Le Jour du Drapeau

Le Jour du Drapeau

Le 21 janvier 1948, le fleurdelisé prenait la place de l’Union Jack, drapeau britannique, au sommet de la tour centrale de l’Hôtel du Parlement. Par décret, le gouvernement du Québec lui avait accordé, le matin même, le statut de « drapeau officiel du Québec ».

Officiellement donc, le drapeau du Québec n’a qu’un demi-siècle. Cette jeunesse n’est cependant qu’apparente. En réalité, les éléments et les couleurs du drapeau sont présents en Amérique depuis des centaines d’années.

À partir du moment où Jacques Cartier utilise la fleur de lis comme emblème en terre d’Amérique jusqu’à la cession de la Nouvelle-France à la Grande-Bretagne, nombre d’étendards ou de pavillons se sont succédé sur le territoire du Québec.

Les représentants du roi et les miliciens ont arboré des drapeaux qui comprenaient un, deux ou même trois éléments qui allaient finalement se retrouver, quelque trois cents ans plus tard, dans la composition du drapeau québécois.

La fleur de lis, un des plus anciens emblèmes

La fleur de lis qui apparaît sur le drapeau du Québec est l’un des plus anciens emblèmes du monde. Trois mille ans avant notre ère, on l’utilisait déjà chez les Assyriens comme emblème ou motif décoratif. On la voit ensuite en Inde, puis en Égypte, en Grèce, à Rome et en Gaule. Certains l’ont fait dériver de l’iris, fleur jaune qui croissait sur les rives de la Lys, cours d’eau de Belgique. D’autres y reconnaissent un trident ou une pointe de flèche.

Source: Site de Justice Quebec

Le 21 janvier 1948, le fleurdelisé prenait la place de l’Union Jack, drapeau britannique, au sommet de la tour centrale de l’Hôtel du Parlement. Par décret, le gouvernement du Québec lui avait accordé, le matin même, le statut de « drapeau officiel du Québec ».




Matt

Pédagogue, historien, développeur web, webmaster, souverainiste, tantôt de gauche, tantôt de droite, maladroit et baveux. Mathieu est le fondateur du Blogue du Québec et il blogue également à propos de ses passions sur Le Chef Cuisto et Du hockey plein la gueule!

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8 réponses

  1. Vallée dit :

    Il faudrait remercier Maurice Le Noblet Duplessis, premier ministre et député de Trois-Rivières pour ce magnifique héritage!

  2. Matt dit :

    Il n’a pas fait que du mauvais le bon vieux Maurice.

  3. Matt dit :

    J’ai modifié la photo pour quelques choses de plus représentatif au moment 🙂

  4. Vallée dit :

    Dans le temps que ça s’appelait l’Assemblée législative 🙂

  5. Votre ami dit :

    J’entrevois l’histoire d’un Québec nouveau, chez lui et aux yeux des autres nations. L’un et les autres me semble-t-il sont mûrs pour une leçon de sagesse.

    Un discours enraciné

    L’histoire écrite enseigne encore, sous la plume d’auteurs tel Isaiah Berlin, que les ‘grandes victoires’ des peuples conquérants (tels les Romains, Anglo-saxons, Français et Chinois de l’Asie contemporaine) sont généralement le fait d’un esprit dominant, d’une supériorité diversement exprimée et d’autres ingrédients forts de la ‘Gloire’. Par voie de contraste, les peuples vaincus (tels les Basques, Français d’Amérique et Tibétains), sauf à faire preuve du contraire (…), se trouveraient confinés à l’ombre de cette dominance, cette supériorité, cette force.

    Ce rapport entre dominants et dominés, grossièrement dépeint, est entretenu dans l’imaginaire populaire par des individus qui en tirent bénéfice et par des institutions qui en consolident la base idéologique. L’omniprésence de cette idéologie ne fait pas place au doute. Elle meuble le quotidien dans ses discours, ses images, ses symboles. « Je me souviens » est la devise fort bien publicisée des Québécois ; elle est aussi celle des citoyens franchissant les portes des musées nationaux qui définissent à leur manière ce dont (et donc comment) il faudrait se souvenir.

    Entre peuples (qui furent) conquérants, la mémoire est plus mal partagée et plus conflictuelle encore, dans la mesure où l’histoire recèle d’exemples de ‘forces’ et de ‘faiblesses’ sur lesquelles l’un et l’autre des ex-belligérants peuvent asseoir leur égo batailleur en mettant leurs ‘prouesses’ en relief et leurs ‘défaites’ en sourdine. Ainsi sont nées les expressions ‘fuir à l’anglaise’ et ‘take the French leave’ pour désigner semblablement la fuite d’un ‘lâche’, d’une rive à l’autre de la Manche (ou du ‘English Channel !)…

    Dans l’esprit de celui qui se souvient – qui se souvient de cette façon là – il est plus simple de pressentir la confiance de son peuple, dans ce qu’elle a de téméraire, lorsqu’on se dit par exemple ‘American’ (étatsunien). Il peut par ailleurs sembler plus naturel d’appréhender l’insécurité de son peuple et de valoriser l’esprit de résistance, lorsqu’on se dit, par contraste, ‘québécois’. Le magnifique symbolisme du film québécois Léolo est une fenêtre ouverte sur l’échafaudage instable de cette identité étrangement fabriquée.

    L’idéologie de la grande gloire est ancienne, mais contrairement à ce qu’on laisse croire, elle n’offre rien d’inéluctable. Comme l’histoire du monde écrite, elle résulte en partie du soutien aveugle accordé à la pensée de certains hommes (plus rarement des femmes ?) qu’on se plaît à présenter comme des historiens à la recherche de la vérité. Or la vérité est le plus souvent fuyante dans l’interprétation des faits historiques. On peut décrire ou compter bien les boulets, les cadavres, les transactions financières, les lois, les naissances, les inspections, les interventions des députés et ce qu’on veut bien observer d’autre, mais nul n’aura jamais le monopole entier de l’usage des mots ‘victoire’ et ‘défaite’. Nombre d’années après la lutte des plaines d’Abraham, les descendants des Français d’Amérique sont-ils toujours ‘perdants’ ? A l’aune des prédictions de Lord Durham, la question n’a quasiment plus de sens. Le peuple majoritaire du Québec moderne non seulement se distingue-t-il originalement des peuples anglo-saxons, mais il le fait, bien vivant, dans la recherche du respect de cette différence. Par l’intermédiaire de ses institutions, il tente semblablement de s’exprimer, sauf erreur et exceptions, à l’endroit d’autres peuples du monde. Cela n’est pas dire qu’il le fait typiquement mieux que les autres. Cela n’est pas dire non plus qu’il contrôle tous les leviers financiers de son développement.

    Une des maximes de Montaigne, gravées au plafond de la tour du château où il méditait quotidiennement, fascine toujours : ‘Ce ne sont pas les choses qui causent le malheur des hommes, mais les idées que ceux-ci se font de ces choses’. Et voilà que le discours du patriote québécois qui se souvient a préservé sa virilité, comme l’idée du devoir historique de former démocratiquement un pays qu’on dirait alors indépendant – c’est dire aussi ‘gagner’ pacifiquement la Bataille. J’affirme en revanche qu’en fait, le Québec est probablement plus libre que certaines idées enracinées ne le laissent entendre.

    Un Québec nouveau

    C’est ici, dans un esprit plus cosmopolite, que j’entrevois pour le Québec un rôle significatif dans la conduite future des nations minorisées qui depuis longtemps ont flirté, non sans obstacles, avec l’idée de ‘gagner’ à la mode ancienne des luttes d’affirmation nationale (e.g., les nations occupant la Catalogne, le Pays Basque, les territoires amérindiens, le Kashmire et la Corse, entre autres candidates potentielles). Pour la première fois en Occident, un peuple minorisé saurait-il officiellement renoncer conditionnellement à redéfinir la carte géopolitique, en considération des attentes aussi légitimes d’une nation majoritaire assagie, non violemment oppressive par devers ses minorités? Dans un nouvel esprit mondial, les effets multiples de la division territoriale d’une nation majoritaire pacifique, sur cette même nation, sauraient-ils être étudiés avec autant de sérieux que les ressorts de cette division ? Il s’agirait en définitive de rompre avec la dialectique ancienne et d’insuffler une pensée solidaire dans la gestion des affaires internationales, en maintenant ferme le gouvernail de la paix dans la mise en valeur des différences culturelles. René Levesque avait-il envisagé tous les moyens pacifiques d’affirmation nationale avant de déclarer – je le cite approximativement – que ‘le Québec se passerait du reste du Canada plus aisément que celui-ci ne se passerait du Québec’. Sans grands doutes avait-il raison, pour des motifs non économiques, mais cette pensée de lui s’articule mal avec le nouvel esprit dont le Québec pourrait colorer l’ordre international.

    Pourrait-on ainsi envisager l’établissement d’un Parlement mondial réunissant des représentants du Québec, de la Catalogne, du Pays Basque, de la Corse, du Pays de Galles, de l’Écosse, du Tamil Nadu, entre autres nations) avec la promotion et la reconnaissance pacifique de la diversité culturelle au premier ordre du jour. Des politiques d’éducation, d’immigration et de recherches comparées, des programmes de promotion et d’échanges culturels, des salons littéraires, des forums internationaux de discussion, seraient au nombre des plans à envisager, dans un esprit de dialogue avec les instances internationales existantes.

    Le Parlement des nations minorisées (faudrait-il sans doute lui donner un nom plus convenable – le ‘Conseil des Nations Libres’ ?) disposerait d’une base permanente ou plurielle et rotative, au choix de représentants réunis en conseil constitutionnel. Sa composition ainsi que les règles de son fonctionnement régulier et exceptionnel seraient déterminées à la lumière de principes généraux reconnus au sein d’un texte fondateur original. Son établissement dépendra de la volonté politique exprimée via une première communauté de partis avisés. Ceux du Québec en seront-ils les pionniers ?

    Ce Parlement indépendant répondrait non seulement à des besoins légitimes d’affirmation culturelle, mais offrirait par ailleurs aux autres nations une leçon de sagesse et de solidarité que l’Histoire cette fois aurait du mal à ignorer. A Katmandou, Népal, où ce projet parlementaire suscite l’intérêt de politiciens tibétains en exil, victimes de l’oppression gouvernementale chinoise, l’on peut mieux apprécier la portée de la ‘victoire’ (!?) québécoise. De même qu’en Inde, par contraste, où la ‘normalité des choses’ veut qu’on reconnaisse dix-huit (18) langues officielles. Unies, les nations minoritaires exerceraient en outre plus solidement leurs pouvoirs locaux …

    L’avocat du diable n’aura pas tort de souligner que la réalisation de ce projet requiert la participation d’autres nations minorisées sur lesquelles le Québec n’exerce aucun contrôle. Il ajoutera également que des États indépendants indirectement intéressés, comme le Canada, n’accorderaient pas tout le soutien désiré par un Québec-leader (dans un scénario plutôt optimiste) ou poseraient possiblement des obstacles au projet parlementaire (dans l’alternative). Il faut en réponse préciser que l’influence du Québec, dans l’établissement d’un parlement mondial, sera proportionnelle à la qualité de son projet et à la conviction qui l’animera, toutes mesures considérées. L’accord ou le désaccord d’Ottawa, explicite ou implicite, vis-à-vis de cette nouvelle création internationale, se poserait d’une manière exemplairement décisive. Un désaccord, ouvert ou couvert, serait le signe d’une véritable oppression à l’endroit d’une province qui ne chercherait qu’à affirmer pacifiquement sa différence dans le respect de la construction identitaire canadienne anglaise. Un signe d’accord serait plus sérieusement envisageable si l’on doit compter sur la légendaire ‘flexibilité’ des politiques anglo-saxonnes. On ne doit pas en douter : un Canada obstructif ne ferait que légitimer un recours à l’ancien réflexe, c’est-à-dire un retour à la quête traditionnelle de la souveraineté politique du Québec. Ce qu’on appelle la bonne foi, dans les relations canado-québécoises, en est essentiellement l’enjeu.

    Dans l’édition du journal Le Devoir du 25 avril 2006, l’auteur Yves Beauchemin affirme que « [s]i la liberté d’un peuple n’était pas une condition fondamentale de son bonheur, est-ce que tant d’hommes et de femmes tout au long de l’histoire auraient combattu pour elle ? ». La question est centrale et plutôt bien posée. Elle est néanmoins suggestive : qui se targuerait aujourd’hui de connaître les limites de ce que pourrait être un Québec libre, dans le cœur de ce peuple valeureux ?

    On célèbrera plus certainement, un beau jour d’hiver, la prose de Ducharme à Bilbao et la poésie de Valluvar à Barcelone, quand il y ‘farà fred’ – comme sur Gaspé… ou presque !

  6. Pierre dit :

    Bonjour,

    je vous écrit de France. Votre beau drapeau a pris sa place officielle le 21 janvier 1948. Pour un Français, les lis, le 21 janvier, cela rappelle la mort de Louis XVI, le 21 janvier 1793. Lors d’une de mes lectures j’avais rencontré un jour une citation d’un officiel québéquois (qui était-ce, je ne sais plus)qui, à l’occasion de l’inauguration de votre drapeau, avait dit en substance quelque chose comme « le Québec relève les lis de France ». Mais impossible de remettre la main sur cette citation, ses termes exacts et son auteur. Pourriez-vous m’aider ?

    Cordialement, Pierre Gabarra

  7. Pierre dit :

    Heu… je vous « écris », pas je vous « écrit »…

    Cordialement, Pierre Gabarra

  1. 23 janvier 2008

    […] Le jour du drapeau […]

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