Joseph Staline naît en 1878 à Gori, en Géorgie, sous le nom de Iossif Vissarionovitch Djougachvili. Son enfance est marquée par la pauvreté et la violence paternelle. Sa mère, une fervente orthodoxe, l’envoie dans un séminaire religieux, espérant lui offrir un avenir stable. Cependant, Staline développe très tôt des idées révolutionnaires et abandonne ses études pour s’engager dans les mouvements marxistes clandestins.

Les débuts en politique et l’influence de Lénine

Dans les années 1900, Staline rejoint le Parti ouvrier social-démocrate de Russie et se rapproche de la faction bolchevique dirigée par Lénine. Il participe à des actions clandestines, notamment des braquages destinés à financer le parti. Arrêté et exilé plusieurs fois en Sibérie, il acquiert une réputation de militant discipliné et impitoyable.

Lorsque la Révolution russe de 1917 renverse le régime tsariste, Staline obtient des postes de plus en plus influents au sein du Parti communiste. Lénine, conscient de ses capacités d’organisation, lui confie des missions importantes. Cependant, avant sa mort en 1924, Lénine exprime des réserves sur le caractère autoritaire de Staline et recommande son éviction.
L’accession au pouvoir et l’élimination des opposants

Après la mort de Lénine, Staline s’impose progressivement comme le dirigeant suprême de l’URSS en éliminant ses rivaux politiques, notamment Trotski, Zinoviev et Kamenev. Il met en place une machine politique redoutable, contrôlant le Parti communiste, la police secrète (NKVD) et l’armée.

Les purges deviennent systématiques : en 1936-1938, les Grandes Purges déciment les cadres du parti, les intellectuels, les officiers de l’Armée rouge et toute personne soupçonnée de comploter contre lui. Des millions de personnes sont arrêtées, déportées dans les goulags ou exécutées.
Les famines et la terreur


Staline lance la collectivisation forcée de l’agriculture, provoquant la famine en Ukraine (Holodomor) en 1932-1933, causant la mort de plusieurs millions de personnes. Les paysans, privés de leurs terres et de leurs récoltes, sont contraints de travailler pour l’État dans des conditions extrêmement dures.


Les goulags se multiplient et accueillent des prisonniers politiques, des criminels de droit commun et des citoyens ordinaires accusés à tort. La population vit dans la peur permanente de la dénonciation et de l’arrestation.

Comme tout bon dictateur, il entretient un véritable culte autour de sa personnalité. Il veut être vu comme un homme inébranlable, fort et dur comme l’acier. Le surnom de « Staline » qu’il s’est donné, signifie justement « acier ». Pour pallier son complexe d’infériorité dû à sa petite taille (1,67m ou 5 pieds 4 pouces), il porte des souliers à semelles compensées pour paraître plus grand. Il fait retoucher toutes ses photos pour cacher son visage qui porte les cicatrices d’une variole infantile et son bras gauche atrophié. Il avait également les orteils palmés, ce qu’il prenait aussi soin de cacher.
La Seconde Guerre mondiale et la victoire soviétique
Lorsque l’Allemagne nazie envahit l’URSS en 1941, Staline, surpris, met du temps à réagir. Mais il mobilise rapidement l’industrie et la population pour une guerre totale. Sous son commandement, l’Armée rouge inflige des défaites décisives à Hitler, notamment à Stalingrad en 1943.

Après la guerre, Staline impose son contrôle sur l’Europe de l’Est, installant des régimes communistes dans les pays libérés par l’URSS. Le monde entre dans la Guerre froide, marquée par l’affrontement idéologique entre les blocs de l’Est et de l’Ouest.
La fin d’un tyran

Dans ses dernières années, Staline devient de plus en plus paranoïaque et voit des ennemis partout, y compris parmi ses proches collaborateurs. Il utilise des sosies pour prendre sa place dans les apparitions publiques par crainte d’être assassiné. Il soupçonne pratiquement tout le monde d’en vouloir à sa vie.

Sa santé fragile se dégrade et il est frappé de ce que l’on croit être une hémorragie cérébrale. Lorsque ses proches le découvrent inconscient, allongé dans son urine, ils n’osent pas appeler ses médecins. Pourquoi ? Parce qu’ils savent que Staline soupçonne ses médecins de vouloir le tuer et ils ont peur de la réaction du tyran s’ils les font venir sans son accord. Staline est victime de sa propre paranoïa et crève vers les 6 heures du matin, le 5 mars 1953, à l’âge de 74 ans.

Le bilan de son règne est terrible : entre 20 et 25 millions de morts causés par les purges, les famines et les goulags. Aujourd’hui encore, son héritage divise, oscillant entre le culte qu’il a créé autour de sa personnalité et une vision plus lucide des crimes de masse qu’il a orchestrés.
Le tyran rouge a régné de façon cruelle et totalitaire pendant près de trois décennies.Partager cette trouvaille!Partager!Envoyer par courrielEnvoyer!






