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7 questions et réponses à propos de la mer Morte

Les mystères de la mer Morte

Située entre Israël, la Cisjordanie et la Jordanie, la mer Morte fascine depuis des millénaires. Son nom, sa salinité extrême, sa position géographique unique et ses propriétés étonnantes en font un lieu à la fois célèbre et fragile.

Voici un tour d’horizon en sept questions pour mieux comprendre cet environnement hors norme.

1. Est-ce que la mer Morte est le plan d’eau le plus salé du monde ?

Non. Bien que très salée, la mer Morte n’est pas le plan d’eau le plus salé de la planète. Son taux de salinité avoisine 33 à 34 %, ce qui est environ neuf fois plus élevé que celui des océans, mais certains lacs hypersalins, comme le Lac Assal à Djibouti ou certains bassins en Antarctique, présentent une salinité encore plus élevée. Le record revient au Lac Gaet’ale en Éthiopie, dont la salinité dépasse 40 %.

Cela dit, la mer Morte est le plus grand plan d’eau hypersalin au monde et le plus célèbre. Sa superficie autrefois supérieure à 1 000 km² en faisait un cas d’étude majeur pour l’écologie des milieux extrêmes.

2. D’où vient la salinité extrême de la mer Morte ?

Des excroissances de sel émergent de la mer Morte

La salinité de la mer Morte s’explique par plusieurs facteurs naturels. D’abord, il s’agit d’un lac endoréique, c’est-à-dire qu’il n’a aucune issue vers la mer. L’eau qui y entre par le Jourdain et quelques rivières saisonnières s’évapore rapidement sous l’effet d’un climat désertique, sans jamais s’échapper. Ce phénomène d’évaporation intense, associé à un apport constant de sels dissous venant des affluents, entraîne une concentration progressive du sel dans l’eau.

Encore du sel !

À cela s’ajoute la géologie : le bassin de la mer Morte est riche en dépôts minéraux. Depuis des millions d’années, ces sels s’accumulent dans le bassin sans être lessivés ou redistribués, créant un milieu hypersalin stable mais hostile.

3. Est-elle vraiment « morte » ? Y a-t-il de la vie dans la mer Morte ?

Contrairement à ce que son nom suggère, la mer Morte n’est pas totalement dépourvue de vie. Si aucun poisson, mollusque ou plante ne peut survivre dans son eau, certains micro-organismes extrêmophiles y prospèrent. Ce sont principalement des archées halophiles (un type de microbe résistant au sel) et certaines algues unicellulaires comme Dunaliella salina, capables de résister à des concentrations extrêmes de sel et de minéraux.

Des archées halophiles au microscope

Ces organismes jouent un rôle important dans le cycle du carbone et dans les colorations rouges qui peuvent apparaître temporairement à la surface. La mer Morte est donc loin d’être biologiquement « morte », mais elle reste un écosystème extrêmement limité et spécialisé.

4. Pourquoi flotte-t-on dans la mer Morte ?

Le phénomène de flottaison est dû à la densité de l’eau, bien plus élevée que celle de l’eau douce ou de l’eau de mer. La salinité élevée rend l’eau plus dense que le corps humain, ce qui augmente la poussée d’Archimède. Résultat : on flotte naturellement à la surface, sans effort.

Cette propriété fait de la mer Morte une destination prisée pour les touristes, mais elle impose aussi certaines précautions : il est dangereux de plonger la tête dans cette eau très corrosive, et les yeux ou plaies ouvertes peuvent y subir de fortes irritations.

5. La mer Morte est-elle vraiment sous le niveau de la mer ?

Oui. La mer Morte détient le record du point terrestre émergé le plus bas de la planète. Actuellement, sa surface se trouve à environ 430 mètres sous le niveau de la mer (valeur qui change légèrement chaque année à cause de l’assèchement).

Ce phénomène est dû à la tectonique de la vallée du Grand Rift, une zone de faille géologique active qui forme une dépression profonde. Cette situation géographique unique contribue au climat désertique local, aux propriétés chimiques de la mer et à sa vulnérabilité écologique.

6. Est-ce que la mer Morte est navigable ?

Techniquement, oui, mais très peu de bateaux y naviguent. La densité de l’eau est telle qu’elle altère le fonctionnement des moteurs, des pompes et des équipements métalliques. De plus, l’absence de ports naturels, les conditions climatiques difficiles et l’utilité limitée de cette navigation ont limité les activités maritimes.

Historiquement, des embarcations simples ont été utilisées pour transporter du sel ou faire des prélèvements scientifiques. Aujourd’hui, quelques barques à rame ou plateformes flottantes servent à la recherche ou à des démonstrations touristiques, mais la mer Morte n’a jamais été une voie navigable commerciale.

7. Est-ce que la mer Morte est en train de disparaître ?

Malheureusement, oui. Depuis les années 1960, la mer Morte perd plus d’un mètre de niveau chaque année. Sa surface a diminué de près de 35 % en un demi-siècle. Les causes principales sont :

  • La déviation du fleuve Jourdain, sa principale source d’eau douce, pour l’agriculture et l’eau potable ;
  • L’exploitation industrielle du sel et des minéraux, notamment par évaporation accélérée dans des bassins artificiels ;
  • Le changement climatique, qui accentue la sécheresse dans la région.

Cette baisse provoque aussi des effets secondaires graves : des effondrements de terrain (doline) apparaissent à proximité, rendant certaines zones dangereuses. L’assèchement affecte également l’écosystème, les populations locales et l’économie régionale basée sur le tourisme et les cosmétiques.

Le canal mer Rouge-mer Morte

Des projets sont en cours pour sauver la mer Morte, comme le canal mer Rouge-mer Morte, visant à réintroduire de l’eau par un système de pompage et de dessalement. Toutefois, les défis sont énormes, autant sur le plan technique que politique, car ils impliquent une coopération régionale complexe entre Israël, la Jordanie et l’Autorité palestinienne.

La mer Morte, à la fois merveille naturelle, laboratoire écologique et symbole de fragilité environnementale, nous confronte à des questions cruciales sur la gestion de l’eau, l’équilibre des écosystèmes et la coopération transfrontalière. Morte en apparence, mais vivante dans ses profondeurs microscopiques, elle est aussi une sentinelle du climat et des excès humains.


Maintes fois citée, tout le monde connaît l'existence de la mer Morte. Mais que savons-nous vraiment de cette mer d'exception ?
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François Paquette

Animateur de radio, podcaster et blogueur.

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