Même s’ils exercent un métier noble où ils sont appelés à servir la population, la confiance à l’égard des politiciens n’est pas très élevée au Québec. Elle est même souvent moins grande que celle accordée aux vendeurs de voitures usagées, et les scandales politiques suivants y sont sûrement pour quelque chose…
L’affaire Maxime Bernier

Alors qu’il occupe le poste de Ministre des affaires étrangères dans le gouvernement de Stephen Harper, sa relation avec Julie Couillard, une femme qui aurait précédemment été en couple avec un motard, fait les manchettes en 2008. L’histoire passe d’une simple question de vie privée à un scandale de sécurité nationale lorsque les journalistes découvrent que Bernier a oublié pendant au moins cinq semaines des documents confidentiels concernant le travail des troupes canadiennes en Afghanistan au domicile lavallois de sa compagne. Bernier finira par donner sa démission, et prouvera une fois pour toutes son manque de jugement en multipliant les déclarations farfelues à la tête du Parti populaire du Canada.
L’affaire Claude Charron

Le 30 janvier 1982, Claude Charron, le leader parlementaire du Parti québécois et ministre d’État délégué aux Affaires parlementaire, vole un manteau d’une valeur de 125$ au magasin Eaton du centre-ville de Montréal. Pris sur le fait, il reconnaît son délit et doit faire face à une plainte au criminel. Puisqu’il avait amplement les moyens de payer ce veston, plusieurs pensent qu’il a commis un suicide politique. En effet, dans les jours qui suivent, Charron avoue sa grande fatigue de la joute politique et annonce sa démission du cabinet et son départ de son poste de député. Le public ne lui en tiendra pas rigueur, puisque quelques années plus tard, il connaîtra beaucoup de succès en animant l’émission de télévision Le match de la vie.
Les Kings de Los Angeles

En 2023, le ministre des finances de la CAQ, Éric Girard, crée un tollé en s’engageant à verser une subvention de 5,7 millions de dollars pour permettre aux Kings de Los Angeles de tenir un camp d’entraînement de quatre jours à Québec et de disputer deux matchs préparatoires. Si la somme n’est pas énorme en comparaison au budget total du gouvernement, elle devient le symbole de la mauvaise gestion des fonds publics, puisque l’équipe de hockey vaut plus de 2,9 milliards US, et engendre chaque année des millions de profit. Le gouvernement Legault a défendu sa décision en affirmant qu’il s’agissait d’un message envoyé à la LNH pour lui rappeler que le marché de Québec existe. Un peu cher pour un geste sans résultat concret…
Les affaires André Boisclair

Peu de politiciens ont eu autant de démêlés avec la justice qu’André Boisclair. En 2005, une controverse assombrit sa course à la chefferie du Parti québécois après qu’il eut avoué avoir consommé de la cocaïne à quelques reprises alors qu’il était ministre. Les membres de sa formation politique l’élisent tout de même à la tête du Parti, mais il perd l’élection de 2007. Ce n’est pas la fin de ses ennuis juridiques, puisqu’il devra démissionner de ses fonctions de délégué général du Québec à New York en 2013 en raison de sa consommation de drogue. Il plaide aussi coupable à des accusations de conduite avec les facultés affaiblies en 2018, puis il est trouvé coupable d’agression sexuelle armée sur un homme de 21 ans en 2022.
L’affaire René Lévesque

De retour d’une fête d’amis dans la nuit du 6 février 1977, aux petites heures du matin, vers 4h15 plus précisément, le premier ministre du Québec d’alors, René Lévesque, heurte mortellement avec sa voiture un homme étendu sur la chaussée. Il s’agit d’un sans-abri de 62 ans du nom d’Edgar Trottier, qui était étendu sur la chaussée sur le chemin de la Côte-des-Neiges. Le fait que le premier ministre lui-même, et non son chauffeur, ait été au volant du véhicule, fait l’objet de plusieurs commentaires, et l’incident défraiera les manchettes des journaux du Québec pendant plusieurs jours, mais les policiers ne formuleront aucune accusation. Depuis, aucun premier ministre n’a conduit sa propre voiture.
La commission Bastarache

Suite aux allégations de Marc Bellemare, le Ministre de la justice de l’époque, selon qui des personnes liées au financement du Parti libéral du Québec auraient exercé une influence indue dans le processus de nomination de juges, le premier ministre Jean Charest se voit forcé de créer une commission d’enquête dirigée par le juge Michel Bastarache. Le rapport final de la Commission conclut que Bellemare n’a pas subi de « pressions colossales » comme il l’avait soutenu, mais estime toutefois que le processus de nomination des juges est « perméable » à des influences de toutes sortes. Il formule 46 recommandations pour corriger la situation, mais la magistrature en général en ressort tout de même éclaboussée.
Le référendum « volé » de 1995

En 1995, le deuxième référendum portant sur la souveraineté du Québec est organisé par le gouvernement de Jacques Parizeau. Tandis que les souverainistes respectent les lois électorales, on ne peut en dire autant des fédéralistes. D’après les documents obtenus par le juge Bernard Grenier lors de sa commission d’enquête, plus de 500 000$ de dépenses non autorisées ou déclarées ont été englouties pour le seul mois ayant précédé le référendum, finançant entre autres la manifestation du « love-in » à Montréal, sans oublier les 42 000 immigrants reçus à la dernière minute. Avec un résultat aussi serré (49,42% pour le Oui et 50,58% pour le Non), pas étonnant que plusieurs considèrent que le référendum a été volé.
L’affaire Claude Morin

Élu en 1976 dans Louis-Hébert, Claude Morin devient ministre des Affaires intergouvernementales dans le cabinet de René Lévesque, et responsable du dossier constitutionnel. Il est aussi responsable de formuler la question du référendum de 1980, que plusieurs considéraient comme trop longue et trop obscure. En 1992, le journaliste Normand Lester révèle que Morin était un informateur rémunéré de la Gendarmerie royale du Canada depuis les années 1970, connu sous le nom de code « French Minuet ». Morin ne peut nier avoir fait de l’espionnage pour la GRC, mais il affirme avoir lui-même manipulé les services secrets canadiens. Évidemment, personne ne croit cette explication peu crédible pour se réhabiliter.
Le fiasco SAAQclic

En plus de provoquer de longues files d’attente devant les succursales et d’avoir engorgé le service à la clientèle lors de sa mise en service en février 2023, les coûts de la modernisation des services informatiques de la SAAQ, qui devait coûter 638 millions de dollars, s’élèvent à plus de 1,1 milliard, soit 40% de plus que prévu. Les responsables ont évité de mentionner ces dépassements lors de plusieurs rencontres, et même si la vérificatrice générale a déclaré ne pas savoir si les ministres étaient au courant, on a appris que le plus haut fonctionnaire de l’État et homme de confiance du premier ministre François Legault a été informé en 2002, en pleine campagne électorale. Espérons que la commission Galant saura faire toute la lumière là-dessus.
La commission Charbonneau

Dans le gouvernement de Jean Charest, chaque ministre devait amasser 100 000$ par année pour financer le Parti libéral, ce qui favorisait le trafic d’influence. Suite aux enquêtes journalistiques et à la pression populaire, le gouvernement met sur pied la commission Charbonneau en 2011. Celle-ci découvre des stratagèmes de collusion dans les contrats de la construction publique, et les conclusions de son rapport établissent un lien direct entre le versement de contributions politiques et l’octroi de contrats au niveau provincial. Les administrations de Gérald Tremblay à Montréal et de Gilles Vaillancourt à Laval sont entachées, ce qui donnera naissance à l’UPAC et au plus grand scandale politique de l’histoire récente.
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Des commissions d’enquête aux démissions fracassantes, l’histoire récente du Québec regorge de crises politiques.Partager cette trouvaille!Partager!Envoyer par courrielEnvoyer!






