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Stigmatisation des roux… Pourquoi ?

Cheveux roux : une différence qui ne passe pas inapperçu !

Les cheveux roux ont toujours attiré l’attention. Mais cette singularité, loin d’être toujours admirée, a souvent suscité méfiance, moquerie ou discrimination. Retracer l’histoire des roux, c’est comprendre comment une simple caractéristique physique a pu devenir un fardeau social ou, au contraire, un atout de distinction.

Antiquité

Le dieu égyptien, Seth

Dans l’Égypte ancienne, les roux étaient souvent associés au dieu Seth, figure du chaos. On raconte que certains prisonniers roux furent sacrifiés pour conjurer le malheur. Chez les Grecs et les Romains, la rousseur était fréquemment moquée : les Thraces, réputés barbares, étaient souvent décrits comme roux, et beaucoup d’esclaves venus du nord portaient cette couleur de cheveux.

Le guerrier légendaire, Achille

Pourtant, certains héros mythologiques, comme Achille, furent représentés avec une chevelure flamboyante, preuve que l’ambivalence dominait.

Moyen Âge

Une « sorcière » rousse brûlée vive

Le Moyen Âge fut sans doute l’époque la plus difficile pour les roux. Leur couleur de cheveux, rappelant le feu, était perçue comme signe diabolique. Les femmes rousses étaient souvent soupçonnées de sorcellerie et risquaient d’être persécutées par l’Inquisition.

Un Judas roux donne à Jésus le baiser de la trahison

Les représentations religieuses renforçaient ce stigmate : Judas, l’apôtre qui trahit Jésus, fut régulièrement peint avec des cheveux roux. Assimilés à la trahison, les roux traînaient cette réputation infamante durant des siècles.

Renaissance

Une véritable « roux-naissance » !

La Renaissance apporta un souffle plus favorable. En Italie, certaines femmes aristocrates se teignaient même les cheveux en roux cuivré pour suivre la mode. Mais dans l’imaginaire populaire, les clichés demeuraient. Les hommes roux passaient pour colériques et les femmes pour séductrices infidèles.

Aux XVIIIe et XIXe siècles, la pseudo-science donna un vernis « scientifique » aux préjugés. Des théoriciens affirmaient que les roux étaient prédisposés à la violence ou à la duplicité. Ces discours pseudo-anthropologiques nourrirent encore les stéréotypes.

Époque contemporaine

Au XXe siècle, les moqueries devinrent moins meurtrières, mais plus quotidiennes. Les enfants roux furent souvent la cible d’intimidations à l’école. Le roman Poil de carotte de Jules Renard, bien que sensible et subtil, contribua malgré lui à ancrer l’image du roux isolé et maladroit.

Dans les pays anglophones, le mot « ginger » est devenu un sobriquet souvent employé avec mépris. L’apparition d’événements douteux comme le « Kick a Ginger Day », popularisé sur Internet, a montré que la discrimination, même sous forme de blague, restait une réalité.

Une concentration dans le nord de l’Europe

Dans d’autres contextes, les cheveux roux suscitaient curiosité et admiration. En Chine ancienne, des voyageurs occidentaux roux pouvaient impressionner par leur singularité. Chez les Celtes d’Irlande et d’Écosse, la rousseur était relativement fréquente et perçue comme partie intégrante de l’identité.

Toutefois, même là, les clichés persistaient : les Irlandais roux étaient dits colériques, ce qui renforçait le stéréotype.

Aujourd’hui

Amy Adams, Emma Stone et Julianne Moore se démarquent sur les tapis rouges !

De nos jours, si les roux subissent encore moqueries et surnoms blessants, leur image évolue. Dans la mode et le cinéma, leur rareté est devenue un atout, mettant en avant une singularité recherchée.

Des festivals, comme le Redhead Days aux Pays-Bas, célèbrent chaque année la beauté et la diversité des personnes rousses.

Cette réappropriation de l’identité rousse illustre un mouvement plus large : transformer une différence longtemps stigmatisée en source de fierté et de cohésion. Aujourd’hui, malgré la persistance de certains clichés, les cheveux roux sont en pleine réhabilitation, transformant cette particularité en symbole d’originalité.



Depuis des siècles, les personnes aux cheveux font l'objet d'une étrange discrimination.
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François Paquette

Animateur de radio, podcaster et blogueur.

1 réflexion au sujet de « Stigmatisation des roux… Pourquoi ? »

  1. Lorsque j’étais enfant, j’avais une voisine rousse, plus âgée que moi. Même si elle était plus grande, je me suis moqué d’elle souvent, jusqu’à lui coller une gomme dans les cheveux. Elle avait beaucoup de taches de rousseurs dans le visage et les bras, ce qui me donnait toutes sortes de moyens de lui faire de la peine. Pourtant, aujourd’hui, je me souviens très bien de ses longs cheveux roux jusqu’aux fesses. De son visage avec de belles joues rondes. Si je l’avais revue à l’âge adulte, mes imbéciles moqueries se seraient transformés en excuses profondes. Je l’aurais complimenté sur la beauté de ses magnifiques cheveux longs et de superbe visage souriant. Je regrette tellement tout ce que j’ai pu lui faire quand j’étais enfants. Mais j’étais un jeune enfant idiot, turbulent et peut-être même, outrecuidant. Si je la rencontrais aujourd’hui, je me confondrais en excuses.

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