Surnommé « le tueur à gages tranquille » en raison de son apparence ordinaire et de son comportement discret, Gérald Gallant a laissé sa sinistre marque dans les annales judiciaires et la culture du Québec. Son histoire à glacer le sang est celle d’un individu intellectuellement et émotionnellement carencé, aux prises avec un trouble du langage qui a trouvé sa voie dans la criminalité.
Une enfance marquée par les abus

Gérald Gallant naît en 1950 à Saint-Hyacinthe, au Québec, dans une famille ouvrière. Son enfance est loin d’être idyllique. Sa mère, d’une nature autoritaire et violente, lui inflige des abus physiques et émotionnels qui laissent des cicatrices profondes. Gallant grandit dans un environnement où la peur et le ressentiment dominent. Il développe très jeune une rébellion silencieuse, un mécanisme de survie qui préfigure sa capacité à dissimuler ses émotions et ses intentions. L’absence d’un père présent et protecteur renforce son isolement, et il commence à manifester des comportements délinquants dès l’adolescence.
Premiers délits et incarcérations

Dans les années 1970, Gallant commet ses premiers délits : vols à l’étalage, cambriolages et infractions mineures. Ces actes traduisent son besoin de défiance envers l’autorité et une quête maladroite d’indépendance. Arrêté à plusieurs reprises, il connaît ses premières expériences en prison.
Ces séjours derrière les barreaux l’endurcissent et lui permettent de tisser des liens avec des individus plus aguerris dans le milieu criminel. Malgré une allure banale, un faible quotient intellectuel (évalué à 88) et un physique peu impressionnant, Gallant possède une grande faculté d’adaptation et un caractère loyal, des qualités qui attirent l’attention de criminels plus expérimentés.
La rencontre décisive avec Raymond Desfossés


La trajectoire de Gérald Gallant bascule lorsqu’il rencontre Raymond Desfossés, une figure influente du crime organisé au Québec. Desfossés, connu pour ses liens avec les bandes de motards et la mafia, reconnaît en Gallant un homme fiable et discret, capable d’exécuter des missions sensibles. Cette rencontre marque le début d’une association fructueuse mais sanglante. Sous l’influence de Desfossés, Gallant passe des délits mineurs aux crimes majeurs, incluant des assassinats ciblés.


C’est à cette période qu’il commence à opérer en tant que tueur à gages. Gallant se distingue par sa précision, son calme et sa capacité à passer inaperçu. Il est rapidement sollicité par diverses factions du crime organisé, notamment les motards criminalisés et des membres de la mafia. Ces organisations utilisent ses services pour éliminer des rivaux, envoyer des messages ou éradiquer les traîtres. Gallant, motivé par l’argent et un sentiment de loyauté envers ses employeurs, ne montre aucun état d’âme.
Arrestation spectaculaire à Genève


En 2006, après plusieurs décennies passées à semer la terreur dans le milieu criminel québécois, Gallant est finalement arrêté à Genève, en Suisse. Ironiquement, ce n’est pas un meurtre qui mène à sa capture, mais des fraudes dans des bijouteries. Utilisant de faux papiers, Gallant tente de revendre des bijoux volés, mais son comportement suspect attire l’attention des autorités locales. Une enquête approfondie révèle sa véritable identité et son passé criminel. Son arrestation marque le début d’une saga judiciaire qui ébranle le Québec. Extradé au Canada, il commence à collaborer avec les autorités en échange d’une réduction de peine. Gallant dévoile des informations détaillées sur ses crimes et sur les commanditaires, brisant le code du silence qui prévaut dans le milieu.
Confessions d’un tueur à gages

Durant les interrogatoires, Gallant confesse avoir commis 28 meurtres entre 1978 et 2003, faisant de lui l’un des tueurs à gages les plus prolifiques de l’histoire canadienne. Ses victimes incluent des membres de gangs rivaux, des informateurs et des figures du crime organisé. Il avoue également avoir participé à 12 tentatives de meurtre. Ces révélations choquent le public et mettent en lumière l’ampleur de la violence orchestrée par les bandes de motards et la mafia au Québec.
Gallant coopère pleinement avec les enquêteurs, fournissant des noms, des dates et des détails précis sur les crimes. Ses témoignages permettent d’élucider plusieurs affaires non résolues et de démanteler partiellement certains réseaux criminels. Cette collaboration lui attire toutefois la haine de ses anciens employeurs, le forçant à vivre sous protection constante.
Pas près de sortir…
En 2009, Gérald Gallant est condamné à la prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans. Cette peine reflète l’ampleur de ses actes, mais elle prend aussi en compte sa collaboration avec les autorités.
La date de sa première possibilité de libération conditionnelle est fixée à 2034. Jusqu’à présent, Gallant purge sa peine dans un établissement carcéral à sécurité maximale, loin des regards et des dangers que représentent ses anciens complices.

Gérald Gallant, autrefois un enfant brisé par les abus, devient l’un des personnages les plus redoutés du monde criminel québécois. Bien que son récit en soit un de violence et de tragédie, il fait partie de l’histoire et de la culture du Québec. La vie de Gallant a notamment inspiré le film Confessions en 2022 qui met en vedette Luc Picard :
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