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Les présidents américains qui ont fait l’objet d’une tentative d’assassinat

Les présidents américains face à la mort

L’histoire des États-Unis est marquée par des tentatives d’assassinat contre plusieurs de ses présidents. Ces actes de violence ont souvent eu des répercussions profondes sur le pays, bouleversant la politique et la société américaine. Cet article explore deux catégories distinctes : les présidents qui ont été tués et ceux qui ont survécu à des tentatives d’assassinat.

Les présidents assassinés

Abraham Lincoln

Abraham Lincoln, le 16e président des États-Unis, est assassiné le 14 avril 1865 par John Wilkes Booth, un acteur et sympathisant confédéré. Lincoln assiste à une représentation de la pièce « Our American Cousin » au théâtre Ford à Washington D.C. lorsque Booth pénètre dans la loge présidentielle et tire une balle derrière la tête de Lincoln au niveau de la nuque. Le président succombe à ses blessures le lendemain matin.

Cet assassinat survient quelques jours seulement après la fin de la guerre civile américaine, laissant le pays dans un état de choc et de deuil profond. La mort de Lincoln impacte gravement la reconstruction post-guerre civile et laisse un vide immense dans le leadership moral et politique des États-Unis.

James A. Garfield

James A. Garfield, le 20e président des États-Unis, est mortellement blessé le 2 juillet 1881, lorsque Charles J. Guiteau lui tire dessus à la gare de Washington D.C. Guiteau est alors en proie à un délire paranoïaque et religieux et croit qu’il va sauver la nation en commettant ce meurtre. Garfield est grièvement blessé mais survit pendant plusieurs semaines avant de mourir le 19 septembre 1881, principalement en raison d’infections dues aux traitements médicaux rudimentaires de l’époque.

L’assassinat de James A. Garfield

L’assassinat de Garfield met en lumière les failles du système politique américain, notamment le patronage, qui pousse Guiteau, un avocat déçu de ne pas avoir obtenu un poste gouvernemental, à sombrer dans l’irrationalité et ultimement commettre l’irréparable.

William McKinley

William McKinley, le 25e président des États-Unis, est assassiné le 6 septembre 1901 par l’anarchiste Leon Czolgosz, lors de l’Exposition pan-américaine à Buffalo dans l’état de New York. Czolgosz tire deux balles sur McKinley alors que ce dernier se trouve dans le Temple of Music.

Leon Czolgosz tirant sur le président McKinley

Le président semble initialement se rétablir, mais il succombe à la gangrène sept jours plus tard, le 14 septembre. La mort de McKinley mène à la présidence de Theodore Roosevelt, qui apporte une nouvelle ère de réformes progressistes.

John F. Kennedy

John F. Kennedy, le 35e président des États-Unis, est assassiné le 22 novembre 1963 à Dallas, Texas. Lee Harvey Oswald est identifié comme le seul tireur qui abat Kennedy alors que le président traverse Dealey Plaza en voiture décapotable. Cependant, une seconde enquête commandée par la Chambre des représentants conclut qu’il devait y avoir deux tireurs.

JFK quelques instants avant de mourir

Le meurtre de Kennedy, capturé en partie sur film par Abraham Zapruder, choque le monde entier et soulève de nombreuses théories du complot. La mort de Kennedy marque un tournant dans l’histoire américaine, symbolisant la fin de l’innocence pour de nombreux Américains et inaugurant une période de bouleversements sociaux et politiques. Les documents concernant le meurtre de Kennedy demeurent sous scellés pendant plus de 50 ans avant que le président Joe Biden ne les déclassifie en 2022.

Les présidents survivants

Andrew Jackson

Andrew Jackson, le 7e président des États-Unis, survit à une tentative d’assassinat le 30 janvier 1835. Lors d’un enterrement au Capitole à Washington D.C., Richard Lawrence, un homme déséquilibré qui se prend pour le Roi Charles III d’Angleterre, tente de tirer sur Jackson avec deux pistolets qui s’enrayent tous deux. Jackson, âgé de 67 ans à l’époque, riposte avec sa canne jusqu’à ce que Lawrence soit maîtrisé par la foule. Cet incident est le premier acte connu de tentative d’assassinat contre un président américain.

* Le portrait de Jackson figure sur les billets de 20 dollars. En raison du passé d’esclavagiste de l’ancien président, une campagne civile appelle, en 2016, à remplacer son effigie par celle d’Harriet Tubman, une héroïne de l’Underground Railroad qui a permis à des centaines d’esclaves de fuir vers la liberté. Le département du Trésor des États-Unis annonce le changement dès 2020. Cependant, en septembre 2017, le président Donald Trump met fin au projet.

Pour en savoir plus sur l’Underground Railroad : https://quebecblogue.com/le-chemin-de-fer-clandestin-les-esclaves-du-pays-de-la-liberte/

Theodore Roosevelt

Bien que Theodore Roosevelt ne soit plus président au moment de l’incident, sa tentative d’assassinat mérite mention. Le 14 octobre 1912, alors qu’il fait campagne pour un troisième mandat à Milwaukee, Wisconsin, John Schrank lui tire une balle dans la poitrine. Heureusement, la balle est ralentie par le discours plié de Roosevelt et son étui à lunettes, lui permettant de survivre et même de continuer son discours avant de recevoir des soins médicaux.

Schrank qui n’avait pas toute sa tête, croyait que le fantôme du président McKinley lui avait ordonné de tuer Roosevelt. L’agresseur, sur le point d’être lynché, fut épargné grâce à l’intervention de Roosevelt. Cet événement illustre le caractère résilient de Theodore Roosevelt et renforce son image de leader inflexible.

Franklin D. Roosevelt

Franklin D. Roosevelt, alors président élu, échappe de peu à une tentative d’assassinat le 15 février 1933 à Miami, Floride. Giuseppe Zangara, un anarchiste d’origine italienne, tire cinq coups de feu en direction de Roosevelt, mais manque sa cible et tue à la place le maire de Chicago, Anton Cermak. L’incident se produit alors que Roosevelt prononce un discours depuis sa voiture décapotable. 4 autres personnes sont touchées par les balles.

L’échec de cet attentat permet à Roosevelt de mener le pays à travers la Grande Dépression et la Seconde Guerre mondiale.

Harry S. Truman

Le 1er novembre 1950, des nationalistes portoricains, Oscar Collazo et Griselio Torresola, tentent d’assassiner Harry S. Truman, alors président des États-Unis. Les deux hommes attaquent la Blair House à Washington D.C., où Truman réside temporairement pendant des rénovations à la Maison Blanche.

Bien que Torresola soit tué par un policier touché qui agonisait et que Collazo soit arrêté, l’incident met en lumière la vulnérabilité des présidents même dans des résidences supposées sécurisées. Truman, qui n’est pas blessé, continue son mandat sans interruption.

Gerald Ford

Gerald Ford survit à deux tentatives d’assassinat en septembre 1975. La première, le 5 septembre à Sacramento, Californie, est perpétrée par Lynette Fromme, une membre de la secte de la « famille Manson », qui pointe une arme sur Ford mais est rapidement maîtrisée par les services secrets avant de tirer.

Les deux assaillantes de Gerald Ford

La deuxième, le 22 septembre à San Francisco, est menée par Sara Jane Moore, qui tire un coup de feu manqué en direction de Ford avant qu’un citoyen ne la maîtrise.

Ronald Reagan

Le 30 mars 1981, Ronald Reagan survit à une tentative d’assassinat par John Hinckley Jr. à Washington D.C. Hinckley tire plusieurs coups de feu, blessant Reagan, son attaché de presse James Brady, un agent des services secrets et un policier. Reagan est touché à la poitrine par une balle qui effleure son cœur.

Malgré la gravité de ses blessures, il se rétablit rapidement et reprend ses fonctions, gagnant l’admiration du public pour son courage et sa résilience. Cet attentat conduit à des réformes significatives dans la protection des présidents américains.

Donald Trump

Le 13 juillet 2024, lors d’un rassemblement de sa campagne électorale organisé à Butler, en Pennsylvanie, une personne tire dans la direction de Donald Trump depuis un toit insuffisamment surveillé. À 18h12, pendant son discours Trump tourne la tête, au moment où une balle est tirée. Ce mouvement aléatoire lui sauve la vie car la balle lui effleure l’oreille droite. L’ancien président et candidat à l’élection de 2024 est aussitôt évacué par les Services Secrets. Quelques heures après, le Federal Bureau of Investigation (FBI) identifie l’auteur de l’attentat.

Le suspect est Thomas Matthew Crooks, un jeune membre du parti Républicain de 20 ans originaire de Bethel Park, situé à environ 85 kilomètres du lieu des évènements. Ce dernier était armé d’un fusil semi-automatique de type AR-15. Il est abattu par un tireur d’élite 26 secondes après son premier tir qu’il a effectué. Les tirs imprécis atteignent un homme de 50 ans qui est tué sur le coup et deux autres personnes sont grièvement blessées.

Dans un pays qui a pris naissance dans la guerre et où les armes à feu sont omniprésentes et presque vénérées, il n’est guère surprenant que des attentats soient commis par des individus radicalisés. Dans une société américaine divisée entre deux partis politiques diamétralement opposés dont certains militants sont radicalisés, il est malheureusement probable que nous assistions à d’autres actes de violence politique aux États-Unis dans le futur.



Au pays des armes à feu, les assassinats politiques sont presqu'une tradition. Découvrez lesquels ont été victimes de tentatives d'assassinat.
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François Paquette

Animateur de radio, podcaster et blogueur.

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