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Les plus grands peintres du Québec

Le talent québécois en peinture : voici les grands noms à connaître 🖌️

Alors que certaines formes d’art, comme la littérature, la musique ou le cinéma, reçoivent toute la reconnaissance qu’ils méritent de la part du public, la peinture et les arts visuels sont malheureusement trop souvent ignorés. Pourtant, le Québec a produit sa part de peintres dont la renommée a dépassé les limites de notre province, comme le prouvent les artistes suivants.

Marc-Aurèle de Foy Suzor-Côté

Bénédiction des érables, de Marc-Aurèle de Foy Suzor-Côté

Né en 1869 à Arthabaska (aujourd’hui Victoriaville), Marc-Aurèle de Foy Suzor-Côté a été formé en partie à l’École des beaux-arts de Paris, où il a d’ailleurs fait la rencontre du célèbre sculpteur Auguste Rodin. En peignant une grande quantité de paysages d’ici sous une loupe impressionniste, il a injecté une influence européenne à son œuvre, caractérisée par une grande sensibilité et une approche intimiste. Il est considéré comme l’un des peintres québécois les plus importants des débuts du XXe siècle, mais aussi un des plus prolifiques : il aurait en effet peint près de 1500 tableaux! Ses toiles variées présentent plusieurs sujets, dont des évènements historiques, des objets et des portraits.

Léo Ayotte

Goélette au quai Saint-Anne-des-Monts, de Léo Ayotte

Issu d’une famille modeste de Sainte-Flore en Mauricie, Léo Ayotte n’avait pas les moyens de s’inscrire comme étudiant à l’École des beaux-arts de Montréal. Il s’y est donc fait engager comme modèle, ce qui lui permettait d’assister aux cours. Il récupérait souvent les tubes de peintures à moitié vides qu’abandonnaient certains étudiants et utilisait ceux-ci pour peindre. Ayotte avait un style unique, et ne se servait souvent que d’un seul pinceau pour réaliser une œuvre d’une traite et avec spontanéité. Ses natures mortes et ses portraits chargés d’émotion l’ont amené à être considéré comme un artiste majeur au Québec. Après sa mort, les amateurs d’art s’arrachèrent les toiles de l’artiste, qui prirent rapidement une valeur importante.

Marc-Aurèle Fortin

Vue d’Hochelaga, de Marc-Aurèle Fortin

Né le 14 mars 1888 à Sainte-Rose, Marc-Aurèle Fortin a été formé à l’Art Institute of Chicago, mais toute sa vie, il est demeuré fidèle au Québec, réalisant des œuvres intenses et vibrantes inspirées de ses voyages dans plusieurs régions de la province, dont Charlevoix, la Gaspésie et l’Île-d’Orléans. Il a été le premier à créer une école du paysage canadien complètement détachée de l’influence européenne. En 1955, il confie à son gérant près de 2 000 tableaux, dont plusieurs prendront le chemin du dépotoir. Heureusement, depuis mai 2007, on peut admirer une centaine de ses œuvres au Musée des beaux-arts de Montréal grâce à la Fondation Marc-Aurèle Fortin, qui a remis l’ensemble de sa collection à cette institution.

Clarence Gagnon

Misty Morning, de Clarence Gagnon

Clarence Gagnon est un peintre québécois né en 1881 à Montréal et décédé en 1942 à l’âge de 60 ans. Tout au long de sa carrière, il a partagé son temps entre l’Europe et le Canada, mais à partir de 1908, il séjourne de plus en plus souvent à Baie-Saint-Paul, où il peint nombre de paysages, le plus souvent hivernaux. Gagnon donne vie à ses toiles grâce à des couleurs chaudes qui transmettent l’ambiance climatique des paysages et la beauté des gestes des habitants qui accomplissent leurs tâches quotidiennes. Ces tableaux seront exposés à Paris en 1913, ce qui lui vaudra une grande reconnaissance. Tout comme Marc-Aurèle Fortin, il est l’un des artistes qui a fait le plus connaître les magnifiques paysages d’ici à travers ses toiles.

Arthur Villeneuve

Partie de la maison d’Arthur Villeneuve

Plutôt que de coucher sa vision sur la toile, ce peintre originaire de Chicoutimi a utilisé sa propre maison comme canevas. En avril 1957, il commence à recouvrir l’intérieur, puis l’extérieur de sa demeure, de peintures naïves. Pendant 23 mois, il travaillera jusqu’à 100 heures par semaine. En 1959, sa maison sera ouverte au public, et en 1972, des photos de son travail seront exposées à Québec, Montréal et Vancouver. La même année, il est admis dans l’ordre du Canada en reconnaissance de sa « contribution comme peintre et interprète de son environnement ». Maintes fois menacée de démolition, sa maison fait aujourd’hui partie du patrimoine culturel, et a été déménagée au musée de la Pulperie de Chicoutimi, où il est possible de la visiter.

Alfred Pellan

Les mécaniciennes, d’Alfred Pellan

Peintre, muraliste, illustrateur et costumier, Alfred Pellan est le premier peintre québécois à s’être illustré sur la scène française. Il vend sa première toile à l’âge de dix-sept ans à la Galerie nationale du Canada. En 1926, il obtient la première bourse d’étude en arts du Québec, ce qui lui permet d’étudier à l’École supérieure des beaux-arts de Paris. Durant son séjour, il côtoie des artistes très connus, tels que Picasso, Dali et Matisse. Ce n’est qu’en 1955, après une exposition à Paris, que son œuvre, influencée par le surréaliste et le cubisme, sera enfin reconnue à sa juste valeur, puisque le public d’ici n’était pas prêt à cet avant-gardisme marqué. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des peintres québécois les plus marquant du XXe siècle.

Jean Paul Lemieux

1910 Remembered, de Jean Paul Lemieux

Élève de Marc-Aurèle de Foy Suzor-Côté à une certaine époque, Jean Paul Lemieux, un natif de la ville de Québec, fait ses études à l’École des beaux-arts de Montréal, où il enseignera plus tard dans sa vie. Peintre de paysages et de portraits, ses œuvres épurées sont souvent empreintes d’une grande sensibilité et d’un sens du détail poussé qui semblent évoquer l’isolation de l’être humain face à la grandeur de la nature. Tout au long de sa carrière, sa renommée dépasse les frontières de la province, et ses toiles sont régulièrement exposées à l’étranger. Son tableau 1910 Remembered est l’une des œuvres contemporaines les plus chères, s’étant vendu à plus de 2 millions de dollars.

Jean-Paul Riopelle

L’Isle heureuse, de Jean-Paul Riopelle

Jean-Paul Riopelle est l’un des artistes canadiens les plus marquants du vingtième siècle. À la fois peintre, graveur et sculpteur, il est né à Montréal en 1923, et a été l’élève de Paul-Émile Borduas, un autre grand peintre québécois. Connu pour son style abstrait et ses couleurs vives, cet artiste polyvalent a exposé un peu partout à travers la planète, de New York à Venise en passant par São Paulo ou Paris. Il est l’un des signataires du Refus global, un manifeste publié en 1948 qui bouleversa l’art et la culture au Québec en remettant en question le dogme catholique et l’attachement aux valeurs ancestrales. À sa mort en 2002, le gouvernement du Québec lui a organisé des obsèques nationales.

Paul-Émile Borduas

14.48, de Paul-Émile Borduas

Né en 1905 à Mont-Saint-Hilaire, Paul-Émile Borduas est connu pour ses œuvres abstraites. Il a exercé une grande influence sur plusieurs peintres québécois, dont Jean-Paul Riopelle, à qui il a enseigné. Borduas rejetait toute forme de préparation pour se concentrer uniquement sur les émotions du moment et les pulsions inconscientes. Il est l’un des fondateurs du mouvement automatique, et un influenceur majeur sur la scène artistique québécoise. Il sera d’ailleurs l’un des 15 cosignataires du Refus Global. Il aimait l’effet du relief obtenu à la spatule, et travaillait les couleurs en considérant la matérialité de la peinture. Son œuvre la plus célèbre est L’Étoile noire, gagnante d’un prix posthume de la Fondation Guggenheim.



L’art visuel québécois à son apogée : portraits des peintres qui ont laissé une empreinte durable dans la culture.
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probert

Patrick Robert prête sa plume à de nombreux magazines, sites Web et autres publications québécoises depuis maintenant plus de deux décennies. Féru de culture populaire, d’histoire et de faits insolites, il partage ses passions et ses découvertes avec les lecteurs du Blogue du Québec depuis 2023.

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