Le rap, c’est un art. Une discipline qui exige du rythme, du flow et une certaine authenticité. Mais parfois, certains artistes ont voulu s’y essayer sans vraiment maîtriser la chose, ce qui a donné lieu à des chansons… disons mémorables, mais pas pour les bonnes raisons ! Certains de ces artistes se sont naïvement dit : « parler sur un beat, c’est facile. Je peux le faire ! »
Je préfère vous avertir, plus vous allez vous enfoncer dans cet article, pire ça sera !
1. Ice Ice Baby – Vanilla Ice (1990)

Vanilla Ice, alias Robert Matthew Van Winkle (oui, ce nom est déjà un poème en soi), est sans doute l’exemple le plus emblématique du rap maladroit.
En 1990, il sort « Ice Ice Baby », qui, pour être honnête, est resté dans les mémoires… mais surtout grâce à son plagiat du « Under Pressure » de Queen et David Bowie.
Si la chanson a rencontré un succès phénoménal (premier titre rap à atteindre la première place du Billboard Hot 100), elle est aussi devenue le symbole du rap en carton. Le flow forcé, les rimes naïves et l’attitude de Vanilla Ice, qui se voulait gangster mais ressemblait plus à un figurant de sitcom, ont fait de « Ice Ice Baby » une vraie joke musicale. L’acteur canadien Jim Carrey en a d’ailleurs fait une parodie savoureuse appelée « White White Baby » !
N’assumant plus sa carrière de rapper, Vanilla Ice a fini par renier son passé hip-hop en recyclant sa vieille toune en Nu-Metal… Le résultat ressemble à du mauvais Limp Bizkit !
Plus tard on l’a revu dans une série d’émission de télé portant sur la rénovation de maison… Et ça non-plus, c’était pas bon !
2. Informer – Snow (1992)

Si vous avez déjà entendu « Informer » de Snow, vous vous êtes sans doute demandé si vous aviez une attaque cérébrale ou si quelqu’un vous parlait en klingon. Sorti en 1992, ce rap signé Darrin Kenneth O’Brien (son vrai nom, qui sonne plus comme celui d’un vendeur de chars usagés que d’un rappeur) est un concentré de charabia.
Bref, un Canadien blanc qui tente de rapper avec un accent jamaïcain caricatural, nous livre ici un texte incompréhensible où seuls « Informer » et « licky boom boom down » sont audibles. Le reste ? Un mélange de mots marmonnés qui donnent l’impression de sortir d’un « blender » ! Cette abomination a également été parodié par l’hilarant Jim Carrey qui a baptisé son œuvre « Imposter » !
Malgré tout, la chanson a connu le succès commercial, prouvant que parfois, on peut devenir une star sans que personne ne comprenne un mot de ce qu’on dit.
3. Le rap à Billy – Lucien Francoeur (1983)

Lucien Francoeur, connu pour sa poésie, ses expérimentations musicales et son amour du rock, a voulu tenter sa chance dans le rap… et on aurait préféré qu’il s’abstienne. « Le rap à Billy », sorti en 1983, est une tentative de raconter l’histoire d’un certain Billy, mais avec un flow digne d’un mononcle sur la brosse qui improvise à un mariage.
Avec le temps, la musique et les paroles du Rap à Billy ont aussi bien vieilli qu’un verre de lait oublié au soleil ! Disons que la chanson aurait mieux fait de rester un brouillon sur la napkin où elle a probablement été créée. On préfère se souvenir du travail de Francoeur avec son excellent groupe Aut’chose !
4. Le rapper chic – Boyfriend (2011)

Là on tombe dans les bas-fonds… « Le rapper chic » de Boyfriend est un désastre auditif inégalé. Boyfriend, un personnage sorti de nulle part, tente de rapper avec une voix faussement noble sur une musique de merde !



Voyez-le s’humilier publiquement avec cette désolante prestation où le Boyfriend fait un mauvais lip-sync en dansant comme un épais à la télé française !
Et les paroles ? Un festival de prétention et de malaise, où l’artiste se vante d’être un « rapper chic » tout en débitant des rimes à la hauteur d’une rédaction de deuxième année primaire dont il n’est même pas l’auteur. En réalité, c’est l’acteur québécois Manuel Tadros qui aurait écrit cet outrage à la culture hip-hop ! On le voit d’ailleurs dans le clip avec un gros chapeau tenter de donner un peu de style à cette cochonnerie !
Niveau crédibilité, on est à mi-chemin entre un influenceur Instagram et un fils de riche qui aurait trop forcé sur le champagne. Résultat : un flop monumental qui a au moins eu le mérite de nous faire rire.
5. Le pape du rap – Daniel Lavoie (1984)

Quand on pense à Daniel Lavoie, on se souvient plutôt de « Ils s’aiment », une belle chanson douce et poétique. Mais saviez-vous qu’en 1984, il a tenté une incursion dans le monde du rap ? Le résultat : « Le pape du rap », un titre qui ferait défroquer n’importe quel prêtre catholique !

Daniel Lavoie, avec sa voix de crooner, tente de poser des rimes sur un beat approximatif, tout en nous expliquant qu’il est « le pape du rap ». Autant dire que personne n’a cru à cette conversion musicale, et que ce morceau a été rapidement enterré par l’histoire. Dans son clip, Lavoie arrive déguisé en cliché de rapper old school mais il a plutôt l’air du vieux prof qui essaie d’être cool avec ses élèves qui roulent des yeux devant ses efforts ! MALAISANT !!!!
Si Vanilla Ice était risible, Lavoie était juste… perdu. Mais bon, on lui pardonne, vu qu’il nous a quand même offert quelques belles balades par la suite.
Si ces chansons cringes sont aujourd’hui considérés comme des catastrophes, elles ont tout de même marqué l’histoire… à leur manière. Certaines ont connu un succès inattendu, d’autres sont restés des perles méconnues du malaise musical dont je me suis fait un devoir de vous rappeler l’existence !
Y a pas de quoi !
Cinq rappers ratés du Québec et d'ailleurs qui ont contaminé la culture hip-hop de la pire des façons !Partager cette trouvaille!Partager!Envoyer par courrielEnvoyer!






