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Le massacre de Wounded Knee

Wounded Knee, une tache dans l'histoire américaine

Le 29 décembre 1890, dans les plaines glacées du Dakota du Sud, l’armée américaine commet l’un des pires crimes de son histoire : plus de 250 Lakotas, hommes, femmes et enfants, sont massacrés près d’un ruisseau nommé Wounded Knee. Cet épisode, longtemps qualifié à tort de « bataille », marque la fin brutale d’un siècle de résistance autochtone face à la conquête coloniale des États-Unis. Pour comprendre cette tragédie, il faut revenir en arrière, à l’un des derniers grands sursauts de la souveraineté autochtone : la bataille de Little Bighorn.

Little Bighorn : l’ultime victoire autochtone

En juin 1876, dans le Montana, les nations Lakota, Cheyenne et Arapaho remportent une victoire spectaculaire contre l’armée américaine à Little Bighorn. Menés par les chefs Sitting Bull et Crazy Horse, environ 2 000 guerriers anéantissent le 7ᵉ régiment de cavalerie commandé par le lieutenant-colonel George A. Custer. Cet affrontement, surnommé « Custer’s Last Stand », est plus qu’une bataille : c’est la réaffirmation de la souveraineté autochtone et du refus de la dépossession.

« Custer’s last stand »

Mais cette victoire entraîne une répression féroce. Les États-Unis, déterminés à écraser toute résistance, mobilisent d’énormes moyens militaires. Les peuples autochtones sont pourchassés, leurs villages incendiés et les bisons (leur principale source de subsistance) exterminés. Crazy Horse se rend en 1877 et est tué la même année dans des circonstances obscures. Sitting Bull, réfugié au Canada, finit par se rendre en 1881.

Trahison et dépossession

Fort Laramie (1868)

Après Little Bighorn, le gouvernement américain intensifie sa politique de dépossession. Les traités, comme celui de Fort Laramie en 1868, garantissant aux Sioux Lakotas la souveraineté sur les Black Hills sont bafoués dès que de l’or y est découvert. Les territoires promis sont confisqués, les tribus sont déplacées de force vers des réserves misérables, et les promesses de nourriture, de soins et de soutien économique sont rarement tenues.

Les montagnes sacrées des Black Hills

Le mode de vie traditionnel s’effondre. Privés de terres, de gibier et de liberté, les Lakotas et d’autres nations connaissent la famine, les maladies et l’humiliation. C’est dans ce contexte de désespoir que naît, à la fin des années 1880, un mouvement spirituel porteur d’espoir : la « Danse des Esprits ».

La Danse des Esprits

Wovoka

Inspirée par le prophète paiute Wovoka, la « Ghost Dance » promet la restauration du monde autochtone : le retour des ancêtres, le retour des bisons et la disparition des colons. Le message, essentiellement pacifique, se répand rapidement dans les réserves. Mais pour les autorités américaines, tout mouvement susceptible d’unifier les peuples autochtones est une menace.

La Danse des Esprits

La peur s’empare des colons et des responsables politiques. Les agents fédéraux exigent la fin de la Danse des Esprits et ordonnent l’arrestation de ses partisans. Sitting Bull, injustement accusé d’encourager le mouvement, est arrêté par la police indienne le 15 décembre 1890. Dans la confusion, il est abattu. Sa mort choque les Lakotas et achève de convaincre beaucoup d’entre eux que leur survie ne peut passer que par la fuite.

Le dernier voyage de Big Foot

Spotted Elk, aussi appelé Big Foot

Après l’assassinat de Sitting Bull, un groupe de Miniconjous dirigé par le chef Big Foot (Spotted Elk) quitte la réserve de Cheyenne River pour rejoindre Red Cloud à Pine Ridge. Big Foot, malade et pacifique, espère éviter un affrontement. Mais le 28 décembre 1890, il est intercepté par le 7ᵉ régiment de cavalerie (le même régiment vaincu à Little Bighorn) sous les ordres du colonel James W. Forsyth.

Environ 350 Lakotas, dont la majorité sont des femmes et des enfants, sont forcés de camper près de Wounded Knee Creek. Ils sont encerclés par 500 soldats lourdement armés, appuyés par des canons Hotchkiss. Les Lakotas sont désarmés et étroitement surveillés.

Le massacre du 29 décembre 1890

Le matin suivant, l’armée tente de confisquer les dernières armes. La tension est extrême. Un coup de feu éclate peut-être accidentel lorsqu’un jeune Lakota sourd refuse de céder son fusil. C’est l’étincelle qui déclenche un carnage.

Le corps inanimé de Spotted Elk (alias Big Foot) gisant sur la plaine gelée

Les soldats ouvrent le feu sans distinction. Les canons Hotchkiss mitraillent le camp, tuant femmes et enfants à bout portant. Ceux qui fuient sont pourchassés et abattus sur plusieurs kilomètres. En moins d’une heure, plus de 300 Lakotas sont massacrés. Près de 90 % des victimes sont des civils. Les soldats américains comptent environ 25 morts, principalement victimes de tirs croisés.

Un crime impuni et même célébré

Après le massacre, l’armée présente l’événement comme une « bataille » et décerne vingt médailles d’honneur aux soldats impliqués. Les corps des victimes restent gelés pendant des jours avant d’être enterrés dans une fosse commune. Aucun responsable n’est poursuivi.

Wounded Knee marque la fin des guerres indiennes et l’écrasement définitif de la résistance autochtone sur les Grandes Plaines. Les survivants sont condamnés à vivre sous un régime colonial brutal, soumis à des politiques d’assimilation forcée.

Un peuple résilient

Aujourd’hui, Wounded Knee est un symbole. Il incarne les trahisons répétées, la violence d’État et l’effacement culturel imposés aux Premières Nations. Ce massacre honteux souligne que les États-Unis, fondés sur des idéaux de liberté, ont systématiquement et hypocritement violé leurs propres traités et utilisé la force pour écraser les peuples qui habitaient ce continent depuis des millénaires. Le pays de la liberté ne semble pas l’être pour tout le monde…

Les Premières Nations ont survécues à l’invasion, à la répression et au génocides infligés par les colons européens et leur culture vit toujours.

Pourtant, malgré la douleur et l’injustice, les Premières Nations ne sont jamais disparues. Leur survie et leur lutte pour la reconnaissance de leurs droits continuent de défier et rectifier l’Histoire, écrite par ceux qui ont tenté de les effacer.



Le 29 décembre 1890, l'armée américaine massacre froidement 300 hommes, femmes et enfants sans défense.
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François Paquette

Animateur de radio, podcaster et blogueur.

1 réflexion au sujet de « Le massacre de Wounded Knee »

  1. 145 Ans plus tard, rien n’a changé aux États-Unis. Le gouvernement utilise encore l’armée et des policiers spéciaux pour traquer, enlever et emprisonner des immigrants, certains illégaux, mais d’autres en attente de leur acceptation aux USA. Même s’il y a des illégaux, ce ne sont pas des rats pestiférés, ils méritent le respect dû aux êtres humains. S’ils sont incarcérés, ils doivent avoir des conditions de vie respectable. Un lit confortable, un peu d’intimité, de la nourriture en quantité suffisante et n’ont pas besoins d’êtres maltraités et humiliés par les gardes. Ils l’ont fait aux indiens, disons plutôt les Premières Nations, aux esclaves noirs, maintenant à tous ceux qui n’ont pas la peau blanche. Ils sont en grande partie racistes à l’extrême envers les noirs, les mexicains et autres nationalités. Ils utilisent même l’armée pour courir après des personnes jugées criminelles, sans s’assurer que ces personnes le sont vraiment. Ils nous menacent même d’utiliser la force ou de nous appauvrir pour faire du Canada le 51e état. Le Québec et le Canada ont déjà battu les américains quand ils ont tenté de nous attaquer dans le passé, sans succès. S’ils recommencent, ils rencontreront des Canadiens en colère et prêt à tout pour se défendre, défendre leur pays. Je ne souhaite pas cette alternative, je crois en la négociation, en l’amitié et l’entraide que nous avons toujours partagée. MAIS ! Je me méfie du dictateur nombriliste, méprisant, antisocial, fanatique et hitlérien qu’est Donald Trump.

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