Lise Payette et les Yvettes Samedi, mar 8 2008
Histoire du Québec 2:20

L’événement le plus important dans l’histoire politique des femmes québécoises demeure sans contredit l’obtention du droit de vote au provincial, en 1940. Mais c’est le phénomène qui prit naissance le 9 mars 1980 qui retient le plus mon attention; ce jour là Lise Payette accoucha des Yvettes…
C’est en réaction à un sondage, publié deux jours auparavant, avançant que les femmes seraient majoritairement en faveur du NON, que la ministre de la condition féminine du PQ invite les femmes à « sortir de leur prison de peur » et oser voter oui. D’après elle, la nouvelle situation du Québec pourrait enfin permettre des changements sociaux importants pour les femmes. Pour appuyer ses propos, elle fait la lecture d’un passage de manuel scolaire :
« Guy pratique les sports: la natation, le tennis, la boxe, le plongeon. Son ambition est de devenir champion et de remporter beaucoup de trophées. Yvette, sa petite soeur, est joyeuse et gentille. Elle trouve toujours le moyen de faire plaisir à ses parents. Hier à l’heure du repas, elle a tranché le pain, versé l’eau chaude sur le thé… Après le déjeuner, c’est avec plaisir qu’elle a essuyé la vaisselle et balayé le tapis. Yvette est une petite fille bien obligeante.»
Madame Payette affirme que cette période est terminée et c’est là qu’elle se met un pied dans la bouche, en ajoutant à propos du chef du PLQ, Claude Ryan:
« C’est justement le genre d’homme que je hais, …des Yvettes, oui, il va vouloir qu’il y en ait plein le Québec…il est marié avec une Yvette. »
Ouch! Madeleine Ryan est mère au foyer…comme des milliers de québécoises!
Profitant de cette bévue, madame Ryan organise un rassemblement de « Yvettes » au Château Frontenac le 30 mars… elles seront 1 700! Mais c’est le 7 avril que se tiendra le plus grand rassemblement de femmes de l’histoire du Québec, 14 000 d’entre elles se rendent au Forum de Montréal pour y entendre des discours faisant appel au bon jugement et au sens de la responsabilité des femmes. On calcule que 42 760 femmes ont assisté à des assemblées du «non» entre le 30 mars et le 5 mai.
Les Yvettes ont-elle largement contribué à la victoire du NON? On ne peut pas leur attribuer la faute chose, mais on doit remarquer l’importante participation politique des femmes lors de la campagne référendaire de 1980.
Finalement , en entendant le discours de 95 de Jacques Parizeau sur le « vote ethnique » , on est en droit de se demander si celui qui écrit les discours au PQ n’a pas un vieux fond fédéraliste…
En passant, c’est le jour de la femme aujourd’hui, pensez à dire “Je t’aime” à celles de votre vie!









Salut Karine,
Je savais pas que bloguais. Ça fait longtemps ? En tous cas, tu fais quelques choses d’important et d’intéressant avec des capsules historiques. Je vais te mettre en lien sur le miens, c’est sûr.
À la prochaine.
Ha, je ne blogue pas, je suis une humble chroniqueuse historique c’est tout… Je fais partie de la grande communauté “peaudecastorienne”!
Contente que ça te plaise!!
L’argent et le vote ethnique, c’était très mal dit, mais il y avait quand même un fond de vérité dans tout ça. Les Yvettes? Je ne sais pas, je n’y étais pas. On y trouverait peut-être un fond de vérité aussi, si les paroles de madame Payette avaient été prononcées après le Référendum…
On attend maintenant la prochaine bévue du PQ avec une brique et un fanal. «Nous sommes prêts»…
Bravo à ces vraies femmes, et tant pis pour l’indépendance… si le Québec « libre » doit en être un sans mamans qui prennent soins de leurs enfants, j’aime mieux pas avoir de « Québec libre » !!
Heu… Je suis l’auteure de l’article, souverainiste jusqu’au plus profond de mon être et… maman à la maison!
Les temps ont changés, même les Yvettes peuvent voter OUI aujourd’hui!
Alors tant mieux pour les Yvettes.
Mais perso j’ai encore des grosses réticensses face au « progressisme » du PQ/Bloc et mouvement séparatiste en général…
C’est vraiment bien que vous soyez là à parler de notre historie… J’aimerais en faire autant mais j’ai besoin d’aide. Je viens de faire mon premier blogue en espérant avoir des commentaires sur le Québec. Pour l’instant je navigue entre les versions numériques de la BNQ et de la BNF et lis les récits de voyages de champlain, cartier,…
J’aimerais trouver plus d’anecdotes !
Déjà, je range cet article sur les Yvettes dans mes dossiers. Merci pour votre présence et vos éventuels anecdotes et histoires de notre passé, présent et futur pays.
David
@ Durandal…
Tu dis:
“”Mais perso j’ai encore des grosses réticensses(sic) face au « progressisme » du PQ/Bloc et mouvement séparatiste en général…”"
Alors si t’es soumis et que t’as peur, c’est donc que tu es une Yvette, une vraie
Et encore:
“” Bravo à ces vraies femmes, et tant pis pour l’indépendance… si le Québec « libre » doit en être un sans mamans qui prennent soins de leurs enfants, j’aime mieux pas avoir de « Québec libre » !!”"
Ce que voulait dire Mme Payette,ce n’est pas que les femmes au foyer n’étaient pas “capable” de voter OUI mais qu’il y avait des femmes soumises et obéissantes qui avaient peur de leurs opinions.
Quand j’entends des femmes “d’aujourd’hui”, instruite et tout nous dire du fils Trudeau qu’il est “tellement beau” j’ai honte autant que la Payette dans l’temps.
Ces hystériques qui mouillent devant les Obama ou Trudeau de ce monde parce qu’ils sont beaux m’écoeurent ben raide.
La démocratie est complètement bafouée par la beauté et l’idolâtrie.
Karine,
Merci de nous rappeler cet évènement. Même si au départ l’interprétation de ton énoncé n’a pas été bien saisie par certaines personnes, tu as remis les pendules à l’heure, comme on dit parfois, en spécifiant d’une façon claire l’intention de Mme Payette. Dommage que nous ne connaissions pas mieux notre histoire, comme la vie des premières femmes qui sont arrivées au pays il y a 400 ans etl’importance de leurs contributions dans la vie de l’époque. Je pense à Jeanne-Mance, Marguerite Bourgeois, Hélène de Verchère et bien d’autres femmes de valeurs. Ces femmes étaient fortes et respectées pour leurs coeurs, leurs audaces, leurs courages, leurs qualités morales, leurs intelligences et leurs grands rôles dans la société. Elles ont fondé des hôpitaux, des écoles et elles ont participé sur un pied d’égalité avec les hommes à construire notre pays. Que s’est-il donc passé au fil des ans pour que les femmes perdent autant de place?
À mon avis, après vous avoir lu, je crois que Mme Payette a été mal comprise par l’épouse de Mr Ryan. Il n’y avait pas de quoi monter aux baricardes…Nos décisions parfois mal éclairées font l’histoire mais c’est pas toujours beau à voir. J’aimerais que nous nous resaisissions. Notre société, nos enfants, nos maris ont besoin que nous reprenions notre place de femmes averties et responsables. Je respectais Mme Payette. Elle n’a pas eu la vie facile en politique. Si nous l’avions appuyée un peu plus….Nous assassinons nos leaders quand nous les critiquons sur des pécadilles. Bien sûr, il faut s’assurer de leurs intégrités et voir à ce qu’ils servent bien les intérêts du peuple, ce qui n’est pas toujours le cas mais Lise était honnête, dévouée et authentique.
Que veux-tu dire quand tu dis que tu as l’impression que les textes des PQ sont écrits par un fédéraliste? Parizeau s’est fourvoyé, je l’admet avec l’histoire du vote ethnique mais je ne crois pas qu’il soit un fédéraliste.
À David, comme vous j’ai soif de connaître d’avantage mon histoire. Il y a des choses intéressantes que l’on peut trouver par des mots clés sur Internet. Il y a quelques mois j’ai lu un roman ” Eugénie, fille du Roy” de René Forget. Ça m’a beaucoup éclairé sur le début de la colonisation… Si vous cherchez, vous trouverez. J’ai trouvé dans une librairie un numéro spécial “LE BEAVER,le magazine d’histoire du Canada”. Québec a 400 ans. Je pense qu’il faut se documenter à diverses sources carles sujets peuvent être traîtés différemment.
Excusez mes fautes d’ortographes
@ Lyd,
Suite à la lecture de ton commentaire (pratiquement sans fautes d’ortographe en passant
), je dois avouer que l’idée m’est venue d’écrire une série d’articles sur la place des femmes dans l’histoire du Québec. C’est un sujet qui peut se révéler très intéressant.
Je sais bien que Parizeau n’est pas fédéraliste, je voulais seulement faire un clin d’oeil au fait que chaque fois qu’un péquiste se met “un pied dans la bouche” il y a toujours une horde de fédéralistes qui sautent sur l’occasion pour tourner ça à leur avantage. Mais c’est ça la politique!
Même les plus ardents défenseurs de la souveraineté ont tendance à clouer leurs leaders au pilori, nul n’est prophète en son pays faut croire
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« Alors si t’es soumis et que t’as peur, c’est donc que tu es une Yvette, une vraie »
Non, c’est que je suis prudent, sachant qu’en tant que traditionaliste je marche en terrain miné.
Remarque, au prochain référendum, je veterai OUI, simplement car je sais que des femmes avec des mauvaises idées, y’en a aussi du côté fédé (je pense à Courchesne).
« Ce que voulait dire Mme Payette,[sic pas d'espace après la virgule]ce n’est pas que les femmes au foyer n’étaient pas “capable” de voter OUI mais qu’il y avait des femmes soumises et obéissantes qui avaient peur de leurs opinions. »
Entre les lignes, que selon Payette, les Yvettes sont des femmes arriérées qui refusent de cadrer dans le modèle de la femme moderne PrésidentE-DirectricE-GénéralE qui dompe son unique enfant à la garderie car elle est trop émancipée pour s’en occuper.
En fait, dans la tête des féministes, toutes les femmes devraient “naturellement” embrasser les idées féministes, et si certaines sont réfractaires, c’est qu’elles ont “peur”.
Tu vois, ce que tu écris réflète parfaitement ce que les femmes au foyer ont ressenti, ce que les gens mal intentionnés ont “fait dire entre les lignes” à Lise Payette…
On peut être politiquement engagée et n’avoir pas peur de ses opinions tout en étant à la maison à s’occuper des nos enfants.
JE ne dompe PAS mes TROIS enfants à la garderie car je suis à la maison en tout temps, je gère pourtant ma propre entreprise, et oui je suis PDG, une femme émancipée comme tu dis, et finalemennt, je n’ai vraiment pas peur de mes opinions, pourtant je ne suis pas féministe pour deux cennes…