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7 symboles que l’on utilise sans en connaître l’origine

Des symboles courants aux origines méconnues

Nous manipulons chaque jour des symboles sans jamais nous demander d’où ils viennent. Ils semblent évidents, universels, presque intemporels. Pourtant, chacun d’eux est le produit d’un contexte historique précis, souvent très éloigné de l’usage actuel. Derrière ces signes familiers se cachent des détours inattendus, parfois anciens de plusieurs siècles. Voici sept symboles omniprésents dont l’origine surprend.

1. Le symbole @ (arobase)

Aujourd’hui, le symbole @ est indissociable du courriel et de l’identité numérique. Il sert à relier un nom d’utilisateur à un domaine, devenant ainsi l’un des piliers de la communication moderne. Pourtant, son histoire commence bien avant l’informatique.

Document comptable de 1630 – Archives nationales de Madrid

Dès le Moyen Âge, les marchands européens utilisent un signe semblable pour signifier « à raison de » ou « au prix de ». Un registre commercial pouvait ainsi indiquer : « 5 pommes @ 2 deniers », soit cinq pommes à deux deniers chacune. Les moines copistes, soucieux d’économiser du temps et du parchemin, emploient déjà ce symbole dès le VIᵉ siècle comme abréviation.

Sa redécouverte par les ingénieurs informatiques au XXᵉ siècle tient surtout à son absence d’ambiguïté linguistique. Quant au nom « arobase », il vient de la langue espagnole « arroba » qui l’a elle-même empruntée à l’arabe « al-roub » qui signifie « le quart ».

2. Le symbole du cœur

Le cœur est aujourd’hui l’icône universelle de l’amour, de l’affection et de la romance. Pourtant, sa forme ne correspond en rien à celle de l’organe humain, ce qui intrigue depuis longtemps historiens et symbolistes.

Des graines de silphium

L’hypothèse la plus convaincante relie ce symbole à la graine de silphium, une plante de l’Antiquité aujourd’hui disparue. Le silphium était utilisé comme contraceptif naturel dans le monde gréco-romain et sa graine, stylisée, présente une forme étonnamment proche du cœur moderne. Cette association entre fertilité, sexualité et contrôle des naissances aurait progressivement glissé vers une symbolique plus large de l’amour, bien loin de l’anatomie réelle.

3. Le signe % (pourcentage)

Le symbole % est omniprésent dans les mathématiques, l’économie, les statistiques et les promotions commerciales. Son origine est pourtant purement linguistique.

Au Moyen Âge, les scribes italiens abrègent l’expression latine per cento (« pour cent ») en écrivant un « p » ou un « c » suivi d’un « o ». Avec le temps, cette notation se simplifie graphiquement : le « o » se réduit à un point, le « c » se stylise en trait oblique, donnant progressivement naissance au symbole % que nous connaissons. Il s’agit donc d’une évolution calligraphique, non d’un signe mathématique pensé dès l’origine.

4. Le symbole & (esperluette)

L’esperluette représente aujourd’hui simplement le mot « et ». Elle est couramment utilisée dans les noms d’entreprises, les titres ou les textes juridiques. Son origine remonte directement au latin.

Variations de l’esperluette

Le symbole & est une ligature, c’est-à-dire la fusion graphique des lettres E et T formant le mot et. Pendant longtemps, il est même considéré comme une lettre à part entière de l’alphabet dans certaines écoles. Le terme français « esperluette » vient d’une formule récitée par les élèves : « et, per se, et », signifiant « et, par lui-même, signifie et ». Cette expression s’est transformée phonétiquement au fil des siècles.

5. Le symbole du dollar $

Le symbole $ est aujourd’hui associé au dollar américain, mais aussi à l’idée générale d’argent et de richesse. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, il ne provient pas directement des États-Unis.

Évolution du symbole du dollar à partir du peso

L’explication la plus solide relie le $ au peso espagnol, monnaie largement utilisée dans les Amériques avant l’adoption du dollar. Les documents commerciaux montrent une superposition progressive des lettres P et S (pour peso ou piastre). Avec le temps, le P perd sa boucle, laissant un ou deux traits verticaux traverser le S. D’autres théories existent, notamment basées sur le U de U.S.A., mais celle-ci repose sur les sources manuscrites les plus cohérentes.

6. Le symbole de la paix

Le symbole de la paix est souvent associé aux mouvements hippies, aux manifestations pacifistes et aux luttes sociales du XXᵉ siècle. Son origine est pourtant très précise et récente.

Il est créé en 1958 au Royaume-Uni pour une marche contre l’armement nucléaire. Son concepteur, Gerald Holtom, combine les positions des lettres N et D dans l’alphabet de sémaphore, signifiant Nuclear Disarmament. Le cercle entourant ces lignes représente le monde. Ce symbole, conçu pour un contexte politique précis, est ensuite repris mondialement, perdant peu à peu son sens technique initial au profit d’un message pacifiste plus large.

7. Le symbole du recyclage

Le symbole du recyclage est devenu un repère visuel essentiel dans la gestion des déchets et l’écologie moderne. Il date pourtant d’une période très récente.

En 1970, à l’occasion du premier Jour de la Terre, un concours est lancé pour créer un symbole universel du recyclage. Un étudiant de 23 ans, Gary Anderson, remporte le concours avec un dessin inspiré du ruban de Möbius, une figure mathématique représentant une surface continue. Les trois flèches symbolisent la transformation, le cycle et la continuité. À l’origine, le dessin est libre de droits, ce qui explique sa diffusion rapide à l’échelle mondiale.



La plupart des gens utilisent ces symboles sur une base régulière, sans en connaître l'origne !
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François Paquette

Animateur de radio, podcaster et blogueur.

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