou, de tout ce qui pourrait aussi ressembler à un événement de la WWE; du grand divertissement. Cette simple corrélation m’avait mis la puce à l’oreille. Dès lors, je ne pouvait plus faire autrement que de vider la question en moi-même.

Après avoir choisi l’endroit ou j’allais vivre mon identité québécoise, je fais le tour et je file vers le dépanneur m’acheter de la bière.
Quand j’arrive, je trouve ça jolie; des drapeaux du Québec de différentes grandeurs se dandinent pour ma plus grande satisfaction. Je me dis : « Wow, c’est beau »!
Puis il me vint une pensé, si c’est si beau? Pourquoi n’est-ce pas comme ça à longueur d’année?
Mais j’ai compris. Au centre du collage de fleur de lys, une pancarte affichait les différentes promotions sur la bière, des promotions spéciales de Molson pour la journée de la St-Jean.
C’est bizarre? La première idée qui m’est venu; c’est la St-Valentin. Vous savez? Cette fête ou l’on met des cœurs partout avec un spécial sur le chocolat? Tellement commercial…

Jusqu’ici je ne « feel » pas trop mal. Je suis déçu, mais s’il fallait qu’on s’arrache un poil à chaque fois que la publicité salie quelque chose, on aurait plus besoin de shampoing.
Bref je roule, je me prépare à déguster ce riche mélange d’émotions avec mes camarades et pleins d’autres qui le deviendront par défaut.

J’arrive sur le site en tentant d’éviter les satanés bagnoles de police. Je me fait une cape de mon drapeau Patriotes que j’ai préalablement décrocher de mon mur. Je suis prêt, let’s go!

Je marche dans la foule cherchant mes amis, puis je remarques que des gens me regarde un peu croche. Pas tous, certains. Quelques-uns me salue ayant compris que mon drapeau étaient des leur. Une, deux ou trois personnes s’amènent; me demandent d’où vient mon drapeau. Je leur répond qu’il y a des années, des gens appelés Patriotes sont morts pour nous. Du coup ils comprennent que je suis de leur côté et n’en demande pas plus. Ils me souhaitent « Bonne St-Jean ».
C’est belle et bien vrai. Ça fait 170 ans, mais des colonisés français ont tenté de se faire respecté. Les Patriotes avaient aucuns moyens; À défaut d’avoir des armes, ces braves; nos camarades, allaient au « front » avec des bâtons de clôture en espérant que l’armée anglaise y voit des armes à feu, et rebrousse chemin. L’astuce n’a fonctionné qu’une fois.
Imaginez! Nos patriotes de 1838 n’avaient aucun moyen! Et il n’avait pas peur! De nos jours ou les armes de n’importe quel calibre sont à notre porté, nous avons peur de faire la souveraineté. Pourquoi? Je sais pas…
On peut bien dire que les vivants du 19ième siècle étaient attardés, mais au moins!; eux!; Trudeau aurait pas pu leur faire peur avec des pensions de vieillesse! Y te l’aurait vissé sur un banc d’parc le Troud’eau!

Jusque là, la colère est tolérable. Au fond, c’est pas de leur faute s’ils ne savent pas ce que veut dire mon drapeau. Au moins, ils sont venus me demandés; ils cherchent à savoir avant de juger? C’est ce que les ignorants doivent faire non?

La soirée se poursuit. Je ré-explique ma petit histoire de Patriote à qui veut bien avoir des explications. Tout va bien, mais il y en a encore qui me regarde de loin, sans faire un pas. Je ne sais pas. Peut-être que c’est de la paranoïa?
Puis j’en vois deux ou trois qui me dévisage encore, du monde à qui j’avais déjà expliqué la signification du vert, du blanc et du rouge de mon drapeau.
J’en vient a me demander si mon explication de mort de 1838 n’était pas trop loin, donc trop absurde pour qu’ils comprennent.
Je me questionne à savoir si ce drapeaux ne pourrait pas représenté des exemples plus concrets pour les oreilles fragiles de ses malinformés. Je me dis que même si la cause s’est transformée, le drapeau symbolise toujours le sacrifice humain pour la cause nationaliste québécoise.

Quelqu’un comme Pierre Bourgault. Pas un dépendant de l’héritage comme Chrétien! Je pense à un artiste passionnée de la trempe de Gérald Godin. Pas un opportuniste comme Charest! Maudit! Je parle de René Lévesque! Je parle des grands.
Force est d’admettre que d’autres grands apporteront leur nuance aux couleurs du drapeaux des Patriotes. Les fanatiques de l’action; les Chartrand, Falardeau, Parizeau etc.

Pourquoi un tel sacrifice?
Par acharnement? Par orgueil? Par volonté d’avoir son visage étampé sur un drapeau à la Che ou Lénine? Je ne crois pas.
En faite, je ne sais pas pourquoi ils ont fait ça. C’est un mystère encore pour moi. Pourquoi ont-ils travaillés pour quelque chose qui allaient inévitablement les tués?

Ce matin du 24 juin. Je suis revenu chez moi avec cette question en tête et l’œil gauche amoché. Mais la route a été endurable, j’avais quelque chose pour me distraire à la radio. Ça fait passer la douleur. Une diffusion en direct du show sur les plaines. Éric Lapointe était sur le stage. Il a clamé : « La prochaine chanson est pour vous tous, sauf Jean Charest!
Calvaire! C’est ça qu’on a comme artiste pour renforcement notre identité? Ça peut bien ressembler à de la pâte à modeler notre culture!
St-Crème! J’ai des vinyles qui datent de pas si longtemps avec Gilles Vigneault qui crie : « Liberté! Liberté! »
Viarge! Liberté! Pas celle de Fillion ou du nouveau Jeep.
Liberté!
Pas une seule journée par année!
Liberté! Un pays!
Pas un paradis!
Un Pays!
À nous!
Pour nous!

Je m’accroupie maintenant sous le poids malicieux de ce constat en écoutant du « The Doors ». Ça me fait penser que l’authenticité ne vient pas naturellement de son propre sang, mais par ce qu’on y ajoute.
Cependant je me demande comment terminer cet article?
Il fallait que j’écrive. Fallait que ça sorte.

Tout ça parce que des crétins ont fait une erreur de jugement, puis tout ça m’est sauté au visage…
Putain! Comment pourrais-je réagir?
Cette nuit, des gens de ma race m’ont tapé dessus en croyant que j’étais venu prôner l’Italie, alors que mon drapeau était celui des Patriotes! Nos patriotes! On m’a même fortement suggéré de me procuré un drapeau lysé blanc à carreaux bleus, sans quoi, je n’étais pas un vrai québécois. C’est pourquoi je suis parti, je ne dois pas être un vrai québécois…
Navrant…

Ils ne sont pas mort pour ça… Mais pas pour rien non plus….