Identifier les plus grands pollueurs industriels du Québec exige de croiser plusieurs indicateurs : émissions de gaz à effet de serre (GES), rejets atmosphériques toxiques, particules fines (PM2,5), métaux lourds et historique d’infractions environnementales. Le présent classement s’appuie principalement sur les données du Registre national des rejets de polluants (INRP/NPRI), du système québécois de plafonnement et d’échange de droits d’émission, ainsi que sur des dossiers publics documentés.

Au Québec, le secteur des transports constitue la principale source de GES (environ 43 %), suivi par l’industrie (environ 30 %). Néanmoins, les grandes installations industrielles demeurent les plus importantes sources ponctuelles de pollution atmosphérique et de rejets toxiques, ce qui justifie leur place centrale dans ce palmarès.
10. Produits forestiers Résolu (plusieurs usines de pâtes et papiers)

Le secteur des pâtes et papiers demeure un émetteur important de polluants atmosphériques et de rejets dans l’eau. Plusieurs installations de Produits forestiers Résolu ont figuré dans l’INRP pour leurs émissions de particules, de soufre et de composés organiques volatils.
Pourquoi ça pollue :
- Combustion de biomasse et de combustibles fossiles
- Rejets d’effluents industriels dans les cours d’eau
- Émissions de soufre responsables d’odeurs et d’acidification

L’entreprise est l’objet de critiques récurrentes de groupes environnementaux, surtout dans les régions forestières.
9. ArcelorMittal Mines Canada (Côte-Nord)

Les activités minières et de bouletage de minerai de fer génèrent d’importantes poussières industrielles et émissions de GES.
Impact :
- Rejets de particules fines
- Émissions de CO₂ liées au traitement du minerai
- Dépôts de poussières sur les communautés voisines


L’entreprise a dû investir dans des systèmes de dépoussiérage sous pression réglementaire.
8. Suncor Énergie (raffinerie de Montréal-Est)

Bien que plus petite que les installations de l’Ouest canadien, la raffinerie montréalaise demeure un émetteur notable.
Sources de pollution :
- Combustion de pétrole
- Émissions de NOx, SO₂ et GES
- Risques de déversements pétroliers


Les raffineries sont automatiquement assujetties au marché du carbone lorsqu’elles dépassent 25 000 tonnes de CO₂e par an.
7. Kruger (secteur papetier)

Plusieurs usines de Kruger apparaissent régulièrement dans les inventaires de polluants.
Problèmes principaux :
- Rejets d’effluents
- Odeurs industrielles
- Émissions de particules

Des modernisations ont été entreprises, mais la pression citoyenne demeure dans certaines municipalités.
6. Ciment McInnis (Port-Daniel–Gascons)

Cette cimenterie moderne figure souvent parmi les gros émetteurs industriels du Québec.
Pourquoi elle est controversée :
- Production de ciment très énergivore
- Importantes émissions de CO₂ par tonne produite
- Opposition environnementale dès la construction


Le secteur du ciment est reconnu comme l’un des plus carbonés de l’industrie lourde.
5. Aluminerie Alouette (Sept-Îles)

Selon des classements basés sur les particules fines, l’aluminerie se situe parmi les grands émetteurs industriels québécois.
Données notables :
- Plus de 500 unités de PM2,5 dans certains inventaires sectoriels.
- Forte consommation d’électricité
- Émissions de fluorures et GES de procédé

Réaction : pression constante pour améliorer la captation des émissions.
4. Rio Tinto Fer et Titane (Sorel-Tracy)

Le complexe métallurgique est un important émetteur de particules et de GES.
Pourquoi ça pollue :
- Traitement du minerai de titane
- Fours à haute température
- Rejets atmosphériques industriels



L’installation apparaît régulièrement dans les inventaires provinciaux de polluants atmosphériques.
3. Alumineries de Rio Tinto (dont Arvida, Saguenay)

L’aluminium québécois est moins carboné que la moyenne mondiale grâce à l’hydroélectricité, mais les volumes produits restent énormes.
Données :
- L’usine d’Arvida figure au premier rang des émetteurs de particules fines au Québec dans certains classements sectoriels.
- Émissions de GES de procédé (PFC) très puissants
- Rejets industriels historiques


Réaction publique : généralement modérée, mais surveillance réglementaire constante.
2. Raffinerie CCR (Montréal-Est)

Cette affinerie de cuivre, liée aux activités de la Fonderie Horne, génère divers polluants métalliques.
Sources :
- Traitement du cuivre
- Émissions métalliques
- Risques industriels urbains


Bien que moins médiatisée que la Fonderie Horne, elle fait partie du même écosystème industriel lourd.
1. Fonderie Horne (Glencore) — le cas le plus controversé

La Fonderie Horne à Rouyn-Noranda domine largement les controverses environnementales au Québec.
Une pollution documentée
- L’air local a atteint environ 100 ng/m³ d’arsenic, alors que la norme québécoise est de 3 ng/m³.
- L’installation a fonctionné à 67 fois le seuil acceptable selon certaines évaluations.
- Exposition historique à l’arsenic, au plomb, au cadmium et au soufre.


Impacts sanitaires
Une étude de santé publique a conclu que la population de Rouyn-Noranda a été exposée pendant des décennies à des niveaux nocifs associés à une hausse du cancer du poumon.


Infractions et recours judiciaires
- Recours collectif autorisé en 2025 contre Glencore et le gouvernement.
- Les plaignants invoquent des émissions toxiques dépassant les normes de protection de la santé.
- Le dossier fait l’objet d’une mobilisation citoyenne depuis des années.


Tensions récentes
En 2026, Glencore a suspendu près d’un milliard de dollars d’investissements destinés à réduire les émissions, invoquant l’incertitude réglementaire.
Comprendre l’ampleur du problème
Au Québec, toute installation industrielle émettant 25 000 tonnes de CO₂e ou plus par an doit participer au marché du carbone, ce qui donne une idée du seuil des grands pollueurs.

Plus largement :
- Les installations industrielles constituent une part majeure des émissions provinciales.
- Les secteurs les plus polluants sont la métallurgie, le ciment, le pétrole et les pâtes et papiers.
- Les polluants problématiques ne sont pas seulement les GES, mais aussi les métaux lourds et particules fines.
La Fonderie Horne représente aujourd’hui le cas le plus explosif sur le plan sanitaire et politique, tandis que les alumineries, cimenteries et raffineries constituent le cœur structurel des émissions industrielles.
Le groupe metal abitibien Guhn Twei dont le chanteur, un ex-employé de la fonderie qui a perdu une jambe à cause d’un cancer, dénonce activement les abus de la Fonderie Horne :
L'exploitation et la transformation des ressources naturelles ne se fait pas sans répercussions environnementales. Mais certaines entreprises exagèrent et n'hésitent pas à empoisonner la nature et les gens pour faire augmenter les profits.Partager cette trouvaille!Partager!Envoyer par courrielEnvoyer!






