L’histoire du hockey féminin ne se résume plus à une note de bas de page du sport canadien. Elle s’inscrit désormais dans une chronologie structurée, marquée par des exploits internationaux, des percées institutionnelles et une professionnalisation récente qui transforme durablement le paysage. Des ligues communautaires du début du XXe siècle jusqu’à la création de la Ligue professionnelle de hockey féminin en 2023, ces athlètes et bâtisseuses ont redéfini les standards de performance et de reconnaissance.
Albertine Lapensée

Bien avant l’ère olympique, Albertine Lapensée domine la scène durant la Première Guerre mondiale. Active principalement entre 1916 et 1917 dans l’est ontarien et l’ouest québécois, elle inscrit un total documenté de 123 buts en 28 matchs, une production offensive ahurissante !


Surnommée la « Miracle Maid », elle attire des foules comparables à celles des équipes masculines locales. Dans un contexte où le hockey féminin n’est pas institutionnalisé, sa popularité démontre déjà l’appétit du public pour le jeu féminin de haut niveau. Elle constitue le premier phénomène médiatique du hockey féminin canadien.
Manon Rhéaume

Manon Rhéaume marque un jalon historique au début des années 1990. En 1991-1992, elle devient la première femme à jouer dans la LHJMQ avec les Draveurs de Trois-Rivières, participant à des matchs préparatoires.



Le 23 septembre 1992, elle entre dans l’histoire en disputant un match préparatoire avec le Lightning de Tampa Bay dans la Ligue nationale de hockey. Elle affronte notamment les Blues de St. Louis, accordant deux buts sur neuf tirs avant d’être remplacée. Même s’il s’agit d’un match hors concours, l’événement a une portée symbolique immense. Son exploit a fait le tour du monde.
Double championne du monde avec le Canada (1992, 1994) et médaillée d’argent olympique en 1998, elle ouvre la voie à une génération de gardiennes qui évolueront sans que leur présence soit perçue comme une anomalie.
Danielle Goyette

Danielle Goyette figure parmi les attaquantes les plus productives de l’histoire d’Équipe Canada. Active sur la scène internationale dès les années 1990, elle cumule deux médailles d’or olympiques (2002, 2006) et une d’argent (1998).


Aux championnats du monde, elle participe à huit conquêtes de l’or. Longtemps détentrice de records de points en compétition internationale féminine, elle se distingue par sa vision du jeu et sa constance offensive. Son rôle dépasse la feuille de pointage : elle contribue à structurer un programme canadien encore en consolidation. Aujourd’hui elle est l’entraîneuse de l’équipe féminine de l’université de Calgary.
Thérèse Brisson

Thérèse Brisson incarne la stabilité à la ligne bleue. Défenseure mobile et disciplinée, elle remporte deux médailles olympiques ; une d’argent en 1998 et une médaille d’or en 2002 , en plus de plusieurs titres mondiaux.



Dans les années 1990, alors que le Canada et les États-Unis dominent la scène, son rôle défensif est déterminant pour contrer les meilleures unités offensives adverses. Elle représente la consolidation d’un hockey féminin tactiquement mature.
France St-Louis

France St-Louis se distingue par son efficacité et son intelligence positionnelle. Elle décroche l’argent olympique en 1998 puis l’or en 2002. Aux championnats du monde, elle cumule cinq médailles d’or.


Son apport s’inscrit dans une période où le Canada construit sa suprématie internationale. Elle participe à normaliser l’excellence et à professionnaliser la préparation athlétique des joueuses.
Caroline Ouellette

Caroline Ouellette est la hockeyeuse québécoise la plus titrée aux Jeux olympiques avec quatre médailles d’or (2002, 2006, 2010, 2014). Elle s’impose comme centre dominante, capable d’assumer un rôle défensif et offensif complet. Regardez-la déjouer deux adversaires et scorer !
Aux championnats du monde, elle ajoute six médailles d’or. Sa carrière internationale illustre la continuité du succès canadien sur plus d’une décennie.
Charline Labonté

Charline Labonté évolue très tôt dans des équipes masculines, ce qui forge sa technique et sa résilience. Elle remporte trois médailles d’or olympiques (2006, 2010, 2014).


Elle se distingue par son calme en matchs éliminatoires et sa capacité à performer sous pression. Elle consolide la tradition canadienne d’excellence devant le filet.
Kim St-Pierre

Kim St-Pierre obtient trois médailles d’or olympiques (2002, 2006, 2010) et plusieurs titres mondiaux. En 2020, elle est intronisée au Temple de la renommée du hockey, reconnaissance rare pour une gardienne.

Son pourcentage d’arrêts exceptionnel et sa régularité sur plus d’une décennie confirment l’implantation d’une élite féminine durablement structurée.
Hayley Wickenheiser

Quadruple médaillée d’or olympique (2002, 2006, 2010, 2014) et médaillée d’argent en 1998, Hayley Wickenheiser domine également les championnats du monde.


Lors de la finale des Jeux olympiques de Salt Lake City en 2002, les joueuses de l’équipe des États-Unis avaient placé le drapeau canadien sur le plancher de leur vestiaire pour le piétiner. Team Canada a gagné la partie pour remporter l’or malgré une arbitre américaine qui ne semblait pas très impartiale (pour dire le moins) ! Lors d’une entrevue après le match, Hayley Wickenheiser a demandé aux américaines, défaites dans leur pays, si elles voulaient que l’équipe canadienne victorieuse autographie le drapeau en question. Vlan dans les dents !
Elle détient pendant plusieurs années le record du plus grand nombre de buts olympiques en hockey féminin. Son influence dépasse la glace : elle joue aussi dans des ligues masculines européennes, contribuant à briser des barrières culturelles.
Hayley Wickenheiser est longtemps considérée comme la plus grande joueuse de l’histoire jusqu’à l’arrivée de…
Marie-Philip Poulin

Marie-Philip Poulin s’impose comme la joueuse décisive par excellence. Elle marque en finale olympique en 2010 (à 18 ans), inscrit deux buts en finale en 2014, puis joue un rôle central en 2022.
Admirez sa vitesse et la précision de son tir lors de ce but gagnant (sa spécialité) :
Aux Jeux olympiques de 2026, elle bat officiellement le record du plus grand nombre de buts olympiques en hockey féminin, surpassant la marque de Wickenheiser. Avec trois médailles d’or et une d’argent, elle incarne la transition entre deux générations dominantes.
Voyez-la devenir la meilleure marqueuse de l’histoire des olympiques :
Capitaine respectée, elle combine leadership, efficacité en zone payante et performance sous pression, une constance rarement observée dans l’histoire olympique.
Mention honorable : Danièle Sauvageau

Danièle Sauvageau dirige l’équipe canadienne vers l’or olympique en 2002, mettant fin à la domination américaine inaugurale de 1998. Son approche tactique et son insistance sur la préparation mentale modifient la culture de haute performance.


Son rôle dans la gouvernance et la promotion du hockey féminin contribue à structurer un système national cohérent.
Une évolution radicale du sport
Depuis les patinoires communautaires jusqu’aux arénas pleins lors des championnats mondiaux, la croissance est manifeste. Les audiences télévisées augmentent, les commanditaires s’engagent et les jeunes filles disposent désormais de modèles professionnels identifiables.


La création en 2023 de la Ligue professionnelle de hockey féminin (connue en anglais sous le nom de Professional Women’s Hockey League) marque une étape décisive. Pour la première fois, une ligue nord-américaine structurée, financée et médiatisée offre un cadre professionnel stable aux meilleures joueuses du monde.

Du phénomène Albertine Lapensée aux exploits olympiques de Marie-Philip Poulin, en passant par les percées historiques de Manon Rhéaume et la domination prolongée de Hayley Wickenheiser, le hockey féminin a évolué d’une pratique marginale à un sport internationalement reconnu. L’écosystème actuel (ligues professionnelles, programmes universitaires, visibilité médiatique) repose directement sur ces pionnières et légendes qui ont transformé le jeu par leur capacité à modifier les perceptions et donner un bon show avec du hockey de calibre professionnel.
Elles ont fait de ce qui était d'abord vu comme une curiosité, un sport de haut niveau respecté tant sur la scène canadienne qu'à l'international.Partager cette trouvaille!Partager!Envoyer par courrielEnvoyer!






