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Les plus grands classiques de la littérature québécoise

Tu connais vraiment la littérature québécoise ? Voici les œuvres cultes

Nul ne peut réussir à mieux capturer l’esprit d’un peuple ou d’une époque que les écrivains. Si vous souhaitez vous plonger dans la psyché de la Belle province, pas besoin d’attendre le 12 août pour acheter l’un des dix livres québécois suivants, qui comptent parmi les plus grands classiques de la littérature d’ici.

Le Survenant

Publié par Germaine Guèvremont en 1945, Le Survenant est le plus connu de tous les romans du terroir canadien-français. L’histoire raconte l’arrivée d’un étranger, un soir d’automne, dans une famille du chenal du Moine, près de Sorel. Le passage de cet homme transforme complètement la vie de cette petite communauté, jusque-là fermée au monde. Après avoir bouleversé le quotidien des habitants, il repartira comme il est venu, non sans avoir suscité de grandes rivalités dans son sillage. Immense classique de la littérature québécoise, ce livre est d’abord et avant tout un grand roman d’amour et de liberté.

Bonheur d’occasion

Rompant avec la tradition d’une littérature jusque-là rurale, Gabrielle Roy campe son intrigue à Montréal, dans le quartier ouvrier de Saint-Henri, alors que la province souffre encore des conséquences de la Grande Dépression. On y suit Florentine Lacasse, une jeune femme de 19 ans qui aide ses parents à subsister en travaillant comme serveuse dans un restaurant, ainsi que le triangle amoureux entre elle, un certain Jean Lévesque, et son ami Emmanuel Letourneau, un soldat en permission. Étudié dans toute la francophonie, Bonheur d’occasion est considéré comme le grand roman québécois de la Seconde Guerre mondiale.

Prochain épisode

Paru en 1965, Prochain épisode est le tout premier roman d’Hubert Aquin. Le récit a la particularité de compter deux narrateurs. Le premier est un révolutionnaire interné dans l’aile psychiatrique d’une prison de Montréal; le second est le protagoniste du roman d’espionnage qu’il écrit en attendant son procès. À l’image de leur créateur, ces deux personnages sont politiquement engagés, envisagent le suicide, et leur sort reflète celui du peuple auquel ils appartiennent. Véritable symbole de la Révolution tranquille, ce livre a fait d’Aquin l’un des romanciers les plus influents de l’histoire de la littérature québécoise.

Une saison dans la vie d’Emmanuel

Marie-Claire Blais dresse un tableau impitoyable et ironique du quotidien d’une famille à l’époque de la Grande Noirceur avec Une saison dans la vie d’Emmanuel. Emmanuel, le dernier-né d’une famille de 16 enfants, est élevé par la toute-puissante grand-mère Antoinette. Dans la vie des frères et des sœurs d’Emmanuel règne la misère, l’inceste, la corruption, la délinquance et l’étroitesse d’esprit, mais la poésie et la rébellion des enfants s’élève contre ce monde vicié. Si certains ont reproché à ce roman de dresser un portrait plutôt sombre du Québec, il a fait de Marie-Claire Blais une écrivaine de stature internationale.

Agaguk

Avec son récit réaliste et sa narration sobre et efficace se situant à mi-chemin entre le roman policier et l’étude ethnologique, Yves Thériault dresse un portrait cru de la vie des Inuits des années 1940 dans Agaguk. Il décrit au passage l’évolution de la société québécoise, qui abandonne peu à peu les vieilles traditions pour s’ouvrir aux valeurs individuelles. Tout premier roman dépeignant la vie inuite dans la Belle province, le livre s’est rapidement imposé comme un incontournable dans toute la francophonie. Récompensé du Grand Prix de la province de Québec et traduit en sept langues, il s’est écoulé à plus de 300 000 exemplaires.

Les Plouffe

Composée de la mère Joséphine, une fervente catholique qui s’occupe de son foyer, du père, Théophile, un nationaliste anti-anglais farouchement contre la conscription qui perdra son emploi de typographe à cause de ses convictions, et de leurs quatre enfants (Cécile, Napoléon, Ovide et Guillaume), la famille Plouffe a profondément marqué la culture québécoise. Le roman de Roger Lemelin a été adapté en radioroman et en téléroman dans les années 1950, Gilles Carles a réalisé une version cinématographique en 1981, et en 2019, une pièce de théâtre reprenant cette saga familiale a vu le jour, prouvant qu’elle est toujours aussi pertinente.  

Les fous de Bassan

Divisé en six chapitres narrés par cinq personnages différents, Les fous de Bassan s’articule autour de la disparition de deux cousines à Griffin Creek, un petit village imaginaire de la péninsule gaspésienne, durant l’été 1936. Raconté depuis le point de vue de plusieurs habitants différents, le récit, structuré sous la forme de journaux intimes écrits par les protagonistes, se promène entre passé et présent, et sa fin vient à la fois conclure et épaissir le mystère. Anne Hébert est une figure de proue de la littérature féminine au Québec, et ce roman magistral ne laisse personne indifférent. 

Le Matou

Un couple de jeunes Montréalais, Élise et Florent, caresse depuis longtemps le rêve d’acquérir La Binerie Mont-Royal quand Egon Ratablavasky, un mystérieux mécène, surgit dans leur vie pour leur offrir l’objet de leur désir sur un plateau d’argent. Se greffent à ces personnages Émile, un jeune garçon naufragé de la rue qui trouve refuge dans le restaurant, et un chat, qui sera appelé à devenir le héros du roman. Vendu à plus d’un million d’exemplaires et traduit dans seize langues, Le Matou, le livre phare d’Yves Beauchemin, a même eu droit à une adaptation cinématographique, ainsi qu’à une comédie musicale.

Chroniques du Plateau-Mont-Royal

Prolifique romancier et dramaturge dont les pièces sont jouées dans le monde entier, plusieurs œuvres de Michel Tremblay auraient pu trouver leur place parmi les plus grands classiques de la littérature québécoise. Pourtant, regroupant six récits, dont La Grosse Femme d’à côté est enceinte ou Thérèse et Pierrette à l’école des Saints-Anges, Les Chroniques du Plateau-Mont-Royal constituent une œuvre majeure de cet auteur né sur le Plateau, puisqu’il y évoque l’histoire de ce faubourg populaire de Montréal durant les années 1940, la vie de ses habitants, ainsi que leurs rêves et leurs amours.

L’avalée des avalés

Véritable énigme, Réjean Ducharme a vécu toute sa vie dans l’anonymat, et seules deux photos de lui sont connues du public. À l’âge de 24 ans, après des tentatives infructueuses pour se faire publier au Québec, il fait paraître en France son tout premier roman, L’avalée des avalés, qui connaîtra un immense succès instantané. Se présentant comme le journal intime de Bérénice Einberg et relatant le monologue intérieur de la jeune fille révoltée et anticonformiste qui rejette le monde des adultes et les valeurs traditionnelles, cette œuvre est considérée comme une référence dans le paysage romanesque du Québec et de la francophonie internationale.



La littérature québécoise regorge de trésors parfois oubliés : redécouvrez les classiques qui ont marqué l’histoire.
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probert

Patrick Robert prête sa plume à de nombreux magazines, sites Web et autres publications québécoises depuis maintenant plus de deux décennies. Féru de culture populaire, d’histoire et de faits insolites, il partage ses passions et ses découvertes avec les lecteurs du Blogue du Québec depuis 2023.

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