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Ça vient d’où les vacances de la construction ?

Vacances de la construction : une tradition unique en Amérique !

Chaque été, vers la fin du mois de juillet, une portion importante du Québec semble ralentir, les routes se remplissent de campeurs et de vacanciers, les hôtels et les chalets affichent complet, et les plages sont bondées de familles en congé. La période des « vacances de la construction », est un congé unique en Amérique du Nord qui touche directement l’industrie de la construction, mais dont les effets s’étendent bien au-delà du marteau et des échafaudages.

Une origine syndicale et légale

L’histoire des vacances de la construction remonte à 1970, année où le gouvernement du Québec, sous pression syndicale, adopte une réglementation afin de fixer une période commune de congés pour tous les travailleurs de l’industrie de la construction. Avant cela, les congés étaient variables, ce qui posait problème dans un secteur où les chantiers nécessitent une coordination entre de nombreuses équipes spécialisées. Ce manque d’uniformité nuisait à l’efficacité des projets et à la planification des employeurs.

À l’initiative des grandes centrales syndicales du secteur, notamment la FTQ-Construction et le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International), une entente est conclue : tous les travailleurs de la construction auront deux semaines de vacances obligatoires à la même période. L’idée est aussi sociale : permettre aux familles de planifier leurs vacances ensemble, puisque beaucoup de conjoints ou enfants de travailleurs suivent le même calendrier.

Depuis, ces deux semaines de congé, généralement les deux dernières de juillet,  sont devenues une tradition. L’expression « vacances de la construction » est entrée dans le langage courant et désigne aujourd’hui bien plus qu’un simple congé professionnel.

Une portée bien plus large que la construction

Bien que ces vacances aient été créées pour l’industrie de la construction, elles touchent maintenant l’ensemble de la société québécoise. On estime que près du quart de la population active profite directement ou indirectement de cette période pour prendre congé. De nombreux secteurs, comme le transport, l’usine, les services publics et même certains bureaux, synchronisent leurs vacances sur ce calendrier.

Cela s’explique en partie par le fait que l’industrie de la construction emploie environ 300 000 personnes au Québec, auxquelles s’ajoutent les membres de leur famille. Cette concentration des vacances en une courte période entraîne un effet d’entraînement : commerces fermés, camps de jour en pause, entreprises ralentissant leur rythme, etc.

Un moteur touristique majeur

L’impact des vacances de la construction sur le tourisme québécois est immense. Cette période devient la haute saison estivale par excellence : le taux d’occupation des hôtels atteint des sommets, les campings affichent complet, et les régions touristiques, notamment la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine, le Bas-Saint-Laurent, Charlevoix, les Laurentides ou encore la Côte-Nord, voient affluer des dizaines de milliers de vacanciers québécois.

Selon des données de l’Alliance de l’industrie touristique du Québec, environ 40 % des Québécois qui prennent des vacances durant l’été le font pendant ces deux semaines précises. L’effet de concentration entraîne une hausse significative de la consommation : essence, restaurants, activités de plein air, hébergement, excursions, etc. Cela crée un boom économique saisonnier, particulièrement vital pour les régions éloignées qui dépendent fortement du tourisme estival.

La plupart des économistes estiment que les vacances de la construction génèrent des retombées de plusieurs centaines de millions de dollars chaque année dans l’économie québécoise. Les commerces locaux, les festivals, les marchés publics et les producteurs agroalimentaires profitent aussi directement de cette manne.

Les médias québécois suivent d’ailleurs chaque année le début de ces vacances comme un événement en soi : reportages sur les routes achalandées, entrevues avec des vacanciers, prévisions météo, conseils pour éviter les bouchons ou les foules.

Une tradition qui perdure

Bien que certains aient déjà soulevé l’idée de réviser cette pratique pour mieux répartir les vacances à travers l’été, le modèle actuel perdure. Sa stabilité, sa popularité et son efficacité dans la coordination des chantiers en font une tradition difficile à remettre en question. De plus, les avantages économiques et sociaux sont largement reconnus par les différents acteurs concernés.



Comment les vacances de la construction sont devenues une institution québécoise ?
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François Paquette

Animateur de radio, podcaster et blogueur.

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