Dans les années 1960, un groupe d’humoristes composé de quatre jeunes hommes a révolutionné la scène humoristique québécoise. Les Cyniques ont fréquemment soulevé des controverses et la colère de leurs cibles par leur style irrévérencieux.
Les débuts des Cyniques

Le groupe, composé de Marc Laurendeau, André Dubois, Marcel Saint-Germain et Serge Grenier, commence son parcours à l’Université de Montréal, où ils se produisent devant un public étudiant. Issus des disciplines du droit et de la philosophie, ils osent dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, critiquant ouvertement la société et les figures emblématiques de l’époque.
La chute de l’Union nationale qui mit fin à la Grande Noirceur au début des années 1960 et le début de la Révolution Tranquille a initié une véritable révolution culturelle et sociale. Il était désormais possible de critiquer ouvertement les élites tant gouvernementales que religieuses, sans risquer l’aliénation sociale ou même la répression. Ainsi, les Cyniques deviennent rapidement célèbres pour leurs critiques acerbes des politiciens, du clergé, des juges, de la police et des Canadiens anglais.
L’ascension et la popularité

Leur succès s’explique par la spontanéité et l’authenticité de leur humour, comme le souligne André Dubois : « Ça a été un phénomène tout à fait spontané, c’est l’époque qui a voulu que notre humour prenne cette forme-là. Nous, tout ce qu’on voulait à ce moment-là, c’est être drôles, parce que ça nous était naturel et qu’on aimait ça. »
Les Cyniques quittent rapidement le milieu universitaire pour se produire dans des boîtes à chansons comme la Casa Loma et lors d’événements majeurs comme l’Expo 67 à la Comédie canadienne. Ils participent également à des émissions télévisées populaires, comme le « Bye bye » de 1971, et enregistrent des disques.
Leur humour audacieux et provocateur touche un large public et fait d’eux des figures incontournables de l’humour québécois.
Le film IXE-13

En 1971, les Cyniques tournent le film « IXE-13 », produit par Jacques Godbout. Ce film culte québécois met en scène, entre autres, Louise Forestier, Louisette Dussault, Carole Laure, Luce Guilbeault et Jean-Guy Moreau, et contribue à asseoir leur notoriété. IXE-13 est une comédie musicale absurde avec des décors délibérément cheap en carton qui met en vedette un agent secret. Dans ce film, les Cyniques mitraillent tout ce qui représente une forme d’autorité opprimante pour les Québécois de l’époque : L’Église, le gouvernement, le Canada anglais, les riches capitalistes…
La fin d’une époque

Après 11 ans d’activité intense, incluant des spectacles, des apparitions télévisées et des films, les Cyniques décident de se retirer en 1972, en pleine gloire. Ils marquent profondément le paysage culturel québécois avec des sketches mémorables parodiant des figures comme le cardinal Paul-Émile Léger, Camil Samson et Robert Bourassa. Le groupe décide de mettre fin à leur collaboration d’un commun accord, chacun souhaitant poursuivre d’autres aspirations personnelles.


Lors de leur dernière apparition télévisuelle, les membres des Cyniques expliquent leur choix de mettre fin au groupe et discutent de leurs projets futurs. André Dubois souhaite se consacrer au droit municipal, Marcel Saint-Germain s’intéresse à la Chine, Marc Laurendeau poursuit une maîtrise en science politique, et Serge Grenier envisage de continuer sa carrière dans le monde du spectacle.
L’héritage des Cyniques

Les Cyniques ont laissé une influence importante dans l’histoire de l’humour québécois et un œil au beurre noir aux conservateurs politiques et catholiques. Leur approche audacieuse, mêlant satire politique et critique sociale, a ouvert la voie à une nouvelle génération d’humoristes comme le groupe Rock et Belles Oreilles qui pousseront encore plus loin l’humour abrasif, voire carrément méchant. La satire et la critique sociale dont ils sont des précuseurs, deviendra un type d’humour particulièrement apprécié des Québécois dans les décennies à suivre et encore aujourd’hui.




Au-delà de l’humour, les Cyniques ont fait fi des conventions sociales et démoli les tabous, notamment religieux. Cela a permis d’éveiller les consciences et stimuler l’esprit critique des Québécois.
Leur carrière, bien que relativement courte, a représenté une étape essentielle de l’émancipation du peuple québécois, trop longtemps soumis à la domination anglaise et de l’Église catholique.
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Les Cyniques sont des précurseurs de l'humour provocateur dont se sont inspirés des groupes comme Rock et Belles Oreilles et les Bleu Poudre.Partager cette trouvaille!Partager!Envoyer par courrielEnvoyer!







Hello Matt,
Mon père a beaucoup aimé les cyniques et moi aussi, surtout le sketch sur le premier cosmonaute québécois. Je pense que ça date des années 70. J’ai gardé le 33 tours précieusement. Merci pour ce bon souvenir. Papa n’étant plus de ce monde, ça fait du bien de penser à tout ça.
J’adore !!!❤️
Merci Marie Ange 🙂 Bien content que ça te rappelle de précieux souvenir.
Merci Matt pour le rappel des Cyniques. On parle souvent d’Yvon et avec raison, Yvon, Clémence mais les Cyniques c’était quelque chose et surtout à l’époque…Je me rappelle que mon frère était allé les voir en spectacle à l’époque c’était au Palais Montcalm à Québec au Carré d’Youville où s’est tournée KWE avec Fiori le 21 juin dernier.
Mon frère allait au classique au Collège de Lévis et c’était l’époque des communautés religieuses dans l’enseignement, Il y avait très peu de profs laïcs… et c’était le temps des enseignements séparés, les gars avec les futurs prêtres et les filles avec les religieuses au couvent.
Mon grand-père paternel était arrivé à Lévis au début des années 1900 quand il s’est mis à fréquenter sa belle Odélie avec l’intention de l’épouser. Il a acheté(il venait de campagne, il était habitué aux grands espaces donc la première chose qu’il a fait ce fut d’acheter une immense terre pour y construire leur maison mais aussi chaque enfant de la famille allait avoir son terrain et sa maison et tout cela c’était situé de biais avec le Collège de Lévis mais c’était tellement grand que cela faisait notre rue où je demeurais avec les 2 côtés plus les lotissements de la rue suivante à l’Est et même chose pour la rue suivante à l’Ouest de notre rue. Et en principe nos voisins arrière devaient être nos oncles et nos tantes et nos cousins. Cela voulait dire : accordez-vous. C’était cela le plan de départ du grand-père paternel, le clan, tu ne sépares pas le clan. Toute la famille autour des parents. L’idée était bonne sauf que la première guerre est arrivée puis la 2e qui elle allait venir brouiller le plan du grand-père parce que chaque enfant avait son terrain bien à lui en venant au monde. Gars et fille célibataire comme marié, il était juste comme une barre droite le grand-père. La guerre a changé les plans, certains sont partis et ne sont pas revenus, mes tantes ont marié leurs copains après la guerre et sont parties vivre à l’extérieur de Lévis parce que les vétérans pouvaient travailler au Fédéral après la guerre, donc j’ai de la parenté qui vit à Gatineau (Hull) encore aujourd’hui, d’autres sont décédés soit accidentellement ou par maladie. Mais les autres nous avons vécu sur les terrains du grand-père paternel collés les uns sur les autres avec les oncles, les tantes, les cousins, et les grands-parents, il y en avait »de la police » pour surveiller les enfants. 🙂 Peu importe qui t’avertissait tu écoutais on vivait comme un clan. Quand le grand-père a vendu ses terrains en trop, il choisissait à qui il vendait, s’il disait lui je ne lui vends pas. Il n’y avait rien pour le faire changer d’idée. Encore aujourd’hui 75-80 ans plus tard ce sont encore les mêmes familles qui demeurent dans notre rue, les maisons se sont vendues et données aux générations suivantes. Et ce pour la majorité des lotissements sur les 4 côtés des 3 rues à côté du collège. Le grand-père il avait la tête dure, tu ne le faisais pas changer d’idée. Mon père était comme cela il analysait une situation et quand il s’était fait une idée il n’en changeait pas facilement et c’est un trait de caractère que j’ai aussi transmis à ma fille et à mes petits-fils.
Mais le plus drôle de cette histoire-là c’est que chez-nous nous étions éduqués disons de manière assez libérales mon frère et moi. On ne se faisait pas achaler pour dire le chapelet comme c’était souvent la coutume dans les familles le soir à 7hre à la radio. On restait à 2 pas du Collège de Lévis mais aussi, aussi près du presbytère et de l’église mais mon père était un esprit »ouvert » et il ne mélangeait pas la religion à toutes les sauces et c’était l’époque de Duplessis il faut s’en souvenir. L’enfer est rouge et le ciel est bleu, tu sais ce que je veux dire et cela s’adonnait que mon père n’était pas ou n’avait la même opinion que le curé de la paroisse, les 2 ne »se sentaient pas du tout à vrai dire ». Tu ne les assoyais pas à la même table au souper mais en plus, tu sais aussi tous les scandales et les problèmes du clergé catho et mon frère les robes noires il n’aimait pas trop cela…si tu vois ce que je veux dire…et il ne leur donnait le bon dieu sans confession, je t’écris cela et je revois mon père et j’en pleure tellement je ris. Mon père avait son entreprise de construction, mon oncle aussi, mes oncles paternels ont tous travaillé dans la construction à différents postes. Tous mes oncles et tantes étaient tous grands et bâtis les femmes autant que les hommes. Moi je fais 5p 2pces mais mon père lui faisait plus de 6 pi et pesait 225 lbs bien comptées, il avait les mains larges comme des raquettes ils étaient tous forts comme je te dis les femmes autant que les hommes.
J’ai vu mon père se fâcher pour la première fois, que moi je me souviens, j’étais allée avec mes parents chercher le bulletin de mon frère au Collège. Mon père n’avait pas aimé la réponse du frère en question qui enseignait à mon frère, la décence m’interdit de t’écrire la réponse mon père qui avait traité le frère de…, ma mère était découragée elle essayait de calmer mon père, moi j’étais jeune et traumatisée je ne comprenais pas ce qui se passait là, je n’avais jamais vu mon père fâché comme cela. Finalement je pense que le frère ou le prêtre avait compris le message parce que mes parents n’ont jamais été invités par la suite à aller chercher le bulletin de mon frère. Je me souviens encore de la réponse de mon père au prêtre et ce n’était pas le langage habituel de mon père. Chez-nous la religion cela a toujours été mollo mollo mais par contre jeune comme mon père était engagé dans toutes les causes communautaires, on a appris jeune à faire du bénévolat j’ai 5-6 ans et mon frère qui était plus vieux lui nous avions 7 ans de différence, toujours notre père nous amenait et nous disait les enfants j’ai besoin de vous autres, laver des jouets dans le mois de décembre la récolte se faisait avec les pompiers qui aidaient à réparer. Ils appelaient cela les chantiers étudiants moi je lavais les jouets chaque vendredi soir. Il nous impliquait dans tout le communautaire. On ne se faisait pas achaler pour la religion, la messe du dimanche mais mon père avait une vision de la religion bien simple à comprendre, ton voisin a besoin d’aide tu l’aides. Le commérage tu ne faisais pas de cela dans la maison chez-nous. Tu vois un peu le genre d’éducation que nous avons reçu, disons que mon père était psychologue, juste et droit comme une barre. C’était sers-toi de ta tête mais la culpabilité inutile ce n’était pas chez-nous imagine quand les Cyniques ont commencé, mon père et mon frère riaient mais riaient. Alors quand mon frère était aller voir les Cyniques on a eu droit au spectacle le dimanche au dîner. Chez-nous c’était comme cela. On était habitué à vivre à couteau tiré avec le curé et les prêtres du Collège et le frère de mon père même physique que mon père mais avec le tempérament plus prompt du grand-père paternel. Chez-nous mon père tenait plus d’Odélie notre grand-mère mais chez mes cousins l’autre bord de la rue c’était sérieux la religion et le clergé. On vivait collé les survivants avec les tantes célibataires et ma marraine c’était la plus jeune de la famille, elle était spéciale elle. Elle aimait les sciences occultes et elle était jeune quand elle a commencé à l’intéresser à cela. Sérieusement elle était médium. Sérieusement.
Mes oncles mes tantes disaient qu’ils ne croyaient pas à cela et ils se faisaient tous tirés aux cartes par elle quand ils voulaient savoir quelque chose. Je ris mais c’est vrai ce que je viens de t’écrire imagine à l’époque des années 60 des plans pour qu’on se fasse excommunier toute la bande par le curé de la paroisse !
Il ne fallait parler de cela à l’époque mais c’est quand même vrai que cela se passait en sourdine. On se promenait d’une place à l’autre. Mais c’était cela aussi l’avantage de vivre en clan collé les uns sur les autres. Tout ce que je viens de te raconter c’est tout ce qu’il y a de plus vrai. La ville de Hearst c’est mon grand-oncle qui a participé à sa fondation avec son beau-frère curé et sa femme qui sont monté là créer cette ville encore francophone dans le Nord de l’Ontario à 92% encore aujourd’hui. Et en plus nous c’est vrai que nous partons tous de la même famille et que nos origines sont françaises.
Notre lignée nul doute possible sur nos descendants sont de la première »moulure » parce qu’on porte le même gène répertorié dans leurs archives médicales le lien est établi entre eux et nous. Notre langue et notre culture on y tient et ce n’est pas d’aujourd’hui comme tu peux voir. Si nos ancêtres étaient assez aventureux pour venir en Nouvelle-France, les descendants eux pouvaient facilement aller fonder une ville francophone dans le Nord de l’Ontario! 🙂 Imagine les Cyniques cela tombait pile dans nos goûts et dans nos traits de caractère…Je les écoutais encore occasionnellement moi aussi sur YouTube quand je voulais rire. J’avoue que je m’ennuie de ce genre d’humour là. Il t’avait des textes… C’était »punché »! Aujourd’hui c’est autre chose mais il faut dire aussi qu’on lisait beaucoup plus alors on avait beaucoup de vocabulaire. J’ai même vu dans une toute petite salle dans le Vieux-Montréal, je pense que c’était dans le sous-sol de l’ancien hôtel Nelson près de l’Hôtel-de-Ville de Mtl, Raymond Lévesque, je ne sais pas si tu connais Matt mais la chanson : » Quand les hommes vivront d’amour » c’est lui l’auteur de cette chanson-là. C’était tout un monologiste, auteur, compositeur interprète trop méconnu c’était un brillant. Il ne mâchait pas ses mots. Il t’avait des textes qui faisaient réfléchir. Il n’y a pas que la langue qui se perd la culture aussi…
Quand même étonnant qu’à une époque comme la nôtre avec toutes les facilités que l’on a électroniquement qu’on soit si peu tourné vers la culture au sens large du terme. C’est quand même aberrant. Et on n’en a pas d’excuse pour cela. On n’en a aucune parce que tous ou à peu près ont un téléphone cellulaire avec internet accessible. Tu n’aimes pas lire, tu as de la difficulté à lire aucun problème tu peux te faire lire un livre tu n’as qu’à l’écouter sur le site de R-Can tu peux te faire lire un livre pendant le temps que tu voyages dans le métro, dans le bus. Les gens qui souffrent de cécité ne s’en prive pas eux. La misère n’est pas que physique et matérielle elle est aussi intellectuelle…et elle est encore plus grave…
Mais une chance que tu es là avec le Blog pour faire découvrir plein d’articles, de sujet dans différents domaines parce que la transmission il faut s’en assurer pour ceux qui vont nous survivre. Un peuple qui ne le fait pas est appelé à disparaître… Alors Merci Matt pour le partage!
Merci Camille! On apprécie ton support. Bon dimanche 🙂