Vampires, zombies, tueurs en série, fantômes, créatures démoniaques ou monstres surnaturels ne sont peut-être pas très fréquents dans les œuvres des cinéastes d’ici, mais les inconditionnels de films d’horreur apprécieront les dix long-métrages québécois suivants, qui provoqueront des frissons et des sensations fortes aussi bien que n’importe quelle production hollywoodienne.
Les Chats du diable

Le producteur, réalisateur et scénariste Denis Héroux a été un véritable précurseur du cinéma d’horreur au Québec avec son long-métrage Les Chats du diable paru en 1977. Dans ce film d’anthologie où des acteurs d’ici comme Catherine Bégin ou Donald Pilon côtoient des légendes internationales telles Peter Cushing et Donald Pleasance, un écrivain rend visite à son éditeur pour discuter de son nouveau livre sur les chats. Celui-ci croit que les félins sont des créatures surnaturelles, et des émissaires du diable. Afin de prouver ses dires, il raconte alors trois histoires dans lesquelles d’adorables minous s’adonnent à la sorcellerie, et même au meurtre!
Crawler

Vous avez été impressionné par Christine et sa voiture rétro possédée par le goût du sang? Ce n’est rien en comparaison à Crawler, dans lequel un bulldozer de cinquante tonnes se prenant pour un justicier masqué se laisse pousser d’énormes tentacules et attaque tout ce qui porte un casque de construction sur la tête. Même s’il n’est malheureusement jamais sorti en salles au Québec (à l’exception d’une projection au Festival Fantasia, où il a remporté le prix du meilleur film québécois), ce film de Sv Bell (de son vrai nom Sylvain Bellemare) ne se prenant pas au sérieux a su trouver son public grâce aux services de diffusion en continu comme Tubi.
Draghoula

Sorti en 1994, le Draghoula du cinéaste Bashar Shbib n’est vraiment pas un film de vampires comme les autres. Le scénario relate l’histoire d’Harry, un jeune scientifique juif se livrant à des expériences sur des rats dans l’espoir d’isoler le gène de la culpabilité mais qui, en raison de restrictions budgétaires, est forcé de se tourner vers un fournisseur louche vendant des rongeurs en provenance de… Transylvanie! Après avoir été mordu par l’une de ces bestioles sataniques, le jeune homme se transformera chaque soir en vampire travesti, dans ce long-métrage où Dracula rencontre The Rocky Horror Picture Show.
Nous, les zombies

Après Turbo Kid, un hommage bien senti aux films de série B des années 1980, le collectif québécois RKSS (Anouk Whissell, François Simard et Yoann-Karl Whissell) apporte sa touche personnelle à un autre genre très populaire avec la comédie d’horreur Nous, les zombies. Ici, les morts-vivants ont perdu leur goût pour la cervelle, et vaquent plutôt à diverses occupations en fonction de leur niveau de conscience et de décomposition, mais ce fragile équilibre est compromis lorsque trois fainéants à la recherche d’argent facile doivent combattre une méga corporation malfaisante afin de sauver leur grand-mère kidnappée.
Discopathe

Le disco a poussé bien des gens à se trémousser sur les pistes de danse dans les années 1970, mais suffit-il d’entendre cette musique pour être possédé par une envie irrépressible de tuer? C’est possible si en croit Discopathe. Suivant le parcours de Duane Lewis, un jeune newyorkais timide et sans histoire qui se métamorphosera en tueur en série après avoir été exposé aux sonorités particulières de cette musique et qui s’exilera à Montréal pour y commettre plusieurs meurtres particulièrement macabres, ce slasher aussi dansant qu’ensanglanté de Renaud Gauthier est élevé par le travail du maître québécois des effets spéciaux, Rémy Couture.
Éternelle

Le détective Raymond Pope tente désespérément de retrouver son épouse disparue. Il met la main sur l’adresse d’une dénommée Elizabeth, avec qui sa tendre moitié avait rendez-vous le soir de sa disparition, et découvre que cette femme pourrait bien être la Comtesse Bathory, qui vécut en Hongrie au 16ème siècle et qui aurait assassiné des centaines de jeunes femmes afin de conserver sa beauté éternelle. Outre les sanguinolentes scènes de vampirisme, les charmes de la comédienne et chanteuse Caroline Néron ne sont probablement pas étrangers au succès d’Éternelle, qui est rapidement devenu une œuvre culte du cinéma d’ici.
Thanatomorphose

Traitant de relations malsaines et de sexualité, le visionnement de Thanatomorphose, le tout premier film du cinéaste Éric Falardeau, n’est certainement pas conseillé aux cœurs sensibles, alors que Laura, une jeune et belle femme affligée par une mystérieuse maladie, se met littéralement à pourrir en accéléré devant nos yeux. Durant une centaine de minutes, on assiste à la décomposition lente mais inéluctable de l’actrice Kayden Rose réalisée à l’aide d’effets spéciaux un peu trop convaincants, dans ce long-métrage inconfortable mêlant sexualité, horreur et fluides corporels.
La Peau blanche

Se servant du mythe des succubes pour livrer une allégorie sur le racisme, La Peau blanche, un film de Daniel Roby mettant en vedette Marc Paquet, Mariane Farley, Frédéric Pierre, Julie Le Breton, Raymond Cloutier et Marcel Sabourin, suit Thierry, un jeune étudiant viscéralement dégouté par la blancheur de la peau des roux, qui ne pourra pourtant pas s’empêcher d’être irrésistiblement attiré par Claire, une musicienne rousse dont le teint laiteux dissimule un terrible secret de famille. Ce long-métrage étonnant a même remporté le prix du meilleur premier film canadien au Toronto International Film Festival (TIFF) en 2004.
Sur le seuil

Patrick Senécal est le maître incontesté de l’horreur au Québec, et plusieurs de ses romans ont été adaptés au grand écran, dont 5150 rue des Ormes ou Les sept jours du talion, mais Sur le seuil, qui raconte l’histoire de Thomas Roy, un écrivain dont les écrits lugubres et prémonitoires deviennent réalité et qui va jusqu’à s’amputer les doigts et tenter de se suicider afin de stopper ses visions du futur, reste la meilleure adaptation cinématographique d’un de ses livres en attendant qu’une maison de production ait le courage de permettre à un cinéaste de réaliser une version 18 ans et plus de son Alyss.
Saint-Martyr-des-Damnés

Avant de proposer une version toute québécoise du célèbre mythe des zombies avec Les Affamés, Robin Aubert avait déjà touché à l’horreur avec Saint-Martyrs-des-Damnés. Lorsqu’un journaliste (François Chénier) est envoyé dans un petit village pour enquêter sur une mystérieuse série de disparitions, son photographe et meilleur ami disparaît à son tour lors de leur première nuit à l’auberge, et l’enquête mènera le pauvre reporter sur la piste de choses qu’il aurait préféré ne jamais savoir, dans ce film qui réussit à donner aux paysages pourtant très familiers du Centre-du-Québec un aspect intriguant et lourd de menaces que ne renierait pas David Lynch.
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