Puisque les productions cinématographiques d’ici ne possèdent qu’une fraction du budget de leur équivalent hollywoodien, la science-fiction n’est pas un genre très fréquent au Québec, ce qui ne veut pas dire pour autant que ce style soit complètement absent de notre culture, comme le prouve les dix films suivants.
Le Martien de Noël

À la veille de Noël, le village de Sainte-Mélanie est troublé par l’arrivée d’une soucoupe volante. Tandis que les villageois et les policiers à bord de leurs motoneiges organisent une battue pour trouver le vaisseau, Katou et François, deux jeunes en vacances, se lieront d’amitié avec le visiteur du cosmos. On trouve plusieurs ressemblances entre Le Martien de Noël et E.T.: le secret gardé par les enfants sur leur rencontre avec le Martien devenu leur ami, l’usage de friandises pour amadouer la créature, ou la poursuite de l’extra-terrestre par les adultes, mais Bernard Gosselin a livré son film en 1971, soit plus de dix ans avant celui de Steven Spielberg.
Portion d’éternité

En 1989, le réalisateur Robert Favreau a abordé les questions éthiques entourant les technologies de reproduction avec son film Portion d’éternité. Incapables d’avoir un enfant, Marie et Pierre acceptent, à contrecœur, de se livrer aux mains d’un homme dont les avancées dans le domaine de la fécondation in vitro se font en totale impunité. Lorsque le couple infertile est tué dans un accident de voiture, une bataille juridique s’ensuit entre le père de Pierre, qui demande que leurs embryons soient détruits, et le scientifique, qui veut les utiliser pour prouver qu’une forme d’immortalité peut être obtenue par le clonage.
Origami

Après avoir vécu un traumatisme suite à un événement dramatique, David, un conservateur d’art, découvre qu’il possède la faculté de voyager dans le temps sur sa propre ligne de vie. Avec l’aide d’un scientifique japonais, il tente alors d’utiliser ce pouvoir paranormal pour changer des événements tragiques survenus dans son passé. Réalisé par Patrick Demers, Origami, présenté en première mondiale au festival Fantasia en 2018, utilise les codes du cinéma fantastique pour créer de la science-fiction à forte teneur émotionnelle, avec une intrigue qui dérive progressivement vers le drame intimiste et psychologique.
Truffe

À mi-chemin entre Le Matou et un film impressionniste allemand en noir et blanc, Truffe nous transporte dans le futur, alors qu’en raison du réchauffement climatique, le quartier montréalais d’Hochelaga-Maisonneuve est devenu un terreau fertile pour la truffe noire, un champignon rare et couteux. Alice et Charles tentent leur chance dans l’aventure, mais seront rapidement confrontés à une conspiration kafkaïenne tournant autour de cols de fourrure plutôt agressifs. Capitalisme sauvage, concurrence déloyale, exploitation ouvrière et une bonne dose d’humour sont au menu de cet étrange long-métrage signé Kim Nguyen.
Screamers

Prenant place en 2078 sur une petite colonie minière de la planète Sirius 6B, Screamers dépeint la guerre impitoyable que se livrent le Nouveau Bloc Économique et l’Alliance des mineurs, ainsi que l’arrivée de « Hurleurs » dans le conflit, des robots humanoïdes dont le but est d’exterminer toute forme de vie humaine. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Christian Duguay ne manquait pas d’ambition lorsqu’il s’est installé dans un « pit » de sable de Rawdon au milieu des années 1990 pour réaliser l’adaptation d’une nouvelle de Philippe K. Dick, réunissant pour la première (et la dernière) fois à l’écran Peter Weller et… Roy Dupuis!
Mars et Avril

Ayant réussi à obtenir la collaboration du Belge François Schuiten (le créateur de la célèbre bande-dessinée Les Cités obscures) pour signer la conception visuelle, le réalisateur Martin Villeneuve (le frère de Denis) imagine à quoi pourrait ressembler la Montréal de demain dans Mars et Avril, une œuvre de science-fiction mettant en vedette une brochette impressionnante de comédiens de talent dont Caroline Dhavernas, Jaques Languirand, Paul Ahmarani et Robert Lepage. En plus d’une histoire captivante, ce long-métrage livre un festin visuel d’une qualité vraiment étonnante pour une production québécoise à petit budget.
Dans une galaxie près de chez vous – Le film

Suite au succès de la série diffusée sur les ondes de VRAK.TV et qui a su charmer les jeunes comme les adultes, cette parodie bien québécoise de Star Trek s’est vue transposer au grand écran en 2004. Dans le film, afin de trouver une planète capable d’héberger « six milliards de tatas », l’équipage du vaisseau Romano Fafard se rendra « là où la main de l’homme n’a jamais mis le pied », plus précisément dans la galaxie Gougoune Triste, où ils seront confrontés à des habitants bizarres et des phénomènes inusités, dont des averses de sécheuses. Le second long-métrage paru en 2008 est tout aussi drôle.
Viking

Quelque part entre la comédie dramatique et l’épopée de science-fiction, Viking de Stéphane Lafleur suit le parcours de cinq volontaires recrutés par un centre spatial afin de former une équipe destinée à régler, à distance, les problèmes interpersonnels de cinq astronautes effectuant la toute première mission habitée sur Mars. Rempli de clins d’œil à 2001: A Space Odyssey, le chef-d’œuvre de Stanley Kubrick, ce film paru en 2002 est rapidement devenu un classique, en plus d’être seulement le dixième long-métrage québécois de tous les temps à avoir reçu la cote 2 (« Remarquable ») attribuée par l’agence Mediafilm.
Turbo Kid

Qualifié de « Mad Max à BMX », Turbo Kid, un film postapocalyptique mélangeant habilement science-fiction, horreur, humour, romance et esthétique des années 1980, a peut-être été tourné originalement en anglais en plus d’être coproduit par la Nouvelle-Zélande, mais puisque le long-métrage a été écrit et réalisé par trois Québécois (Anouk Whissell, François Simard et Yoann-Karl Whissell), qu’il a été tourné ici et qu’il met en vedette plusieurs acteurs de chez nous, dont Laurence Lebœuf, Martin Paquette, Pierre-André Sigouin et Yves Corbeil, on est fiers de dire qu’il y a beaucoup de nous-autres là-dedans.
Dans le ventre du dragon

En 1989, Yves Simoneau a prouvé une fois pour toutes qu’il était possible de faire de la science-fiction sans rien perdre de son identité québécoise avec Dans le ventre du dragon. Le jeune Lou (David Lahaye) livre des circulaires avec Steve (Rémy Girard) et Bozo (Michel Côté), mais comme il peine à joindre les deux bouts, il s’engage comme cobaye pour tester des médicaments dans le laboratoire du docteur Lucas. Manquant à l’appel depuis un certain temps, ses deux collègues inquiets décident alors de partir à sa recherche. Combinant humour et fantastique à la perfection, il s’agit définitivement d’un des plus grands classiques du cinéma d’ici.
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