La scientologie demeure l’une des sectes les plus controversées et influentes du monde contemporain. Derrière son vernis pseudo-scientifique et ses discours sur l’« amélioration de l’être humain », se cache un système rigide et lucratif qui a souvent été dénoncé par les chercheurs, les gouvernements et les anciens adeptes. Fondée par l’écrivain de science-fiction L. Ron Hubbard, cette organisation cultive une aura de mystère, de pouvoir et de scandale.
Un fondateur issu de la science-fiction

Lafayette Ronald Hubbard, plus connu sous le nom de L. Ron Hubbard, est né en 1911 aux États-Unis. Avant de devenir le « prophète » autoproclamé d’un nouveau mouvement spirituel, il fut surtout un écrivain prolifique de science-fiction et de pulp magazines. Ses récits, peuplés d’extraterrestres, de civilisations anciennes et de technologies futuristes, annonçaient déjà les fondations de ce qui allait devenir la scientologie.



En 1950, Hubbard publie Dianétique : la puissance de la pensée sur le corps, un ouvrage qui prétend offrir une nouvelle méthode pour surmonter les traumatismes psychologiques et atteindre un état supérieur de conscience. Devant le succès initial du livre et la création de groupes de « dianétique » aux États-Unis, il comprend le potentiel financier et symbolique d’une telle démarche.

Deux ans plus tard, il formalise le tout en fondant la scientologie, présentée comme une religion, mais qui est plutôt une secte structurée autour du profit et du contrôle mental.
Des croyances étranges et pseudo-scientifiques

La doctrine de la scientologie repose sur un mélange de science-fiction et de pseudo-psychologie. Selon Hubbard, chaque être humain est en réalité un « thétan », une entité spirituelle immortelle ayant vécu d’innombrables vies à travers l’univers. Ces thétans seraient prisonniers de traumatismes passés, appelés « engrammes », qui les empêchent de réaliser leur plein potentiel.

Pour se libérer de ces engrammes, les adeptes doivent suivre un processus appelé auditing. Un membre formé, appelé « auditeur », interroge le sujet en utilisant un appareil appelé E-meter, censé mesurer la charge émotionnelle des souvenirs refoulés. À travers des centaines d’heures d’auditing, l’adepte est censé atteindre l’état de « clair », puis progresser vers différents niveaux spirituels supérieurs appelés Operating Thetan (OT). Techniquement, il s’agit simplement d’un ohmmètre. On l’utilise simplement donner un aspect faussement scientifique à la secte.


À ces niveaux avancés, la secte enseigne un mythe central : il y a environ 75 millions d’années, un tyran galactique nommé Xenu aurait exilé des milliards d’êtres extraterrestres sur Terre, les exterminant avec des bombes nucléaires. Les âmes de ces créatures, devenues des « esprits parasites », seraient aujourd’hui attachées aux humains, causant leurs souffrances et leurs blocages spirituels.
Voici les foutaises que l’on demande aux adeptes de croire :
Ces récits, qui semblent sortis tout droit d’un roman de science-fiction, sont révélés progressivement aux membres, souvent après avoir déboursé des sommes colossales.
Un système hiérarchique et coûteux

La scientologie fonctionne selon une hiérarchie stricte. Les nouveaux membres commencent par des cours d’introduction relativement abordables. Mais pour progresser dans l’échelle spirituelle (du simple adepte vers les niveaux de clair et de thétan opérant), il faut payer des formations de plus en plus onéreuses.


Les coûts s’élèvent souvent à plusieurs dizaines, voire centaines de milliers de dollars. De nombreux ex-membres témoignent s’être ruinés, vendant leurs biens ou contractant des dettes pour gravir les échelons. Le système repose sur une logique pyramidale : plus l’on monte, plus les secrets ésotériques sont révélés, et plus les tarifs explosent.


La secte a également sa propre organisation paramilitaire, la Sea Org (Sea Organization), dont les membres prêtent un serment insensé d’un milliard d’années pour servir la scientologie dans toutes leurs vies futures. Ces individus travaillent souvent dans des conditions dénoncées comme abusives, avec de faibles rémunérations et une discipline quasi militaire.
Une hostilité envers la science

Bien que son nom évoque la science, la scientologie se distingue par une aversion marquée pour la véritable démarche scientifique. L. Ron Hubbard vouait une haine viscérale à la psychiatrie, qu’il considérait comme une discipline destructrice, manipulatrice et conspiratrice.

La secte a créé une organisation satellite, la Citizens Commission on Human Rights (CCHR), dont la mission est de dénoncer et discréditer la psychiatrie et la psychologie. Selon les scientologues, les médicaments psychotropes et les thérapies modernes seraient non seulement inefficaces, mais également dangereux et complotistes. Cette opposition radicale a valu à l’organisation de nombreuses critiques, surtout quand des membres ont été empêchés de recevoir des soins psychiatriques nécessaires.
Le prestige par les célébrités

Une des forces stratégiques de la scientologie a été de séduire et de recruter des célébrités. John Travolta, dès les années 1970, est l’une des figures emblématiques du mouvement. Dans les années 1980 et 1990, Tom Cruise devient l’ambassadeur le plus influent de la secte, participant activement à sa promotion et utilisant sa notoriété pour en légitimer l’image.
Au Québec, la chanteuse France D’Amour a également été associée au mouvement, ce qui a renforcé la visibilité de la secte dans la province.


La présence de personnalités connues a permis à la scientologie de se doter d’un prestige artificiel, attirant de nouveaux adeptes curieux ou influençables.
Implantation au Québec

La scientologie est présente au Québec depuis les années 1970, principalement à Montréal et à Québec. Elle y dispose d’un centre officiel qui propose des cours de dianétique et des services d’auditing. Comme ailleurs, elle recrute par le biais de tests de personnalité gratuits, de conférences et de promesses d’auto-amélioration.

Toutefois, les autorités québécoises, de même que plusieurs associations de lutte contre les sectes, surveillent attentivement ses activités. La scientologie y est régulièrement accusée d’exercer des pressions financières et psychologiques sur ses adeptes, tout en camouflant son fonctionnement interne derrière un discours de « développement personnel ».
Controverses et poursuites judiciaires

La scientologie a été impliquée dans une multitude de scandales et de procès à travers le monde. En France, elle a été reconnue coupable à plusieurs reprises d’escroquerie en bande organisée.

En Allemagne, les autorités l’ont placée sous surveillance, considérant qu’elle constitue une menace pour l’ordre démocratique. Aux États-Unis, bien que reconnue officiellement comme religion depuis 1993 par l’IRS (service fiscal), elle est critiquée pour ses méthodes d’intimidation et de harcèlement envers ses détracteurs.

De nombreux anciens membres ont témoigné publiquement des abus psychologiques, financiers et parfois physiques qu’ils ont subis. Certains décrivent des pratiques d’endoctrinement intensif, d’isolement des familles et de représailles contre ceux qui osent quitter ou critiquer le mouvement.

La scientologie, née sous la plume d’un écrivain de science-fiction, s’est transformée en une organisation mondiale mêlant croyances farfelues, hiérarchie rigide et appât du gain. Si elle se présente comme une religion moderne, elle fonctionne surtout comme une secte fondée sur le contrôle psychologique et financier de ses membres.

Son influence culturelle, amplifiée par ses adeptes célèbres, ne doit pas masquer les dérives et les scandales qui entourent la scientologie. En s’opposant à la psychiatrie et en exploitant la crédulité des adeptes, la scientologie demeure un exemple frappant de manipulation collective.
On ne devient pas riche en écrivant de la science-fiction. On le devient en fondant une religion. -L. Ron HubbardPartager cette trouvaille!Partager!Envoyer par courrielEnvoyer!






