C’est dans la petite ville de La Tuque que Félix Leclerc naît le 2 août 1914. Félix est le sixième d’une famille de onze enfants. Son père, Léonidas Leclerc, est un commerçant prospère, bien que peu instruit, tandis que sa mère, Fabiola Parrot, est issue d’une lignée française. Félix grandit dans un environnement où les valeurs familiales, l’amour de la nature et les histoires racontées par ses parents occupent une place centrale. Il développe dès son jeune âge une passion pour les mots et la musique, influencé par les contes de sa mère et l’ambiance chaleureuse de la maison familiale.

Il effectue ses études primaires chez les frères maristes à La Tuque. À l’âge de 16 ans, il poursuit ses études secondaires au juvénat d’Ottawa, où il suit des cours de belles-lettres et de rhétorique. Cependant, la Grande Dépression des années 1930 l’oblige à interrompre ses études et à retourner auprès de sa famille, qui s’est installée à Sainte-Marthe-du-Cap, près de Trois-Rivières. Là-bas, il aide ses parents à exploiter une ferme, tout en nourrissant son intérêt pour la littérature et le théâtre.



En 1934, Félix Leclerc devient animateur à la station de radio CHRC à Québec. C’est à cette époque qu’il acquiert sa première guitare à crédit et compose sa première chanson, « Notre Sentier ». En 1937, il rejoint Radio-Canada, où il écrit des scénarios et des pièces de radio-théâtre. Il participe également comme acteur à plusieurs feuilletons radiophoniques, ce qui lui permet de se faire connaître et d’affirmer son talent de conteur et de musicien.


Au début des années 1940, après avoir été refusé par l’armée lors de la Seconde Guerre mondiale en raison de problèmes de santé, Félix se consacre davantage à sa carrière artistique. Il se joint à une troupe de théâtre et joue dans plusieurs pièces où son talent est remarqué.

Le tournant décisif de sa carrière survient en 1950, lorsqu’il est repéré par le producteur français Jacques Canetti. Ce dernier organise l’enregistrement de douze chansons de Félix dans une station de radio à Montréal avant de l’inviter en France. Félix Leclerc y connaît un succès immédiat et décide d’y rester trois ans. Il se produit dans des salles prestigieuses et participe à des émissions de radio et de télévision, séduisant le public par la simplicité et la profondeur de ses textes.

Son succès ne se limite pas à la France. Il se produit également en Suisse, en Italie et en Afrique du Nord, contribuant à faire connaître la chanson québécoise à l’international. Ses chansons, telles que « Moi, mes souliers », « Le P’tit Bonheur » et « Bozo », deviennent des classiques et sont reprises par de nombreux artistes.
En 1953, Félix Leclerc retourne au Québec, fort de sa renommée internationale. Il s’installe sur l’île d’Orléans, où il trouve l’inspiration pour écrire et composer. Il devient une figure centrale du mouvement nationaliste québécois, utilisant sa notoriété pour promouvoir la langue française et la culture québécoise. Ses chansons reflètent son amour pour son pays et son peuple, abordant des thèmes tels que la liberté, l’identité et la nature.
Un vibrant hommage à Félix Leclerc :
Son engagement lui vaut de nombreuses distinctions, dont le Prix Calixa-Lavallée en 1958 et le Prix de musique de la province de Québec en 1968. Il est également fait Officier de l’Ordre du Canada en 1968, Grand Officier de l’Ordre national du Québec en 1985 et chevalier de Légion d’Honneur en France en 1986.

Félix Leclerc continue de créer et de se produire jusqu’à la fin de sa vie. Il publie plusieurs recueils de poèmes et d’essais, témoignant de sa réflexion sur l’art, la société et la condition humaine. Le 8 août 1988, il s’éteint à l’âge de 74 ans sur son île d’Orléans, laissant derrière lui un héritage culturel immense.

Son influence sur la chanson québécoise est indéniable. Il a ouvert la voie à des artistes tels que Gilles Vigneault et Robert Charlebois, contribuant à l’émergence d’une chanson francophone authentique et engagée. Ses œuvres sont enseignées dans les écoles et continuent d’inspirer de nouvelles générations d’artistes.



Plusieurs hommages lui sont rendus après sa mort. L’île d’Orléans abrite aujourd’hui l’Espace Félix-Leclerc, un lieu dédié à la promotion de la culture et des arts. Des parcs, des écoles et des rues portent son nom, perpétuant ainsi sa mémoire et son œuvre. En 2000, la Poste canadienne émet un timbre à son effigie, reconnaissant son apport exceptionnel à la culture et à la chanson francophone.
Félix Leclerc fut le premier grand ambassadeur de la culture québécoise à l'étranger.Partager cette trouvaille!Partager!Envoyer par courrielEnvoyer!






