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Les requins les plus dangereux du monde et où les éviter

Les requins sont des créatures fascinantes mais dangereuses !

Les requins fascinent autant qu’ils effraient. Depuis Les Dents de la mer, leur image oscille entre prédateur implacable et monstre marin assoiffé de sang. Pourtant, les attaques de requins sur l’homme sont rares, et la plupart des espèces sont inoffensives. Mais certaines, par leur puissance, leur comportement opportuniste ou leur présence dans les zones côtières fréquentées, présentent un risque plus élevé. Voici un apperçu des cinq espèces de requins les plus dangereuses pour l’homme.

Le film « Jaws » de 1975 a créé une peur panique des requins

Steven Spielberg a plus tard exprimé des regrets que son film ait contribué au mythe du requin mangeur d’homme.

1. Le requin-bouledogue (Carcharhinus leucas)

De grande taille (jusqu’à 4 mètres de longueur), trapu, au museau émoussé et au regard inquiétant, le requin-bouledogue est probablement le plus imprévisible de tous. Il se distingue de ses congénères par sa capacité unique à vivre aussi bien en eau salée qu’en eau douce. On le retrouve dans les estuaires, les rivières tropicales, les lacs côtiers et parfois même à des centaines de kilomètres à l’intérieur des terres, comme dans le fleuve Mississippi.

Ce requin est impliqué dans une centaine d’attaques recensées sur l’homme, notamment en Afrique du Sud, au Mozambique, en Australie et dans les Caraïbes. Opportuniste, il se nourrit de poissons, tortues, oiseaux marins, voire d’autres requins. Il attaque les humains probablement par curiosité, par défense ou par erreur, dans des eaux troubles où la visibilité est réduite.

Le requin-bouledogue n’est pas considéré comme menacé d’extinction, mais il est tout de même vulnérable à la pêche industrielle et à la dégradation de son habitat côtier. Pour l’éviter, mieux vaut éviter de se baigner près des embouchures de rivières, surtout après de fortes pluies.

2. Le grand requin-marteau (Sphyrna mokarran)

Avec sa tête en forme de T, le grand requin-marteau est l’un des plus reconnaissables des océans. Il peut atteindre plus de 6 mètres de long et pèse jusqu’à 500 kg. On le trouve dans les eaux tropicales et subtropicales du monde entier, le long des récifs coralliens, des côtes ou en pleine mer. Curieusement, malgré sa taille et son apparence, il est responsable d’un nombre très limité d’attaques confirmées (moins de 20). Toutefois, en raison de sa puissance et de son comportement de chasseur, il reste potentiellement dangereux.

Son régime alimentaire inclut des raies, des petits requins et divers poissons. La forme de sa tête, appelée céphalopholie, lui permet de détecter les champs électriques émis par ses proies avec une précision redoutable.

Menacé d’extinction en raison de la surpêche (notamment pour ses nageoires très prisées en Asie), il figure sur la liste rouge de l’UICN. Éviter de plonger ou nager en mer ouverte au crépuscule ou à l’aube limite les risques de rencontre.

3. Le requin océanique (Carcharhinus longimanus)

Plus discret mais tout aussi inquiétant, le requin océanique ou longimane a longtemps été l’un des plus redoutés par les marins. Ce requin pélagique de 2 à 3 mètres de long, au corps massif et aux nageoires longues vit en haute mer, loin des côtes. Il a été particulièrement redouté durant la Seconde Guerre mondiale, lorsqu’il attaquait les survivants de naufrages.

Il est impliqué dans une trentaine d’attaques confirmées, souvent mortelles, principalement en raison du contexte (personnes à la dérive, blessées ou isolées). Il se nourrit de poissons, calmars et oiseaux marins, mais peut aussi se montrer extrêmement curieux envers les humains en détresse.

Ironiquement, cet animal puissant est désormais vulnérable. Victime de la surpêche, notamment pour ses nageoires, il a vu ses populations chuter de manière alarmante. Le commun des baigneurs ne croisera presque jamais ce requin, à moins d’un naufrage ou d’une expédition loin des côtes.

4. Le requin-tigre (Galeocerdo cuvier)

Le requin-tigre est un glouton capable d’ingérer à peu près tout : tortues, oiseaux, poissons, mammifères marins, pneus, plaques d’immatriculation… 😉 Ce comportement opportuniste en fait l’un des requins les plus dangereux pour l’homme, avec plus de 130 attaques recensées, dont plusieurs mortelles.

Présent dans toutes les mers tropicales, il fréquente les lagons, les côtes, les zones portuaires et parfois les zones de baignade. Sa taille (jusqu’à 5 mètres) et sa mâchoire puissante en font un prédateur redoutable.

Malgré sa réputation, le requin-tigre est lui aussi vulnérable à la surpêche. Il est souvent capturé accidentellement par les filets ou ciblé pour ses ailerons dans des activités de pêche illégale.

Pour éviter de croiser sa route, mieux vaut ne pas se baigner la nuit, ne pas porter de bijoux brillants et éviter les zones où des carcasses d’animaux marins flottent.

5. Le grand requin blanc (Carcharodon carcharias)

Icône des films d’horreur marins, le grand requin blanc est à la fois craint et mal compris. Il est responsable d’environ 350 attaques confirmées, dont une bonne part en Australie, en Afrique du Sud et en Californie. Ces attaques sont rarement motivées par la faim : le requin confond souvent le surfeur avec une otarie ou un phoque, ses proies préférées.

Présent dans les eaux tempérées du monde entier, le grand blanc est un chasseur furtif et méthodique. Il peut atteindre plus de 6 mètres et possède une mâchoire équipée de dents triangulaires, taillées pour déchirer.

Ironiquement, c’est aussi une espèce menacée. La chasse, la capture accidentelle et le mythe qui l’entoure nuisent à sa conservation. Il est aujourd’hui protégé dans plusieurs pays.

La prudence est de mise dans les zones connues pour leur présence : se baigner en groupe, éviter les eaux troubles ou les heures d’activité crépusculaire réduit considérablement les risques.

Plusieurs grands requins blancs ont été observés au Québec au large des Îles-de-la-Madeleine. Une dizaine ont été équipés d’une balise permettant de les suivre à la trace. Bien que les requins aient toujours été présents aux Îles, aucune attaque n’est survenue au cours des siècles d’occupation humaine dans l’archipel.

Une peur démesurée d’un risque minime

Attaques de requins enregistrées dans le monde en 2024

Chaque année, on recense entre 50 et 100 attaques de requins dans le monde, dont seulement une poignée sont mortelles. Comparativement, les accidents de cocotier ou les piqûres d’abeilles tuent bien plus de gens. Les requins n’ont pas vocation à manger des humains ; la majorité des attaques sont des erreurs ou des comportements défensifs.

Attaques de requins au cours des 3 dernières décennies

Si vous apercevez un requin en mer, restez calme. Évitez les mouvements brusques, regagnez la rive lentement sans lui tourner le dos. Ne paniquez pas : dans la plupart des cas, le requin vous observe sans intention agressive.

Un plongeur redirige un grand requin blanc un peu trop curieux

S’il s’approche, redirigez le requin en poussant son nez dans une autre direction. S’il se montre agressif, frappez-le sur ses parties sensibles comme son nez, ses branchies ou ses yeux. Montrez-vous combatif jusqu’à ce que vous soyez en sécurité.

Un plongeur interagit avec un requin-tigre

En fin de compte, les requins ne sont pas nos ennemis. Ce sont des prédateurs essentiels à l’équilibre des écosystèmes marins, aujourd’hui menacés par la pollution, la pêche industrielle et notre peur irrationnelle. Apprendre à mieux les connaître, c’est aussi apprendre à mieux protéger les océans.



Les attaques de requin sont très rares, mais ce super prédateur représente tout de même un danger réel. Découvrez les espèces de requins les plus menaçantes à travers le monde.
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François Paquette

Animateur de radio, podcaster et blogueur.

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