Le melon de Montréal est une variété de melons cultivée autrefois au Québec et principalement à Montréal. Ce fruit, ayant disparu il y a plusieurs années de l’alimentation des Québécois, connaît aujourd’hui un renouveau grâce aux efforts de conservation et de redécouverte. Dans cet article, nous explorerons l’histoire du Melon de Montréal à travers les années.
Qu’est-ce que le Melon de Montréal ?
Avant de partir à la recherche des secrets historiques de ce fruit, faisons d’abord connaissance avec le mystérieux melon de Montréal. Étant donné qu’il n’est plus consommé depuis des années, il est fort probable que peu de gens en aient déjà goûté, voire même entendu parler. Je dois avouer que, moi-même, je plaide coupable : avant mai 2024, je n’avais jamais entendu parler de ce melon. C’est seulement en plantant des semences avec un organisme de Montréal que j’ai fait la connaissance de ce fruit aussi intrigant que délicieux.
Passons maintenant aux caractéristiques du melon de Montréal :
- Taille et poids : les melons de Montréal sont remarquablement grands, atteignant souvent des poids de 4 à 8 kilogrammes (8 à 15 lb), les plus gros pouvant atteindre jusqu’à 18 kg (40 lb) ! Leur taille imposante est l’un de leurs traits les plus reconnaissables et en faisait autrefois un symbole de prestige.
- Forme et couleur : le melon de Montréal ressemble un peu à une citrouille aplatie, avec plusieurs côtes striées de couleur vert pâle et jaune. La chair du melon de Montréal est verte et juteuse, rappelant celle du melon miel.
- Saveur et arôme : il est difficile de trouver une description précise de la saveur du melon de Montréal. Cependant, les mots « parfumé », « délicat » et « délicieux » reviennent assez souvent dans les témoignages passés. Le profil de saveurs souvent décrit comme fondant, parfumé et sucré, semble plus complexe que celui des autres melons.

L’Histoire du Melon de Montréal
La culture du melon de Montréal remonte au 19e siècle. Selon plusieurs sources, le melon de Montréal était déjà bien connu dans les années 1870. C’était un produit phare des fermes locales, notamment dans les quartiers de Côte-des-Neiges et Notre-Dame-De-Grâce à Montréal. Cependant, ce n’est qu’en 1881 qu’il a réellement gagné en popularité, et pas seulement au Québec ! Le melon était si prisé qu’il était expédié par train vers les marchés de New York et de Boston, où il était vendu à des prix élevés en raison de l’énorme demande. À l’époque, une tranche de melon pouvait être vendue à 1 ou 2 $ dans les hôtels luxueux des grandes villes américaines. Si on fait le calcul, ça revient à près de 40 $ la tranche aujourd’hui ! Certaines anecdotes rapportent même que des agriculteurs américains venaient jusqu’à Montréal pour acheter des melons afin de ramener les semences aux États-Unis et de commencer à les cultiver.

Plusieurs familles et producteurs ont participé à la culture du melon de Montréal. Dans la ville de Montréal, deux familles ont particulièrement contribué à sa production : les Décarie, à Notre-Dame-de-Grâce, et les Gorman à Outremont. La famille Cardinal cultivait également en abondance le melon de Montréal, et ce, directement dans le quartier de Côte-Des-Neiges, anciennement considéré comme le garde-manger de la ville.
Au sommet de sa popularité, le melon de Montréal était un réel symbole de prestige culinaire au Québec, tout comme chez nos voisins du Sud.

La Disparition du Melon de Montréal
Plusieurs facteurs ont conduit à la disparition du melon de Montréal au milieu du 20e siècle. Dans un premier temps, l’urbanisation rapide de Montréal a entraîné la conversion des terres agricoles en zones résidentielles et industrielles, réduisant ainsi les espaces disponibles pour la culture. Les producteurs ont vendu leurs terres pour que la ville y construise des logements et des routes.
Saviez-vous que la famille Décarie avait des plants de melons là où se situe maintenant l’autoroute Décarie ? On comprend maintenant d’où vient son nom 😉
Les changements dans les pratiques de cultivation et de consommation, ainsi que les préférences des consommateurs, ont également contribué à son déclin. D’autres melons, comme le melon d’Oka, ont gagné en popularité au détriment du melon de Montréal. Dans les années 1920, le melon a lentement commencé à disparaître…

A-t-on retrouvé ce trésor perdu ?
Malgré sa disparition, le melon de Montréal n’a jamais été totalement oublié. Ces dernières décennies, des passionnés d’agriculture et des historiens locaux ont entrepris de redonner vie à cette variété unique. Des graines de melon de Montréal, soigneusement conservées par des collectionneurs et des banques de semences, ont été utilisées pour relancer sa culture.
Cependant, certains émettent des doutes quant à l’authenticité des semences actuelles de melon. En effet, la forme et la saveur de ces melons ne semblent pas correspondre à celle du melon original. Mais à mon avis, tous ces efforts de conservation et de redécouverte doivent être mis de l’avant ! Aujourd’hui, plusieurs initiatives locales travaillent à réintroduire le melon de Montréal dans les jardins et les fermes urbaines. Des organisations et divers producteurs locaux mettent en œuvre des programmes de culture et de promotion du melon de Montréal. Ils visent non seulement à préserver cette variété, mais aussi à la faire connaître aux nouvelles générations de consommateurs.

Mot de la fin
Le melon de Montréal est plus qu’un simple fruit ; c’est un symbole de l’histoire agricole et culturelle de Montréal. Grâce aux efforts des communautés locales et des passionnés, ce trésor gastronomique est finalement en train de renaître.
Sur les traces de ce trésor sucré oublié : le melon de Montréal. Ce fruit au goût unique et à l'histoire riche, est de retour.Partager cette trouvaille!Partager!Envoyer par courrielEnvoyer!







J’aime beaucoup l’histoire du Québec.
J’avais déjà entendu parler du melon de Montréal mais pas aussi détaillé que dans cette article.
J’ai grandement savouré ce contenu québécois.
Merci!
Merci Sylvie 🙂
Merci Sylvie pour le commentaire ! Peut-être que nous pourrons bientôt goûter à nouveau au Melon de Montréal ! 😉
Je serais bien curieuse d’y goûter!
J’ai bien aimé lire cette histoire, il faut maintenant l’appeler Melon de Montréal cultivé au Québec et le cultiver dans les champs!
J’ai hâte de le voir dans nos épiceries avec un feuillet de l’histoire!
Merci pour ce partage historique!
Je veux tellement y goûter moi aussi.
Merci Pierre et bon dimanche soir 🙂
Ce melon est aussi cité dans un film d’André Forcier : Embrasse-moi comme tu m’aimes . Ils en mangent si je me souviens bien aussi