Agbogbloshie, Ghana : la poubelle électronique de l’Occident

Agbogbloshie, un quartier d’Accra, la capitale du Ghana, est l’un des plus grands sites de recyclage de déchets électroniques au monde. Chaque année, des milliers de tonnes d’appareils usagés, principalement en provenance d’Europe et d’Amérique du Nord, y sont envoyées sous prétexte de réutilisation. Cependant, une grande partie de ces déchets n’est pas réparable et finit brûlée à ciel ouvert afin d’en extraire des métaux précieux comme le cuivre et l’aluminium.

Les conséquences sont dramatiques : les analyses montrent des taux de plomb dépassant jusqu’à 100 fois les normes admissibles dans le sol et l’air. L’exposition aux vapeurs toxiques provoque des maladies respiratoires chroniques, des cancers et des troubles neurologiques, particulièrement chez les enfants qui travaillent sur le site dès leur plus jeune âge.



Le 1er juillet 2021, le gouvernement du Ghana a amorcé l’évacuation et le démantèlement du site d’ Agbogbloshie. Mais les experts soutiennent que le fait de raser cette décharge géante, ne fera qu’éparpiller le problème dans la région.
Tchernobyl, Ukraine : une catastrophe nucléaire aux effets persistants

L’explosion du réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl en 1986 a libéré des tonnes de particules radioactives dans l’air, contaminant une vaste région de l’Europe. Plus de 30 ans après, la zone d’exclusion de 2 600 km² demeure inhabitée en raison des niveaux élevés de radiation. Le césium-137 et le strontium-90, toujours présents dans les sols, rendent l’agriculture et la consommation d’eau extrêmement dangereuses.


Les répercussions sanitaires sont considérables : selon des études de l’OMS, des dizaines de milliers de cancers de la thyroïde sont attribués à l’accident.



De nombreux enfants naissent avec des malformations majeures. La faune et la flore subissent également des mutations génétiques, affectant la biodiversité locale de manière irréversible.
Dzerjinsk, Russie : une ville empoisonnée par l’industrie chimique

Dzerjinsk, située dans l’ouest de la Russie, a été un centre majeur de production d’armes chimiques durant la Guerre froide. Des milliers de tonnes de déchets toxiques y ont été enterrées sans précaution, polluant les nappes phréatiques et rendant l’eau impropre à la consommation. On y trouve notamment des concentrations alarmantes de phénols et de dioxines, jusqu’à 17 millions de fois supérieures aux seuils de sécurité.



Les effets sur la santé sont désastreux : l’espérance de vie moyenne y est l’une des plus basses de Russie, avec 47 ans pour les hommes et 42 ans pour les femmes. Le taux de cancers, de malformations congénitales et de maladies du système nerveux y est nettement plus élevé que la moyenne nationale.
Kabwe, Zambie : l’héritage toxique des mines de plomb

Kabwe, ancienne ville minière de Zambie, souffre d’une pollution extrême due à des décennies d’extraction et de traitement du plomb. Des analyses révèlent des niveaux de plomb dans le sol atteignant jusqu’à 100 000 parties par million (ppm), alors que le seuil de sécurité est fixé à 400 ppm. Les poussières contaminées se répandent dans les quartiers résidentiels, exposant directement les habitants à ce métal lourd.



Les enfants de Kabwe affichent des taux de plomb dans le sang 5 à 10 fois supérieurs aux niveaux tolérables. Cela entraîne des retards de développement, des troubles cognitifs et des atteintes irréversibles au système nerveux central.

Malgré l’arrêt officiel de l’exploitation minière, les plus pauvres n’ont d’autre choix que de tenter d’y gagner leur vie et la contamination continue de causer des ravages sanitaires.
Hazaribagh, Bangladesh : le cauchemar des tanneries



Hazaribagh, un quartier de Dacca, est le cœur de l’industrie du cuir au Bangladesh. Plus de 200 tanneries y déversent quotidiennement près de 22 000 litres de produits chimiques toxiques, dont du chrome hexavalent, directement dans la rivière Buriganga. Ce métal lourd, reconnu comme un puissant cancérigène, contamine l’eau potable et les sols agricoles. De plus il semble n’y avoir aucun système efficace de collecte des déchets industriels et domestiques, laissant certaines zones s’ensevelir de détritus de toutes sortes.



Les travailleurs des tanneries, souvent dépourvus de protections, développent des affections cutanées, des maladies respiratoires et des cancers. La pollution de l’eau compromet également la pêche et l’agriculture, menaçant la sécurité alimentaire des populations locales.

Il est déchirant de constater que des millions d’enfants dans le monde grandissent dans des lieux tels que ceux-ci alors que nous avons grandi en jouant au Nintendo et à faire des caprices à table.
Norilsk, Russie : l’enfer du nickel

Norilsk, située au nord du cercle polaire arctique, abrite l’un des plus grands complexes de production de nickel et de cuivre au monde. Chaque année, environ 2 millions de tonnes de dioxyde de soufre sont rejetées dans l’atmosphère, provoquant des pluies acides qui détruisent les forêts environnantes.

La pollution est telle que la neige qui tombe sur la ville est souvent noire, témoignant de la toxicité de l’air. Un accident industriel, nié par la minière, a même récemment teinté une rivière de couleur rouge.



Les habitants souffrent de maladies respiratoires chroniques, de cancers du poumon et d’autres affections graves liées à la pollution. L’espérance de vie y est inférieure de 10 ans à la moyenne russe, un indicateur alarmant des conditions sanitaires locales.
Un fléau mondial qui touche aussi le Québec : le cas de Rouyn-Noranda


Si ces endroits semblent lointains, la pollution extrême n’est pas une réalité exclusive aux pays en développement ou aux zones de catastrophe industrielle. Au Québec, la Ville de Rouyn-Noranda est un exemple frappant de la complicité entre l’industrie et les autorités face à un scandale environnemental. En effet, le gouvernement tolère le non-respect de ses propres normes environnementales depuis des décennies.



La Fonderie Horne, propriété de Glencore, rejette dans l’air des concentrations d’arsenic dépassant plus de 67 fois la norme acceptable. Plutôt que d’exiger une réduction drastique des émissions, les autorités ont préféré déplacer une partie de la population en rasant le quartier Notre-Dame, une mesure qui ne règle en rien la pollution persistante.



Un groupe d’une cinquantaine de médecins a publiquement exprimé ses inquiétudes en lien avec les taux de cancer et de maladies pulmonaires anormalement élevés dans la région. Principalement des cancers du poumon et des maladies cardiovasculaires liées à l’exposition prolongée aux métaux lourds. Des médecins et citoyens dénoncent l’inaction gouvernementale face à cette crise sanitaire, mais les intérêts économiques semblent primer sur la santé publique.
Le groupe metal de Rouyn-Noranda, GHUN TWEI, dénonce les agissements de la compagnie minière et l’inaction du gouvernement :
Les sociétés de consommation dans les pays riches, existent aux dépens des pays pauvres. On exploite leurs richesses naturelles que l’on échange contre nos déchets. Consommer intelligemment et avec modération, est le moins que nous puissions faire pour réduire ce phénomène.
Les humains sont capables de créer des merveilles. Toutefois pour créer un merveille ici, il faut détruire et contaminer ailleurs.Partager cette trouvaille!Partager!Envoyer par courrielEnvoyer!






