L'énergie éolienne
Le Québec détient une capacité énergétique particulièrement attrayante. Leader mondial de la production hydroélectrique, nous avons aussi, selon de nombreuses études, le plus grand potentiel éolien actuellement connu, notamment en Gaspésie. Alors que notre société est enfin sensible à la détérioration de l’environnement, voilà que le Québec se retrouve avantageusement placé pour le futur, en terme de production électrique.

Néanmoins, pour le moment, les initiatives menant vers l’utilisation efficace de ces ressources se font rares. Les pressions publiques ont d’ailleurs permis de faire avorter le projet du Suroît, un centrale thermique au gaz naturel qui se serait dressée dans la région de Beauharnois. Puis, alors que le cycle de vie de Gentilly-2 tire à sa fin, tandis que le seul réacteur nucléaire québécois devrait cesser ses activités en 2013, il me semble qu’il est grand temps de sauter, à pieds joints, dans l’éolien, pour éviter, à court terme, la construction d’une nouvelle centrale.

Par contre, des incitatifs économiques risquent d’aller à l’encontre de mes souhaits. En effet, vendredi, alors que Harper rencontrait son homologue australien, il a affirmé que l’énergie nucléaire sera appelée à jouer un rôle important dans l’approvisionnement énergétique au Canada. Je suis persuadé que le fait que ces deux pays détiennent 40% des réserves mondiales d’uranium a une incidence sur cette déclaration. Il est difficile de prôner les avantages de l’énergie nucléaire lorsqu’on ne l’utilise pas. Les mêmes arguments amèneront probablement aussi la construction d’une autre centrale nucléaire au Québec, puisque Hydro-Québec voudra continuer de s’affirmer comme un chef de file dans ce domaine.

Depuis ses débuts, la société d’état a su développer des expertises mondialement reconnues, notamment dans la production d’électricité hydraulique et nucléaire. Néanmoins, pour le moment, elle se contente de confier l’exploitation de parcs éoliens à l’entreprise privée, qui doit acquérir du matériel inadapté à notre climat en Europe. Pourquoi Hydro-Québec n’applique-t-elle pas immédiatement la recette qui la si bien servie, en développant sa propre expertise de l’éolien? Je me l’explique mal.

Je suppose que ses dirigeants sont trop occupés à détourner les fondements de cette société pour qu’elle se concentre sur la hausse du fardeau fiscal québécois. Pourtant, si elle exploitait adéquatement les ressources actuelles du Québec, elle pourrait faire de notre province une Alberta verte, en mesure de rembourser sa dette grâce aux bénéfices de la vente d’énergie à l’étranger.

Prenons donc, dès maintenant, le virage de l’avenir : la production verte!

Quelques liens intéressants :

- Jos -