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Les meilleurs navets d’Hollywood

7 films d'une médiocrité fascinante !

Le cinéma a ses chefs-d’œuvre, célébrés par la critique et immortalisés dans l’histoire. Mais il a aussi son envers du décor : les navets. Ces films qui n’auraient jamais dû voir la lumière d’un projecteur, et qui pourtant, par un étrange phénomène, finissent adulés. Des dialogues ridicules, des effets spéciaux indignes d’un collégien, des acteurs qui jouent faux : voilà les ingrédients d’un désastre cinématographique… qui, paradoxalement, attire un culte fervent. Voici sept monuments de médiocrité devenus des trésors pour amateurs de mauvais goût.

1. Plan 9 from Outer Space (1959)

Réalisé par Ed Wood, sacré « pire cinéaste de tous les temps », Plan 9 from Outer Space est l’incarnation parfaite de ce qu’un film raté peut offrir. Vaisseaux spatiaux en carton suspendus à du fil de pêche, acteurs qui semblent jouer sous tranquillisants, et un scénario où des extraterrestres ressuscitent des morts pour… prévenir la fin du monde. Pourquoi pas. Le clou du spectacle ? Bela Lugosi, star du Dracula de 1931, meurt avant la fin du tournage.

Wood, plutôt que de recaster, décide de le remplacer par son dentiste, qui passe tout le film une cape devant le visage. Résultat : hilarité garantie. Ce film est si catastrophique qu’il est aujourd’hui vénéré, un peu comme une messe kitsch pour cinéphiles désespérés.

2. Troll 2 (1990)

La suite de Troll… sans trolls. Oui, vous avez bien lu : il n’y a pas un seul troll dans Troll 2. Juste des gobelins en latex, amateurs de chair humaine transformée en pâte verte. Les dialogues sont si absurdes qu’ils donnent l’impression d’avoir été traduits par Google Translate version 1989. Les acteurs sont tellement mauvais qu’on dirait que le réalisateur les a trouvé dans les poubelles d’Hollywood !

Mention spéciale à la scène culte : « They’re eating her! And then they’re going to eat me! Oh my God! » déclamé par un acteur au regard de poisson mort.

C’est tellement ridicule que le film a maintenant son propre documentaire (Best Worst Movie), preuve que le public adore s’infliger ce genre de souffrance cinématographique.

3. The Room (2003)

The Room est un cas clinique. Tommy Wiseau, réalisateur, producteur, scénariste et acteur principal, a réussi à inventer un nouveau genre : le tragico-comique involontaire. Entre ses rires diaboliques sans contexte (« Ha ha ha, what a story Mark! »), ses répliques absurdes sur le football américain joué en smoking, et sa manie de répéter « Oh hi! » comme un robot en panne, le film confine au génie… ou au supplice. Le film est « plate » à mort, mais les performances d’acteurs sont tellement mauvaises qu’elles en sont fascinantes !

Chaque projection est devenue un rituel : les spectateurs hurlent les répliques par cœur et lancent des cuillères en plastique sur l’écran. En bref, The Room n’est pas un film, c’est une expérience de secte collective où l’on célèbre l’incompétence comme un art sacré.

4. Showgirls (1995)

Paul Verhoeven, réalisateur de Robocop et Basic Instinct, pensait signer un drame sulfureux sur l’ascension d’une danseuse à Las Vegas. Résultat : Showgirls est une orgie de mauvais jeu, de chorégraphies grotesques et de dialogues dignes d’un soap de troisième zone.

Elizabeth Berkley, hystérique du début à la fin, gesticule comme si chaque scène était une audition pour un film muet. Et la légendaire scène de sexe dans une piscine ? Elle ressemble à une tentative de noyade acrobatique. Boudé à sa sortie, le film est aujourd’hui une œuvre culte, projetée dans des soirées drag et queer où l’on célèbre sa vulgarité flamboyante. Bref, un échec devenu icône kitsch.

5. Battlefield Earth (2000)

Produit par John Travolta, fervent scientologue, Battlefield Earth est l’adaptation ratée du roman de L. Ron Hubbard, gourou de ladite secte. Le film est une purge visuelle : filtres verts dégueulasses, cadrages penchés constants (comme si le caméraman sur la « brosse »), et un Travolta grimé en extraterrestre rastafari qui rit comme un épais tout le long du film.

L’histoire, censée montrer la libération des humains contre leurs oppresseurs aliens, ressemble plutôt à une version prolongée d’un clip raté de métal des années 80. Avec ses dialogues caricaturaux (« Rat-brain! » répété comme une menace sérieuse), Battlefield Earth est désormais un manuel de tout ce qu’il ne faut pas faire au cinéma.

6. Howard the Duck (1986)

Produit par George Lucas (oui, le papa de Star Wars), Howard the Duck est une aberration cinématographique. Imaginez un canard humanoïde libidineux, amateur de rock, catapulté sur Terre pour sauver l’humanité… avec des répliques salaces et une romance gênante avec une humaine (Lea Thompson, visiblement perdue).

Mélange de film d’aventure et de comédie érotico-aviaire, le résultat a traumatisé toute une génération. Flop monumental à sa sortie, il est devenu culte pour son audace involontaire et ses costumes grotesques. On en rit encore, surtout parce qu’il a failli enterrer la carrière de Lucas avant même La Menace fantôme.

7. Cats (2019)

Dernier né de la longue tradition des accidents hollywoodiens, Cats avait tout pour réussir : adaptation d’un succès de Broadway, casting prestigieux (Idris Elba, Judi Dench, Ian McKellen), et budget pharaonique. Mais au lieu d’un spectacle félin féerique, le public a eu droit à des créatures ridicules mi-hommes mi-chats, rendues par des effets spéciaux atrocement inachevés.

Les proportions corporelles changent d’une scène à l’autre, les acteurs semblent perdus dans leur fourrure numérique, et certaines séquences tiennent plus du film d’horreur que de la comédie musicale. Résultat : fou-rires, malaises et une réputation immédiate de « navet culte ». Un film qui fait davantage songer à l’euthanasie qu’à l’adoption de minous abandonnés !

Ces films partagent un point commun : ils ne sont pas simplement mauvais (ça serait plate), ils transcendent la médiocrité pour atteindre une forme de grâce involontaire. On ne les regarde pas pour leur qualité, mais pour leur absence totale de celle-ci. Malgré leur nullité, ils nous rappellent qu’à Hollywood, même un désastre peut se transformer en légende… à condition qu’il soit assez catastrophique !



Il y a des films tellement mauvais... qu'ils sont bons !
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François Paquette

Animateur de radio, podcaster et blogueur.

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