Andrew Carnegie naît le 25 novembre 1835 à Dunfermline, en Écosse, dans une famille ouvrière. Son père, William Carnegie, est tisserand, mais surtout un homme engagé socialement : il participe au chartisme, un vaste mouvement populaire britannique qui revendique des réformes démocratiques, notamment l’extension du droit de vote et des meilleures conditions pour la classe ouvrière. Cette influence paternelle marque profondément le jeune Andrew. Son père lui transmet l’idée que la justice sociale, l’éducation et l’émancipation des classes laborieuses sont des valeurs essentielles. Sa mère, Margaret, femme d’un courage remarquable, l’initie à la persévérance économique.

Lorsque les métiers traditionnels s’effondrent sous la pression de l’industrialisation, la famille Carnegie émigre en 1848 aux États-Unis et s’établit à Pittsburgh, en Pennsylvanie. Le jeune Andrew, qui n’a que 13 ans, travaille 12 h par jour et 6 jours par semaine comme bobineur dans une filature, puis comme télégraphiste.

Curieux, discipliné et avide d’apprentissage, il se distingue par sa capacité à saisir les nouvelles technologies et à s’intégrer rapidement dans le monde du travail américain.
L’ascension spectaculaire d’un capitaine d’industrie
La carrière de Carnegie prend un tournant décisif lorsqu’il entre au Pennsylvania Railroad, où il gravit les échelons jusqu’à devenir l’un des cadres les mieux rémunérés. Grâce à ses contacts, à son sens aigu des affaires et à son habileté à investir, il accumule rapidement un capital important.

La fortune de Carnegie se consolide surtout lorsqu’il se tourne vers l’acier. Il comprend avant les autres l’importance stratégique de ce matériau dans l’économie moderne : chemins de fer, ponts, immeubles, machineries lourdes.

En 1892, il fonde la Carnegie Steel Company, qu’il gère avec une efficacité redoutable. Son entreprise devient la plus grande aciérie du monde, et sa production dépasse même celle du Royaume-Uni, pourtant en pleine révolution industrielle.

Toutefois, les événements tragiques de la grève de Homestead en 1892 viennent ternir sa réputation. Le directeur de l’usine de Carnegie Steel de Homestead en Pennsylvanie, Henry Clay Frick, impose des baisses salariales à ses ouvriers qui choisissent de se défendre en déclenchant une grève. Frick fait alors appel à des briseurs de grève. Des affrontements sanglants font 16 morts et des dizaines de blessés.


Carnegie, pro-syndicaliste et en faveur de conditions de travail décentes depuis toujours, est horrifié par la violence du conflit, il écrit : « Ces œuvres ne valent pas une goutte de sang humain ». À la suite de ces événements, Andrew Carnegie songe à s’éloigner tranquillement du millieu des affaires.

En 1901, Carnegie vend son empire de l’acier à un groupe d’investisseurs menés par nul autre que J. P. Morgan pour une somme colossale d’environ 480 millions de dollars de l’époque. Carnegie devient alors l’un des hommes les plus riches de l’histoire. Morgan fusionne les actifs pour créer U.S. Steel, première entreprise au monde à dépasser le milliard de dollars en capitalisation.


Carnegie, libéré du monde des affaires, se consacre dès lors entièrement à ce qu’il considère comme sa véritable mission : redistribuer sa fortune pour élever la société.
Une philanthropie titanesque
Pendant les deux dernières décennies de sa vie, Carnegie donne environ 350 millions de dollars, soit l’équivalent contemporain d’environ 10,9 milliards de dollars, à des fondations caritatives, à l’éducation et à la recherche.

Entre 1881 et 1929, ses contributions financières ont mené à la construction de 2 509 bibliothèques, dont 1 795 aux États-Unis, 125 au Canada, ainsi que plusieurs autres au Royaume-Uni, en Irlande et dans divers pays. Aujourd’hui, près de 800 de ces édifices servent encore de bibliothèques publiques.

La Carnegie Corporation of New York (la fondation qu’il a mise sur pied) a poursuivi son œuvre en soutenant la création et le financement de plus de 2 500 bibliothèques supplémentaires à travers le monde au cours du siècle dernier. Il rend ainsi près de 90 % de sa fortune à la société.

Son geste est inspiré par son essai de 1889, « The Gospel of Wealth »,, dans lequel il affirme que les riches ont le devoir moral de redonner leur fortune afin d’améliorer la condition humaine. Il applique ce principe avec une constance exceptionnelle.
Parmi ses plus grandes réalisations :
Les bibliothèques Carnegie : plus de 5 000 bibliothèques publiques financées dans le monde.


Carnegie Hall : célèbre salle de concert ouverte à New York en 1891, devenue un symbole mondial de la culture musicale.


Carnegie Institute of Technology : fondé à Pittsburgh en 1900, il deviendra plus tard la Carnegie Mellon University, l’une des meilleures universités technologiques du monde.

Carnegie Institution for Science (Washington, 1902) : un organisme destiné à favoriser la recherche scientifique fondamentale.

Carnegie Hero Fund : fonds destiné à récompenser les actes héroïques de citoyens ordinaires.


Carnegie Endowment for International Peace : institution dédiée à la diplomatie et à la promotion de la paix mondiale.


Carnegie ne se contente pas de financer des infrastructures. Il encourage aussi l’éducation, la culture et le progrès social par une vision profondément humaniste, héritée de son père chartiste.
Honneurs et héritage
De son vivant, Carnegie reçoit de nombreux honneurs, dont la Légion d’honneur en France et plusieurs doctorats honorifiques. Son influence dépasse largement le monde industriel : il devient une voix majeure en faveur de la paix internationale, de l’éducation et de la réduction des inégalités sociales.


Après sa mort, en 1919, son héritage demeure vivant. Les institutions qu’il a fondées jouent encore un rôle essentiel dans la recherche, la culture, l’enseignement et l’action philanthropique. Des lieux portant son nom (bibliothèques, musées, centres de recherche) continuent de refléter sa conviction que la richesse doit servir l’humanité.

Andrew Carnegie fut à l’occasion un industriel dur aux méthodes parfois contesté, mais surtout l’un des philanthropes les plus généreux et visionnaires de l’histoire. Son parcours, de la pauvreté écossaise à la grandeur philanthropique, illustre la capacité d’un individu à transformer sa fortune en un héritage pour la société.
Andrew Carnegie a fait don de la presque totalité de sa fortune colossale à la société qui lui a permis d'en atteindre le sommet.Partager cette trouvaille!Partager!Envoyer par courrielEnvoyer!






