La torture sonore et musicale à Guantanamo



Depuis les attentats du 11 septembre 2001, la base militaire américaine de Guantanamo Bay, à Cuba, a été un centre de détention controversé où des prisonniers suspectés de terrorisme ont subi diverses formes de torture, y compris l’utilisation de la musique à des niveaux sonores extrêmes.
Les interrogateurs américains utilisaient des chansons à volume élevé, diffusées en boucle pendant des heures, voire des jours, pour briser la résistance psychologique des détenus. Des chansons de heavy metal, de rap, de pop et même des musiques pour enfants, comme Barney & Friends ou Let It Go de La Reine des Neiges, ont été utilisés. L’idée était de provoquer un stress intense, une privation de sommeil et un désespoir qui affaibliraient la volonté des prisonniers.
Honnêtement, y a de quoi virer fou :
Cette pratique a été critiquée par des organisations de défense des droits de l’Homme comme Amnesty International. Certains musiciens, dont Trent Reznor de Nine Inch Nails et Tom Morello de Rage Against the Machine, ont dénoncé l’usage de leur musique à des fins de torture.
L’utilisation de la musique pendant la guerre du Vietnam

Durant la guerre du Vietnam (1955-1975), l’armée américaine a utilisé la musique comme une arme psychologique contre les soldats nord-vietnamiens et vietcongs. L’une des stratégies consistait à diffuser des enregistrements de cris, de gémissements et de voix fantomatiques dans la jungle, une technique appelée Opération Wandering Soul.
Voici l’un des enregistrements utilisés :
Cette stratégie exploitait les croyances vietnamiennes selon lesquelles les âmes des morts errent sans fin sur Terre si elles ne reçoivent pas des rites funéraires appropriés. Les soldats vietcongs, superstitieux, étaient ainsi perturbés et démoralisés.
Rock et déstabilisation
Les forces américaines utilisaient aussi des chansons rock, comme celles de Jimi Hendrix ou des Doors, pour harceler leurs ennemis et affirmer leur domination culturelle.
Pour comprendre la Guerre du Vietnam :
La musique comme arme en Afghanistan et en Irak
Comme à Guantanamo, la musique a été utilisée par les forces américaines et britanniques contre les prisonniers en Afghanistan et en Irak après les invasions de 2001 et 2003. Les détenus subissaient des expositions prolongées à des chansons de metal (Metallica, AC/DC), de rap (Eminem), des génériques d’émissions pour enfants et de la musique country.
Ce soldat raconte avoir utilisé plusieurs sortes de musique pour priver les prisonniers irakiens de sommeil et de quiétude. Il a utilisé du hip-hop et du Metallica auxquels les prisonniers ont fini par s’habituer. Ce n’est que lorsqu’il a diffusé de la musique country que les détenus ont finalement flanché :
Dans certaines zones de conflit, les militaires américains diffusaient de la musique à très haut volume pour intimider les insurgés et les forcer à quitter leurs positions. Cette tactique a été particulièrement utilisée lors du siège de Falloujah en 2004.
La diffusion de musique pour intimider Manuel Noriega

En 1989, durant l’invasion du Panama par les États-Unis (Opération Just Cause), les forces américaines ont utilisé la musique pour pousser le dictateur Manuel Noriega à se rendre.
N’ayant plus de portes de sortie, Noriega s’était réfugié dans l’ambassade du Vatican à Panama City après la chute de son régime. Ne pouvant envahir un territoire diplomatique, l’armée américaine a opté pour une tactique psychologique en diffusant de la musique en continu devant l’ambassade.
La playlist de l’enfer
Parmi les morceaux joués à plein volume figuraient Welcome to the Jungle de Guns N’ Roses, I Fought the Law de The Clash et We’re Not Gonna Take It de Twisted Sister.

L’objectif était de priver Noriega de sommeil et de le pousser à la reddition, ce qui finit par fonctionner après plusieurs jours.
Les canons sonores et la répression des manifestations



En 2009, lors du sommet du G20 à Pittsburgh, la police américaine a utilisé pour la première fois un Long Range Acoustic Device (LRAD), un canon sonore émettant des bruits stridents à très haute fréquence et à des niveaux dépassant les 150 décibels.
Voici à quoi ça ressemble :
Cette arme a été employée pour disperser les manifestants en provoquant des douleurs auditives insupportables et en désorientant les individus visés. Les LRAD sont aujourd’hui utilisés pour disperser des foules, dissuader les pirates au large de la Somalie et sécuriser des zones sensibles.
Leur usage controversé soulève des questions sur leurs effets à long terme sur l’audition et le bien-être des personnes exposées.
Le Mosquito Sound : une arme contre la jeunesse
Le Mosquito Sound est une technologie utilisée principalement en Europe et en Amérique du Nord pour éloigner les jeunes de certains lieux publics. Il s’agit d’un son à haute fréquence (17-18 kHz) perceptible uniquement par les moins de 25 ans, car les adultes perdent généralement la capacité d’entendre ces fréquences avec l’âge.
Mesurez l’âge de vos oreilles ici :
Développé par une entreprise britannique, ce dispositif est utilisé dans les centres commerciaux, les parkings et les gares pour empêcher les attroupements de jeunes perçus comme gênants. Bien que légal, le Mosquito Sound est critiqué pour sa discrimination envers les jeunes et ses effets potentiels sur l’audition.

Le son et la musique peuvent être instrumentalisés pour devenir des armes redoutables.Partager cette trouvaille!Partager!Envoyer par courrielEnvoyer!






