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Procès absurdes : des animaux au banc des accusés

Des animaux faces à la loi !

L’Histoire est truffée de drames, de révolutions… et de jugements prononcés contre des cochons, des coqs ou des hannetons. Oui, vous avez bien lu !

Pendant plusieurs siècles, l’humanité a pris très au sérieux l’idée de traduire en justice des animaux. Et si cela peut aujourd’hui paraître absurde et disons-le c’est objectivement le cas, ces procès s’inscrivent dans une vision du monde où le spirituel, le juridique et le zoologique s’entremêlaient !

Des malédictions bibliques aux sanctions animales

Jésus maudissant un figuier

L’inspiration de cette logique illogique, se trouve dans la bible chrétienne avec un certain figuier, dans un épisode célèbre de l’Évangile selon Marc. En voyant un arbre sans fruits, Jésus le maudit. Dès le lendemain, il est desséché. Jésus l’avait condamné à mort et la sentence avait été miraculeusement appliquée.

Saint Bernard de Clairvaux en pleine jasette avec Dieu

Quelques siècles plus tard, Saint Bernard de Clairvaux, manifestement très agacé par des mouches durant un sermon, les excommunie en bonne et due forme. Les mouches meurent sur le coup, selon la légende. Saint Bernard venait d’inventer l’insecticide spirituel !

Réaction des mouches à leur excommunication

Ces anecdotes inspirent, au Moyen Âge, une véritable mode : assigner à comparaître tout ce qui rampe, vole ou grogne et qui trouble l’ordre divin ou social.

La truie de Falaise : crime, châtiment et déguisement

Nous sommes en 1386, à Falaise, en Normandie. Une truie mord un bébé au bras et au visage. L’attaque est fatale et l’enfant meurt de ses blessures. On l’emmène devant la justice pour son procès lors duquel le tribunal la juge coupable de meurtre. Verdict : pendaison. Mais pas n’importe comment.

On habille la truie d’habits humains pour l’occasion. C’est donc un porc en robe qui se balance sur l’échafaud. L’événement attire la foule à qui on a demandé de venir avec leurs cochons (pour que le message passe !). L’ordre est restauré. L’enfant, lui, reste mort, mais au moins justice est faite… et probablement un méchoui aussi !

Les sangsues assassines de Lausanne

En 1451, le poisson se fait rare dans les eaux lausannoises. Coupables désignées ? Les sangsues. Ces petites horreurs gluantes sont accusées de massacre aquatique.

L’évêque convoque un tribunal ecclésiastique. Les sangsues, insouciantes, ne se présentent même pas pour se défendre !  Elles sont donc excommuniées, bannies des eaux sacrées. Spoiler : elles s’en foutent royalement et rien ne change. Quelle arrogance ces sangsues !

L’exorcisme des dauphins marseillais

XVIe siècle. Des dauphins, visiblement décidés à fonder une colonie dans le port de Marseille, dérangent le trafic maritime. Scandale ! Le légat du pape en Avignon, un certain Acquaviva (c’est vraiment son nom !), ordonne à l’évêque de Cavaillon de procéder à un exorcisme.

Un dauphin possédé par Satan

Grand moment de liturgie aquatique. Les dauphins, eux, doivent bien rigoler entre deux plongeons. Aucun d’entre eux n’a même jamais demandé le baptême. L’histoire ne dis pas s’ils ont été libérés de l’influence de Satan et s’ils ont quitté le port à la suite l’exorcisme !

Coq et œuf diaboliques en Suisse

En 1474, à Bâle, un coq est accusé d’avoir pondu un œuf. Un coq. Vous sentez venir la sorcellerie ? Les autorités, éclairées, organisent un procès. L’œuf est jugé hérétique, et le coq, complice du diable. Les deux sont brûlés sur la place publique.

Un délicieux poulet satanique !

À l’époque, personne n’a pensé à la possibilité que le coq ait été mégenré ! C’était peut-être une poule qui s’identifiait comme un coq ! Pas très woke les européens du XVe siècle !

Les hannetons récalcitrants de Lausanne

Un hanneton en train de tout manger

Toujours en Suisse en 1479, une invasion de hannetons provoque une famine. Le tribunal ecclésiastique les assigne à comparaître. Bien évidemment, ils brillent par leur absence. Excommunication ! On les bannit du territoire, par contumace*.

Une belle tentative de diplomatie inter-espèces, mais visiblement sans succès.

*Un procès ou un jugement par contumace se déroule en l’absence de l’accusé

L’âne criminel d’Akpınar

Et si vous pensiez que tout cela appartenait seulement au passé, détrompez-vous. En 2003, dans le village d’Akpınar, en Turquie, un âne agressif attaque humains et animaux. Le conseil des anciens (oui, comme dans un roman de Tolkien), décide de le traduire en justice. Verdict : coupable. Sentence : exécution.

L’âne a été condamné à mort. Moralité : même en 2003, un âne peut faire face à la loi. !

Derrière l’absurde, une logique (presque) cohérente

Ces histoires, aussi délirantes soient-elles, révèlent une vision du monde dans laquelle les humains cherchaient à maintenir un ordre symbolique. Juger un animal, c’était affirmer que toute créature, douée de raison ou non, devait se soumettre à la loi. Un moyen aussi de rassurer la population : on ne laisse pas le mal impuni, fût-il à poil, à plumes, nageant ou rampant !

Et puis, disons-le franchement, c’était l’occasion d’une bonne distraction. Imaginez le crieur public : « Citoyens ! Le procès du coq satanique reprendra demain matin ! »



Imaginez un procès contre un coq satanique ou un porc habillé en robe accusé de meurtre... C'est vraiment arrivé !
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François Paquette

Animateur de radio, podcaster et blogueur.

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