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Sept films centenaires qui ont marqué l’Histoire du cinéma

Ces 7 films ont plus de 100 ans !

À la fin du XIXe siècle et au début du XXe, le cinéma n’est encore qu’un médium expérimental, à mi-chemin entre la science, le spectacle forain et l’art visuel. Pourtant, en quelques décennies à peine, certains films jettent les bases du langage cinématographique moderne. Les œuvres suivantes, toutes âgées de plus de cent ans, témoignent de cette période fondatrice où tout restait à inventer.

Un Homme de têtes (1898)


Réalisé par Georges Méliès, ancien illusionniste devenu cinéaste, Un Homme de têtes est un court métrage d’une minute dans lequel Méliès se dédouble littéralement à l’écran. Il y incarne un homme qui se coupe la tête, puis en aligne plusieurs sur une table, chacune semblant vivante.

Méliès est à la fois réalisateur, acteur et technicien. Le film marque l’une des premières utilisations sophistiquées du trucage par arrêt de caméra et surimpression. L’anecdote souvent citée veut que ces effets aient été découverts par accident lors d’un blocage mécanique de la caméra, une légende partiellement vraie que Méliès a lui-même contribué à entretenir.

Le Voyage dans la Lune (1902)


Toujours signé Méliès, ce film de 14 minutes s’inspire librement de Jules Verne et H.G. Wells. Une troupe d’astronomes est propulsée sur la Lune à l’aide d’un obus géant. Le célèbre plan du visage lunaire transpercé par la capsule reste l’une des images les plus reconnues de l’histoire du cinéma.

Méliès y joue le professeur Barbenfouillis, entouré d’acteurs issus du théâtre. Le film impressionne par ses décors peints, ses costumes et ses effets spéciaux artisanaux. Longtemps piraté et exploité sans autorisation, il a contribué à la ruine financière de son créateur malgré son immense influence.

Le Cochon danseur (1907)


Connu sous son titre original Le Cochon danseur (The Dancing Pig), ce court métrage français réalisé par Pathé met en scène un cochon anthropomorphe dansant avec une femme. Dans le costume se cache un humain qui peut générer des expressions faciales étranges au visage du porcidé. La scène finale donne au film une dimension à la fois grotesque et dérangeante pour le public moderne.

Le cochon danseur illustre l’attrait de l’époque pour le burlesque et les transformations corporelles. Le film circule aujourd’hui surtout dans des compilations de cinéma primitif, accompagné du mythe persistant (mais clairement faux !) qu’un véritable animal aurait été utilisé.

The Birth of a Nation (1915)


Réalisé par D.W. Griffith, ce film américain de plus de trois heures constitue un tournant technique majeur : montage alterné, mise en scène des batailles, narration épique. Il met en vedette Lillian Gish et Henry B. Walthall. Toutefois, son contenu idéologique pose un problème majeur : le film glorifie le Ku Klux Klan et véhicule une vision ouvertement raciste de l’histoire américaine.

Dans cette scène révoltante, l’homme noir qui est lynché est joué par un blanc maquillé d’une « black face » :

Son impact est immense, à la fois sur le plan cinématographique et social, puisqu’il contribue à la résurgence du Klan dans les années 1910. Il demeure un exemple central du débat entre innovation artistique et responsabilité morale. Le film est considéré comme un chef-d’œuvre technique, mais son message est abjecte et indigne d’une société civilisée.

Pour en savoir plus sur Ku Klux Klan :

Nosferatu (1922)


Réalisé par F.W. Murnau, Nosferatu est une adaptation non autorisée de Dracula de Bram Stoker. Max Schreck y incarne le comte Orlok, une créature au physique inquiétant, loin du vampire séduisant popularisé plus tard. Le film appartient au courant expressionniste allemand, avec ses jeux d’ombres, ses décors stylisés et son atmosphère oppressante.

Les héritiers de Stoker intentèrent un procès et obtinrent théoriquement la destruction de toutes les copies. Le fait que le film ait survécu a nourri le mythe selon lequel Schreck aurait été un véritable vampire, une rumeur grotesque mais tenace !

Pour connaître le vrai Dracula :

Le Cuirassé Potemkine (1925)


Œuvre de Sergueï Eisenstein, ce film soviétique reconstitue la mutinerie de marins russes en 1905. Il n’a pas de vedettes au sens traditionnel, Eisenstein privilégiant des acteurs non professionnels. Sa séquence des escaliers d’Odessa, avec son montage rythmique et émotionnel, devient une référence étudiée dans toutes les écoles de cinéma.

Le film exerce une influence profonde sur la théorie du montage et la propagande visuelle. Bien que les événements soient largement réinterprétés, l’impact esthétique du film est indéniable.

The Gold Rush (1925)


Réalisé, écrit et interprété par Charlie Chaplin, The Gold Rush met en scène le vagabond dans le contexte de la ruée vers l’or du Klondike. Aux côtés de Georgia Hale et Mack Swain, Chaplin mêle comédie et drame avec une maîtrise exceptionnelle du rythme et du geste.

La scène où il mange une chaussure bouillie est devenue légendaire; Chaplin utilisa en réalité une chaussure en réglisse pour le tournage. Le film connaît un succès mondial et consolide Chaplin comme figure centrale du cinéma muet, capable de susciter le rire tout en abordant la misère et l’isolement.

Bien avant le numérique et le son synchronisé, le cinéma possédait déjà une force d’invention et d’influence notable, dont les échos traversent encore l’histoire du septième art.



Il y a plus de cent ans, le cinéma faisait ses débuts et déjà, il y avait des chef d'oeuvres, des navets et des controverses !
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François Paquette

Animateur de radio, podcaster et blogueur.

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