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5 guerres complètement absurdes

La guerre est barbare, cruelle et parfois même... absurde et stupide !

Quand on pense aux guerres, on imagine généralement des enjeux cruciaux : des empires qui s’effondrent, des idéologies qui s’affrontent, des territoires disputés. Mais l’histoire réserve aussi son lot de conflits absurdes, déclenchés pour des raisons futiles, grotesques, voire carrément ridicules. Ces guerres, parfois meurtrières malgré leur insignifiance, montrent que l’humanité est capable de se battre pour tout… et surtout pour rien. Voici cinq exemples parmi les plus marquants.

La guerre du football (1969)

C’est sans doute l’un des conflits les plus surréalistes du XXe siècle. En 1969, le Salvador et le Honduras se déclarent la guerre… à cause d’un match de football. Enfin, presque. Derrière l’anecdote sportive se cachaient de vraies tensions : explosion démographique au Salvador, problème de terres, xénophobie envers les migrants salvadoriens au Honduras. Mais ce sont bel et bien trois matchs de qualification pour la Coupe du monde qui ont mis le feu aux poudres.

Les journaux des deux pays attisèrent la haine en présentant chaque rencontre comme une question d’honneur national. Quand le Salvador envoya ses avions bombarder Tegucigalpa le 14 juillet 1969, on avait officiellement basculé de la pelouse du stade au champ de bataille. En quatre jours, environ 6 000 morts et 12 000 blessés.

Tout ça pour un ballon rond. Résultat : un cessez-le-feu imposé par l’Organisation des États américains, mais des relations glaciales pendant plus de dix ans. Une démonstration tragique de ce qu’il se passe quand le sport devient une arme de guerre.

La guerre des émeus (1932)

L’Australie, 1932. Des milliers d’émeus – ces grands oiseaux incapables de voler mais excellents coureurs – ravagent les champs de blé des agriculteurs. Plutôt que de chercher une solution agricole, le gouvernement décide… d’envoyer l’armée. Oui, avec des soldats et des mitrailleuses.

Sauf que les émeus, loin d’être stupides, se montrent redoutablement efficaces pour esquiver les tirs. Ils se dispersent, foncent à toute allure, disparaissent dans les broussailles. Après des milliers de balles tirées et un résultat dérisoire, les militaires doivent battre en retraite. Bilan : les émeus 1 – l’armée australienne 0.

Cette « guerre » ridicule reste un monument d’humiliation pour une puissance moderne. Moralité : affronter des oiseaux avec des armes de guerre, ce n’est pas seulement absurde, c’est aussi voué à l’échec.

La guerre des îles Scilly (1651-1986)

Les Îles Scilly

Certaines guerres sont si absurdes qu’elles se prolongent pendant des siècles… sans que personne ne s’en rende compte. En 1651, en pleine guerre civile anglaise, l’amiral néerlandais Maarten Tromp déclare la guerre aux îles Scilly (archipel au large de la Cornouaille) parce que des corsaires royalistes y sévissaient. Une déclaration en bonne et due forme, mais sans un seul coup de feu.

L’amiral néerlandais Maarten Tromp

Puis… plus rien. Le conflit fut tout simplement oublié. Pas de batailles, pas de morts, pas même une escarmouche. Sauf qu’aucun traité de paix ne fut signé. Résultat : techniquement, les îles Scilly et les Pays-Bas restèrent en guerre pendant… 335 ans.

Ce n’est qu’en 1986, lorsqu’un historien remit la main sur les archives, qu’un diplomate néerlandais et les autorités locales signèrent enfin la paix. Sans rancune, évidemment. L’un des conflits les plus longs de l’histoire… mais aussi le plus inutile.

La guerre du whisky (Canada-Danemark)

L’île Hans

Un minuscule rocher glacé de 1,3 km², perdu entre le Groenland et l’île d’Ellesmere, a suffi à opposer le Canada et le Danemark pendant près de 50 ans. L’île Hans, inhabitée et stérile, fut l’objet d’une querelle territoriale. Mais plutôt que de s’entretuer, les deux pays optèrent pour une version « soft » de la guerre.

À chaque passage, les Canadiens plantaient leur drapeau et laissaient une bouteille de whisky. Les Danois répondaient en hissant leur propre drapeau et en déposant une bouteille de schnaps. Résultat : une escalade… d’alcool.

Mélanie Joly offre la dernière bouteille à son homologue danois Jeppe Kofod, du whisky québécois à l’érable Sortilège en l’occurence !

En 2022, la « guerre du whisky » prit fin officiellement, l’île étant partagée équitablement. Une guerre sans morts, mais sans doute avec quelques gueules de bois diplomatiques.

La guerre de l’oreille de Jenkins (1739-1748)

Voilà une guerre qui prouve à quel point l’orgueil national peut se déclencher pour une broutille. En 1731, Robert Jenkins, capitaine britannique, est arrêté par des gardes-côtes espagnols. Suspecté de contrebande, il est malmené et se fait couper une oreille. Huit ans plus tard, Jenkins revient devant le Parlement britannique, son oreille séchée conservée dans un bocal.

Scandale ! Le Parlement s’enflamme, l’opinion publique s’indigne, et Londres déclare la guerre à Madrid. Le conflit, baptisé « guerre de l’oreille de Jenkins », dure neuf ans et s’intègre à la guerre de Succession d’Autriche. Des milliers de morts et des batailles navales sanglantes… pour une oreille tranchée.

Les gardes-côtes espagnols malmenant le capitaine Jenkins

Si l’Espagne avait su qu’un petit morceau de cartilage pouvait déclencher une guerre, elle aurait sans doute opté pour une amende.

Qu’il s’agisse de matchs de football transformés en casus belli, d’oiseaux invincibles face à des mitrailleuses, d’un traité oublié pendant trois siècles, d’un caillou polaire arrosé de schnaps ou d’une oreille brandie comme trophée, ces guerres absurdes rappellent que l’histoire militaire n’est pas faite que de grandes causes !



La guerre n'est pas toujours l'aboutissement de grandes causes...
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François Paquette

Animateur de radio, podcaster et blogueur.

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