Judith Jasmin, née le 10 juillet 1916 à Terrebonne, Québec, est une véritable héroïne du féminisme et du journalisme québécois. Fille du notaire Amédée Jasmin et de Rosaria Desjarlais, elle passe une partie de son enfance en France, où sa famille s’installe au début des années 1920. Elle y fréquente le Lycée des jeunes filles de Versailles et excelle en composition française.
Sa famille revient au pays pour s’installer dans le quartier Villeray de Montréal en 1929. Incapable de s’adapter à la société québécoise encore très conservatrice à l’époque, elle retourne étudier en France jusqu’en 1931. À son retour, ses parents témoignent de son succès académique dans le quotidien La Presse.

À son retour, Judith s’oriente vers le théâtre. En 1936-1937, elle fait ses débuts à la radio de CKAC en tant qu’actrice. Sa carrière prend un tournant décisif en septembre 1938 lorsqu’elle décroche un rôle dans le radioroman « La Pension Velder » de Robert Choquette, la propulsant parmi les vedettes les plus appréciées de la radio.


Féministe de première heure, elle récite des poèmes lors de réunions organisées par Thérèse Casgrain ou Idola Saint-Jean.
Pour en savoir plus sur Thérèse Casgrain : https://quebecblogue.com/therese-casgrain-heroine-de-la-politique-quebecoise/
Parallèlement à sa carrière d’actrice, Judith Jasmin devient l’une des premières réalisatrices d’émissions radiophoniques au réseau français de Radio-Canada au milieu des années 1940.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, Judith Jasmin s’établit quelques semaines à New York, où elle travaille à la section française du United States Office of War Information, une agence de propagande américaine.

Après la guerre elle rejoint le Service international de Radio-Canada, marquant le début de sa carrière journalistique. Elle collabore avec René Lévesque à la mise sur pied du premier service de reportages francophones du réseau d’État.
Pour en savoir plus sur René Lévesque : https://quebecblogue.com/sur-les-traces-de-rene-levesque/
Pionnière, elle est la première femme québécoise et canadienne à couvrir des sujets politiques et internationaux, et à devenir correspondante à l’étranger pour Radio-Canada.

Judith Jasmin est reconnue pour sa rigueur journalistique et son engagement envers des causes sociales, notamment la défense de la langue française, la laïcité, et le nationalisme québécois. Elle milite également pour l’égalité des sexes et le respect des différences culturelles. En 1972, elle reçoit le prix Olivar-Asselin de la Société Saint-Jean-Baptiste, récompensant son apport exceptionnel au journalisme.

Atteinte d’un cancer, Judith Jasmin décède le 20 octobre 1972 à Montréal, à l’âge de 56 ans. Son héritage perdure, notamment à travers le prix Judith-Jasmin, institué en 1975 par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, récompensant l’excellence journalistique.

Un pavillon de l’Université du Québec à Montréal porte également son nom, honorant sa mémoire et sa contribution incalculable au journalisme québécois.
Judith Jasmin a abattu les murs qui séparaient les femmes de la profession de journaliste.Partager cette trouvaille!Partager!Envoyer par courrielEnvoyer!






