On pourrait penser que, comme il repose sur les performances individuelles, le dépassement de soi et un sain esprit de compétition, le sport est l’un des rares domaines où le « fair play » est à l’honneur, mais malheureusement, il n’est pas à l’abri des tricheries et de l’infamie, comme le démontrent ces 10 plus gros scandales ayant marqué l’Histoire du sport.
Le genou au sol de Colin Kaepernick

Lors de la rencontre contre les Packers de Green Bay le 26 août 2016, le quart-arrière des 49ers de San Francisco, Colin Kaepernick, refuse de se lever durant l’hymne national et pose plutôt un genou au sol afin de protester contre le racisme aux États-Unis et les violences policières à l’égard des minorités. Bon nombre d’Américains considèrent ce geste comme une insulte à la nation et un manque de respect au drapeau, et Donald Trump (alors en pleine campagne présidentielle) va jusqu’à déclarer : « Sortez ce fils de pute du terrain tout de suite. Dehors ! Il est viré! ». Cette protestation, somme toute assez respectueuse, coûtera sa carrière au footballeur, et plus aucun club de la NFL n’a embauché Kaepernick depuis.
Le « Deflategate »

Les règles officielles de la NLF stipulent que les ballons doivent être gonflés à une pression comprise entre 12,5 et 13,5 livre-force par pouce carré ou entre 86 et 93 kilopascal. Or, lors de la finale de la conférence AFC les opposant aux Colts d’Indianapolis le 18 janvier 2015, les Patriots de la Nouvelle-Angleterre sont suspectés d’avoir volontairement dégonflé onze des douze ballons afin d’avantager leur quart-arrière, Tom Brady. Au bout de trois mois d’enquête, la ligue et son commissaire Roger Goodell confirme que les accusations sont fondées et que Brady était au courant de la manœuvre. Ce dernier se voit imposer une suspension de quatre matchs, tandis que son équipe reçoit une amende de 1 million de dollars.
Donald Sterling et les Clippers

Acceptant mal que sa maîtresse de l’époque, Vanessa Stiviano, aie publié une photo d’elle-même en compagnie de Magic Johnson sur Instagram en 2014, le milliardaire et propriétaire des Clippers de Los Angeles, Donald Sterling, se lance dans une diatribe raciste contre les Noirs, mais il ignore que sa concubine l’enregistre. La bande audio est remise à TMZ Sports, qui la diffuse immédiatement. De nombreuses vedettes de la NBA, du milieu culturel et même le président Barack Obama dénoncent l’homme de 85 ans, qui est alors contraint de vendre sa formation, écope d’une amende de 2,5 millions de dollars, et se voit banni à vie de toute activité dans la NBA par le commissaire Adam Silver.
Ben Johnson

En 1988, le monde du sport prend conscience pour la première fois de l’ampleur du fléau du dopage. Aux Jeux olympiques de Séoul cette année-là, le Canadien Ben Johnson, qualifié « d’homme le plus rapide de la planète », livre une incroyable performance au 100 mètres masculin, avec un temps de 9 secondes 79, établissant ainsi un nouveau record mondial. Trois jours plus tard, les tests démontrent que l’athlète était dopé aux stéroïdes anabolisants. Le titre lui est retiré et remis à son éternel rival, Carl Lewis, qui avait fait le deuxième meilleur temps lors de l’épreuve. Ironie du sort, on apprendra quinze ans plus tard que Lewis était également dopé, et que l’équipe américaine avait caché son test positif.
L’affaire VA-OM

L’affaire du match truqué entre l’Olympique de Marseille et Valenciennes demeure, encore à ce jour, le plus gros scandale de corruption du football français. En mai 1993, pour s’assurer du titre de champion de France de Division 1, la haute-direction de l’OM offre 30 000 euros à trois joueurs de Valenciennes pour « lever le pied » lors du match, et s’achète ainsi la victoire. Lorsqu’éclate l’affaire, le propriétaire de l’équipe, Bernard Tapie, tente même de soudoyer l’entraîneur de Valenciennes pour que celui-ci contredise la version de ses joueurs. Il sera condamné à deux ans de prison, trois ans d’inéligibilité, et 20 000 francs d’amende pour corruption et subornation de témoins.
L’affaire Larry Nassar

Larry Nassar était l’un des médecins les plus influents de l’équipe nationale américaine de gymnastique féminine. En 2015, deux accusations d’abus sexuels le visent, mais rapidement, des centaines d’autres victimes se manifestent à leur tour. En tout, l’homme aurait agressé pas moins de 265 gymnastes entre 1992 et le moment où le scandale a éclaté, dont plusieurs athlètes olympiques, comme la médaillée d’or McKayla Maronney. Après avoir été renvoyé du programme olympique et de l’Université Michigan, Nassar fait face à trois procès différents, et se voit condamner à des centaines d’années de prison. Il a d’ailleurs été poignardé en 2023 au United States Penitentiary Coleman en Floride, où il croupit toujours.
Le dopage institutionnalisé en Russie

Plusieurs cas de dopage chez les athlètes ont fait les manchettes au fil des ans, mais parmi tous ces scandales du monde du sport, rares sont ceux qui impliquent un gouvernement. C’est le cas de la Russie qui, de 2011 à 2015, a développé un système institutionnalisé de dopage. Une enquête de l’Agence mondiale antidopage (AMA) rapporte que c’est plus d’un millier d’athlètes russes qui auraient bénéficié de dissimulations de cas de dopage. Depuis, les athlètes russes ont été contraints de compétitionner sous une bannière neutre lors d’événements internationaux comme les Jeux olympiques et les Championnats du monde, et ces sanctions sont encore en vigueur alors que s’ouvriront prochainement les jeux de Paris.
La corruption à la FIFA

Le 27 mai 2015, sept hauts responsables de la FIFA sont arrêtés dans un hôtel luxueux de Zurich à la demande du FBI. Trois ans d’enquête ont permis à la justice américaine de découvrir que plus de 150 millions de dollars ont été versés en pots-de-vin dans le cadre de l’attribution de plusieurs Coupes du monde, de contrats de marketing et des droits de télédiffusion et ce, pendant des décennies. Au total, 14 membres de la haute direction de l’organisation, dont le président Sepp Blatter, sont accusés de corruption, de racket et de blanchiment d’argent. Trouvés coupables, les membres du comité exécutif de la FIFA ont été suspendus d’activité pendant huit ans, mais la réputation de la plus puissante institution sportive au monde ne s’en remettra jamais.
La fausse équipe paralympique

Il y a des tricheries plus honteuses que d’autres, et celle-ci compte sans doute parmi les plus déplorables. Le 24 octobre 2000 aux jeux paralympiques de Sidney, l’Espagne bat la Russie 87 à 63 en finale de l’épreuve de basketball réservée aux déficients mentaux. On apprend rapidement que dix des douze joueurs de l’équipe n’étaient pas en situation de handicap mental, comme ils l’avaient prétendu. La Fédération espagnole avait recruté des personnes valides pour augmenter ses chances de victoires. L’affaire est révélée par un journaliste ayant infiltré l’équipe et n’ayant jamais passé d’évaluation intellectuelle. En raison de ce scandale, le Comité international olympique interdira les sportifs déficients mentaux jusqu’en 2012.
L’affaire Lance Armstrong

Pendant plus d’une décennie, les soupçons de dopage se sont accumulés auprès de Lance Armstrong, le numéro 1 mondial du cyclisme. Ce n’est qu’à l’automne 2012 que Travis Tygart, le patron de l’USADA (l’Agence américaine antidopage) fera enfin la lumière sur le trafic, les menaces et les dissimulations exercées durant de longues années par le cycliste américain, qui avait organisé un réseau de dopage, privilégiant trois types de dopants surnommés « cocktail Armstrong ». Ses sept victoires au Tour de France lui sont retirées par l’Union cycliste internationale, qui le radie à vie. Armstrong niera catégoriquement ces allégations, avant de finalement tout confesser sur le plateau d’Oprah Winfrey en 2013.
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