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Les voitures les plus et les moins volées au Québec en 2025

Quelles voitures sont les plus et moins susceptibles d'être volées ?

Le vol d’automobile a longtemps fait partie de l’imaginaire urbain du Québec. Dans les années 1990, il suffisait d’un tournevis et d’un peu d’audace pour repartir avec une berline sans antivol sophistiqué. Aujourd’hui, le décor a changé : les voleurs ne portent plus nécessairement de cagoules dans la nuit, mais manipulent des antennes relais, interceptent des signaux électroniques et savent où faire disparaître un véhicule en quelques heures. Pourtant, les tendances demeurent : certains modèles attirent inévitablement la convoitise des malfaiteurs, tandis que d’autres suscitent un désintérêt presque complet.

Les cinq voitures les plus convoitées

1. Le Toyota RAV4

Roi incontesté des routes québécoises, le Toyota RAV4 est aussi le souverain des palmarès du vol. En 2023, près de 1 470 exemplaires ont été dérobés. Pourquoi un tel acharnement ? Parce qu’il s’agit d’un véhicule universel : robuste, économique, disponible à profusion, ses pièces se revendent comme du pain chaud. Pour un voleur, c’est la valeur sûre par excellence, un placement garanti dans le marché parallèle des pièces ou de l’exportation.

2. Le Honda CR-V

Le CR-V partage la même destinée. Populaire auprès des familles, fiable, il souffre d’une faille : son système de démarrage sans clé, pratique pour le conducteur, vulnérable face aux fraudeurs technologiques. En 2023, plus de 1 290 CR-V ont disparu au Québec. Pour les voleurs, c’est un VUS accessible, facile à écouler, presque aussi attirant que son rival japonais.

3. La Honda Civic

La Civic n’est plus la voiture la plus vendue au pays, mais elle reste la préférée des voleurs. Pourquoi ? Parce qu’elle est éternelle. Présente sur nos routes depuis des décennies, encore très répandue, elle offre un stock inépuisable de pièces recherchées. Les modèles un peu plus anciens, comme ceux de 2016, sont moins protégés par l’électronique moderne, ce qui en fait une proie idéale. En 2023, environ 609 ont été subtilisées, confirmant sa place dans ce sombre palmarès.

4. Le Toyota Highlander

Le Highlander n’a pas la popularité de la Civic ni la discrétion du CR-V, mais il séduit par son statut : c’est un VUS de catégorie supérieure, spacieux et luxueux. En 2023, 481 exemplaires ont été volés au Québec. Le Highlander se revend bien à l’étranger et son taux de vol, rapporté au nombre d’unités sur la route, est l’un des plus élevés. Les voleurs y voient un investissement sûr : moins répandu, mais plus “payant” à chaque vol réussi.

5. Le Jeep Wrangler

Enfin, le Jeep Wrangler occupe la cinquième marche. Véhicule iconique, aimé pour son allure d’aventurier et sa capacité tout-terrain, il attire aussi les criminels. Ses pièces et accessoires se revendent à prix fort, et son image « cool » dépasse nos frontières. Environ 459 vols ont été recensés en 2023, preuve que même les symboles de liberté peuvent devenir des prisonniers de la convoitise.

Les voitures que les voleurs boudent

À l’autre extrémité du spectre, certains modèles traversent la tempête sans susciter l’attention. Ils roulent dans l’ombre, protégés non pas par leurs alarmes, mais par leur indifférence au marché noir.

La Mazda MX-5

Icône des routes sinueuses et des belles journées d’été, la Mazda MX-5 est l’anti-RAV4. Elle attire les passionnés, pas les voleurs. Petite, légère, produite en quantité limitée, elle se vend davantage comme un bijou que comme une marchandise courante. Les pièces sont spécialisées et la clientèle est exigeante : difficile de les écouler sous le manteau. Dans le monde des malfaiteurs, la MX-5 est un objet trop rare pour être rentable, un caprice inutile dans un marché qui cherche la masse et la vitesse de revente.

Nissan Leaf

Pionnière des voitures 100 % électriques de grande diffusion, la Nissan Leaf reste une étrangère dans les statistiques du vol. Non pas qu’elle manque de valeur, mais ses composants (batteries, modules électroniques, architecture électrique) sont complexes à démonter et difficiles à écouler illégalement. Là où le RAV4 attire des réseaux capables d’exporter en masse, la Leaf n’offre qu’un casse-tête logistique. Résultat : elle est largement délaissée par les malfaiteurs.

La Toyota Prius

Étrangement, la Prius, cousine lointaine du RAV4, ne connaît pas la même destinée. Sa mécanique hybride est sophistiquée, ses pièces coûteuses, mais leur marché noir reste limité. Les voleurs, pragmatiques, savent qu’un RAV4 se revend en un clin d’œil, tandis qu’une Prius demandera patience et acheteurs spécialisés.

La Hyundai Accent

L’Accent, voiture économique par excellence, n’offre aucune promesse de richesse aux voleurs. Sa valeur de revente est faible, ses pièces peu recherchées. Elle représente le quotidien modeste, sans aura particulière. C’est un véhicule honnête, mais invisible aux yeux du crime organisé.

La Nissan Micra

Enfin, la Micra, petite citadine sans prétention, échappe presque totalement aux griffes des malfaiteurs. Discrète, économique, elle ne possède ni luxe ni popularité suffisante pour justifier le risque d’un vol. Dans le marché parallèle, elle ne vaut tout simplement pas la peine.

Pourquoi certains modèles et pas d’autres ?

La logique est implacable :

  • plus un véhicule est populaire, plus il est facile de le revendre ou de démonter ses pièces.
  • plus il est luxueux ou rare, plus il attire la convoitise.
  • et plus ses systèmes de sécurité présentent des failles connues, plus il devient une cible.

À l’inverse, un véhicule modeste, peu répandu ou complexe à démonter décourage les voleurs, qui préfèrent miser sur des modèles « rentables » et faciles à écouler.

Heureusement, depuis 2024, les chiffres montrent une amélioration. Les vols de véhicules ont chuté de plus de 30 % au Québec cette année-là, et la tendance s’est poursuivie en 2025, avec une baisse supplémentaire d’environ 22 %. Les efforts conjoints des assureurs, des corps policiers et des propriétaires portent leurs fruits. Mais la vigilance reste de mise.

Comment protéger son véhicule

Quelques gestes simples peuvent réduire considérablement le risque :

  • stationner dans des lieux éclairés, fermés ou surveillés
  • utiliser un dispositif visible, comme un bloque-volant ou un verrou de boîte de vitesses
  • protéger sa clé électronique dans une pochette anti-ondes, pour bloquer les attaques relais
  • installer un système de repérage GPS ou un coupe-circuit dissimulé
  • et surtout, éviter de laisser clés, sacs ou objets de valeur dans la voiture.

Il y aura probablement toujours des vols d’automobiles, mais en choisissant judicieusement son véhicule, en ajoutant quelques couches de protection et en restant vigilant, on peut décourager la majorité des malfaiteurs. Comme dans bien d’autres domaines, la prévention demeure la meilleure défense.


Certains véhicules sont plus à risques que d'autres !
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François Paquette

Animateur de radio, podcaster et blogueur.

2 réflexions au sujet de “Les voitures les plus et les moins volées au Québec en 2025”

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