De Gaulle - Vive le Québec Libre!

De Gaulle – Vive le Québec Libre!

 

23 Juillet 1967, un discours « improvisé » du haut d’un balcon et quatre mots… Des mots qui sont passés à l’histoire, des mots qui représentent le destin de tout un peuple…

Mais ce discours était-il vraiment improvisé? En fait, de Gaulle avait mûrement réfléchi au but de son voyage. La raison officielle était la visite de l’Exposition universelle et les pontes du gouvernement canadien espéraient bien qu’il allait souligner le centenaire de la constitution, la fanfare l’a même accueilli en entamant « God save the queen » l’hymne britannique! Mais le général se disait que « nous n’avons à féliciter ni les Canadiens ni nous-mêmes de la création d’un état fondé sur notre défaite d’autrefois et sur l’intégration d’une partie du peuple français dans un ensemble britannique ». Il ne venait donc pas au Québec dans le but de faire du tourisme, mais bien de l’histoire… avec un grand H.

Tout au long de son parcours sur le Chemin du Roy, de Gaulle a préparé les Québécois à son grand discours, mais il ne savait pas encore sur quelle tribune il allait le prononcer… Car il a bien failli ne pas en avoir de tribune! Le maire Drapeau avait prévu faire passer son invité directement dans son bureau pour signer le livre d’or de la ville et ensuite le mener à une terrasse où l’attendaient quelques 600 notables. Pas de coup d’éclat, pas de « petits peuples »… C’était sans compter sur la hardiesse de Pierre-Louis Mallen, alors journaliste, qui espérait un grand moment! Mallen avait fait installer un micro sur le balcon car il se doutait bien que de Gaulle, en entendant la foule, viendrait la saluer. Mais dans l’après-midi, le maire vit un fil qui traversait le couloir et, voyant le micro, demanda qu’on l’enlève. Le technicien, pris entre son obligation d’obéir au maire et le travail qu’on lui avait demandé d’effectuer, débrancha donc ledit micro, mais le laissa dans un coin du balcon.

Lorsque le général sortit de l’ascenseur, il entendit la clameur de la foule massée devant l’Hotel de Ville, le maire l’aiguilla vers la droite, mais de Gaulle tourna à gauche, vers le balcon, en disant qu’il fallait bien qu’il leur réponde. Drapeau, sûr de lui, affirma qu’il n’y avait pas de micro là, mais malgré sa mauvaise vue, l’homme de 77 ans l’aperçut dans le coin et notre bon technicien qui se trouvait là (par hasard?) le lui brancha obligeamment. Le reste fait partie intégrante de notre histoire.

Alors, en cette journée de fête nationale, il faudrait peut-être s’attarder un peu sur les propos de ce grand homme qui a senti chez nous l’effervescence et le désir de s’affranchir du joug d’un pays qui n’est pas le nôtre et qui ne nous ressemble pas. Quarante ans plus tard, j’ai le goût de vous dire à vous, « gens du pays », Vive le Québec Libre!

Vive Montréal… Vive le Québec… Vive le Québec Libre… Vive le Canada français et Vive la France!

La fois où Charles de Gaulle s’installa au balcon de l’Hôtel de ville pour scander «Vive le Québec Libre»




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67 réponses

  1. Vive Le Québec LIBRE !! dit :

    ok 🙂 mais je ne suis pas faché 😛

  2. Matt dit :

    Selon l’excellent blogueur matchafa.

    «Charles de Gaulle, apparemment, appuyait l’indépendance du Québec, et pas seulement avec certains mots prononcés à l’hôtel de ville de Montréal mais aussi avec toutes les ressources des services secrets français.»

    Plus de détails au :
    http://matchafa.quebecblogue.com/2007/11/27/le-quebec-aurait-ete-infiltre-par-les-services-secrets-francais/

  3. Piji dit :

    Avec tout le respect dû à nos amis du Quebec, je pense, à titre personnel, que ce n’est pas la vérité.

    Le SDECE etait un service de renseignements extérieur, donc il était normal qu’il se renseigne, avec des agents la ou il en avait besoin, bien sur, et il savait très bien le faire. Par exemple le gouvernement Français a eu des informations très anticipées de grande qualité sur la guerre du Kippour, la révolution Iranienne, le Vietnam, etc…Ainsi Giscard a pu informer par exemple le Shah, De Gaulle dialoguer avec les Israeliens ou Kenney, etc..Donc il y avait probablement aussi, pourquoi pas, des dispositions pour mieux connaitre ce qui se passait au Quebec, d’autant que De Gaulle se méfiait assez du « diplomatisme » de ses diplomates de carrière et de leurs notes d’information. Mais à titre routinier je pense.

    Mais de la à dire que c’est pour pousser le Quebec vers l’indépendance ou agir vraiment activement dans ce sens, franchement, je n’y crois pas du tout. Ce type d’action n’est pas, à mon avis, dans l’état d’esprit du Général De Gaulle.
    Jamais s’il avait voulu le faire, il n’aurait fait ce genre de choses de façon…secrète ! Il n’y a qu’à voir le style direct des discours à Montréal (« …y aller sans détour et au fond des choses.. », dans son discours du lendemain du « Quebec Libre »)

    A part une seule ligne dans Wikipédia, les sources citées dans le Blog sont essentiellement anglophones, elles sont peut être un peu « parano » ?

    Pour en savoir plus:
    sur De Gaulle et sa relation au Quebec: Alain Peyrefitte « C’était De Gaulle »
    Sur Foccart et le SDECE : Pierre Péan »l’Homme de L’ombre », Alexandre de Marenches »Dans le secret des princes », Douglas Porch »histoire des services secrets Français » tome 2

    Mais bien sûr je n’exprime qu’une conviction personnelle.

  4. Le Détracteur Constructif dit :

    Je suis un peu en retard, soit, mais je tiens à dire que je suis extrêmement touché par les propos de Piji, spécialement dans sa première intervention.

    Nous sommes reconnaissants. Pas tous, mais je n’ai que faire des ingrats 🙂

  5. Phil dit :

    VIVE LE QUEBEC LIBRE !!

  6. Otheym dit :

    Pour comprendre ce discours faut bien comprendre la situation de la France à l’époque. Après l’échec de l’Algérie (qui n’était pas considérée comme une colonie mais un véritable territoire Français), y’avait pas de raison que la France soit la seule à payer les pots cassés, et comme on sait que De Gaulle aime les anglais et les américains… Autant torpiller le Canada… Et comme la situation n’était pas la même qu’aujourd’hui y’avait plus de raison pour que les Québécois s’affirment.

  7. Jean de Nivelles dit :

    Le raccourci de Otheym écrabouille l’histoire. Les accords d’Evian datent du 19 mars 1962 et avaient aussi pour conséquence de stopper l’hémorragie financière que constituait l’Algérie pour la France. En aucune manière de Gaulle n’a voulu faire pays à des pays extérieurs au conflit son animosité datant de la guerre, 20 ans avant.

    Comme je l’ai dit plus haut, j’ai toujours regretté que de Gaulle n’ai pas eu le temps de venir chez nous aussi crier haut et fort « Vive la Wallonie libre ». Nous sommes confrontés au fascisme flamand de tous les jours.

  8. Vigile dit :

    Je me fais vieux aujourd’hui mais j’ai toujours cette flamme qui m’anime, celle d’un homme qui croit qu’il n’est jamais trop tard pour faire l’indépendance du Québec. Merci pour ce passage de notre histoire que le Général De Gaulle a écrit. J’y étais et je ne l’oublierai jamais.

    Ce donner un pays n’est pas seulement une question d’argent c’est aussi une question de fierté et de volonté de vivre libre. Ensemble, nous pouvons faire un bon bout de chemin.

    Vive le Général De Gaulle

  9. ced dit :

    Je comprends que plusieurs personnes sont retentissant devant la séparation du Québec surtout au niveau économique, mais voilà si la séparation du Québec avait eu lieu auparavant le Québec s’en serait beaucoup mieux porté, je parle ici des années 1980-1995. Souvent lorsque je rencontre des personnes contre la séparation, ceux-ci ne connaissent rien au Québec, mais je vois que sur ce site cela ne semble pas être le cas. Alors l’autre raison qui me pousse à vous comnprendre(Les fédéralistes) c’est l’appartenance au Canada, ce pays qui tente de vous assimiler et qui constamment(et même dans les campagnes ayant pour but de promouvoir le canada)profite de vous, je parle ici des scandales des commandites. Je trouve cela facheusement rigolo (pour ne pas dire autre chose) que lorsque justement le Canada tente de nous faire aimé le Canada qu’il nous escroque en plus d’utilisé nos taxes et nos impôts à la base pour nous convaincre que nous avons tort.

    .Il faut le dire partout dans l’histoire, les français et les métis on été les plus désavantagés (rep. by pop., guerres métis, loi sur les indiens, les crises politiques, les assimilations, etc). Aujourd’hui le Canada aide le Québec, mais en faite ne serait-ce pas le Canada qui serait à l’origine de nos déboires, avec tout ce qu’ils ont affligé au Québec. Le Canada restera toujours et avant tout l’Ontario et non les autres provinces. Ils n’y a pas que le Québec qui fait défaut à ce rêve de Confédération (qui est en fait une Fédération) Canadienne. En effet, l’Alberta est aussi séparatisme, ainsi que l’Ouest, un sondage du Western Standard montre d’ailleurs que 42 % des Albertains et 32,6 % des habitants de l’Ouest seraient favorables à l’idée de former une nation ou bien de rejoindre les États-Unis.

  10. ced dit :

    Je comprends que plusieurs personnes sont retentissant devant la séparation du Québec surtout au niveau économique, mais voilà si la séparation du Québec avait eu lieu auparavant le Québec s’en serait beaucoup mieux porté, je parle ici des années 1980-1995. Souvent lorsque je rencontre des personnes contre la séparation, ceux-ci ne connaissent rien au Québec, mais je vois que sur ce site cela ne semble pas être le cas. Alors l’autre raison qui me pousse à vous comnprendre(Les fédéralistes) c’est l’appartenance au Canada, ce pays qui tente de vous assimiler et qui constamment(et même dans les campagnes ayant pour but de promouvoir le canada)profite de vous, je parle ici des scandales des commandites. Je trouve cela facheusement rigolo (pour ne pas dire autre chose) que lorsque justement le Canada tente de nous faire aimé le Canada qu’il nous escroque en plus d’utilisé nos taxes et nos impôts à la base pour nous convaincre que nous avons tort.

    .Il faut le dire partout dans l’histoire, les français et les métis on été les plus désavantagés (rep. by pop., guerres métis, loi sur les indiens, les crises politiques, les assimilations, etc). Aujourd’hui le Canada aide le Québec, mais en faite ne serait-ce pas le Canada qui serait à l’origine de nos déboires, avec tout ce qu’ils ont affligé au Québec.

    Le Canada restera toujours et avant tout l’Ontario et non les autres provinces. Ils n’y a pas que le Québec qui fait défaut à ce rêve de Confédération (qui est en fait une Fédération) Canadienne. En effet, l’Alberta est aussi séparatisme, ainsi que l’Ouest, un sondage du Western Standard montre d’ailleurs que 42 % des Albertains et 32,6 % des habitants de l’Ouest seraient favorables à l’idée de former une nation ou bien de rejoindre les États-Unis.

  11. maxime dit :

    oops !!!! 2 fois le même commentaires

  12. baronpo dit :

    Je voulais simplement vous dire que je suis un français moyen qui vit dans un des 36 000 villages de France.
    Je voudrais vous parler d’une nuit, une certaine nuit, où on a éteint le poste de télévision et où on s’est retrouvé tous ensemble autour de la table familiale, du plus vieux au plus jeune.
    Et on attendu. On a attendu et on a parlé.
    Parlé de ses lointains cousins de notre petit village partis tenter leur chance de l’autre côté de l’océan et qui sont toujours restés chers à notre coeur.
    On était fébrile. On attendait tous quelque chose, comme on attend une naissance.
    Et la petite lampe est restée allumée ce soir-là dans notre maison. Et il y avait aussi d’autres lampes allumées dans notre village. Et si les médias officiels n’en ont rien dit, je sais que c’était la même chose dans d’autres villages de France. Dans combien de milliers de villages, loin des grandes villes, on a veillé cette nuit-là?
    Et puis le jour s’est levé. Et on a su que la réponse serait NON. Après cette nuit blanche, les parents ont pris leur petit déjeuner et sont partis pour le travail. Les enfants pour l’école.
    Et le dernier de la famille qui n’avait que huit ans s’est tourné vers son grand-père de 83 ans et lui a demandé :
    – Pépé, est-ce qu’il y aura d’autres nuits?
    Et le grand-père n’a pas su répondre. Mais une larme a coulé sur ses joues. C’était la première fois que son petit-fils le voyait pleurer.
    Alors, est-ce que je peux, aujourd’hui, chers cousins du Québec, vous poser la question de ce petit garçon :
    Y aura-t-il d’autres nuits?

  13. Ilsröm dit :

    Quand Clinton et Bush encouragent l’unité du Canada, il ne s’agit pas d’une ingérence…vous me ferez toujours rire, vous les adeptes de la servitude volontaire ! de vrais larbins ! il n’y a rien de plus perfide qu’un anglois.Je suis tombé sur une video d’un québécois expulsé d’un stade, en Ontario, parce que portant le fleurdelisé sur lui : ah ils vous aiment les anglophones ! le discours de Montréal fut juste, fraternel et s’adressait à des égaux. A mes ami(e)s souverainistes du Québec, je conseille la video « England, colony of France, sur Youtube.Salut aux gens debout.

  14. derik dit :

    Venir en navire, à moitié aveugle, se sachant proche de la fin et dire au peuple québécois qu’il l’aime, qu’il a confiance en lui, qu’il l’admire et que la France va l’aider ( de Gaulle ne fait pas l’aumône aux québécois, il leur tend une main royale : je vous aide aujourd’hui, demain, vous aiderez la France car, sous entendu, vous dépasserez la mère patrie) et bien, j’appelle cela un geste inoubliable, un sans faute, et les patriotes du Québec doivent lui témoigner une reconnaissance éternelle.Le Général n’avait rien à gagner en posant ce geste courageux : il n’ignorait pas les critiques qui allaient pleuvoir sur lui, au Canada bien sûr, mais aussi en France par toute la clique atlantiste, politique et médiatique.Bravo et respect ! pauvre Jean Drapeau qui pouvait tutoyer l’histoire au contact du grand homme et qui préféra lécher les bottes ottawesques (pardon pour le néologisme), ce que Pierre Bourgault sut bien souligner.
    Salut depuis la France.

    • Matt dit :

      On est extrêmement reconnaissant… J’ai des frissons juste à écouter et réécouter son discours. Malheureusement, je crois qu’à l’époque on a misé sur le mauvais cheval pour afin de capitaliser sur ces sentiments.

      Merci beaucoup de ton commentaire, c’est rare qu’on a la perspective d’un français 🙂

  15. derik dit :

    Matt
    Je suis « québécophile » depuis l’âge de 9 ans (j’en ai 60) et, sans vanité ni fausse modestie, je connais bien l’histoire et la culture de ton pays.Ici à Toulouse (où Richard Desjardins a vécu une année, séjour qu’il apprécia), il m’arrive de croiser tes compatriotes : j’aime leur franchise, leur absence de calcul, leur empathie et j’éprouve toujours un grand plaisir à parler du Québec avec eux.Parfois, je prends une carte et je lis les noms des villages et des villes…je les trouve beaux, comme j’aime les noms de Saint Denys Garneau, de Emile Nelligan (beau mélange québeco-irlandais, deux peuples proches de mon coeur), du chevalier de Lorimier…etc…Ton pays conjugue la grandeur, la beauté et une forme de poésie.
    P.S : quand je lis que de de Gaulle s’était planqué à Londres comme un lâche, je me marre devant l’inanité d’un tel argument.Durant la guerre de 14-18, il subit 45 minutes d’attaque au lance-flammes avant de consentir à se rendre : ce n’est pas là, faire preuve de lâcheté.
    Merci pour ton commentaire Matt.

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