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Cyclotourisme : organiser son premier voyage « pour les nuls »

Vous débutez en cyclotourisme ? Découvrez les secrets pour un premier voyage réussi 🚵‍♀️

Et si un matin, je me réveillais avec l’envie soudaine de partir en voyage, mais… à vélo ! Par où commencer…? Quelles sont les plus belles destinations ? Quel vélo choisir ? Quel équipement glisser dans ma sacoche ? Dois-je prendre un sac ou une valise ?

Dans cet article, je tenterais de créer un mini-guide « pour les nuls » afin d’initier les néophytes au cyclotourisme. Certes, tenter de couvrir l’intégralité du sujet en un seul article relève de l’impossible… Mon objectif est plutôt de synthétiser les points essentiels pour vous fournir les outils nécessaires à l’acquisition d’une première base de connaissances sur le sujet.

Commençons par le commencement… La première question à se poser est :

Qui suis-je ?

Absolument ! Ce n’est peut-être pas la première question qui vient à l’esprit lorsqu’on aborde le cyclotourisme, mais elle est peut-être la plus cruciale. Avant même de se plonger dans les détails du choix du vélo, de la destination ou de l’équipement nécessaire, il est essentiel de se comprendre soi-même, comme l’a si sagement formulé quelqu’un dans un temple de Delphes il y a de cela plusieurs millénaires. Voici les questions fondamentales à considérer :

  1. Quel type de voyageur suis-je ? Suis-je prêt à m’adapter à des nuits sous la tente, à l’abri d’un pont, ou bien suis-je plus enclin à rechercher le confort d’un hôtel luxueux tel que le Hilton ? « Cyclotourisme » n’est pas forcément synonyme de « camping en tente ». En effet, pour ceux qui préfèrent le confort, il est tout à fait envisageable de partir en voyage à vélo ! Cependant, le choix d’itinéraire risque d’être un peu plus limité. Par exemple, si vous décidez de faire Montréal – NYC, il existe plusieurs hôtels étoilés sur la route. En revanche, si votre périple vous mène sur la route du Labrador, on peut oublier les hôtels quatre étoiles…  Pour ceux qui sont prêts à dormir en tente (et même sous un pont, et oui, ce n’était pas une blague), le monde est à portée de roue ! Vous aurez alors une multitude de destinations à explorer.
  2. Quelle est ma condition physique actuelle ? Suis-je un athlète de niveau olympique ou le souffle me manque après avoir monté un étage ? Là encore, rien ne vous empêche de faire du cyclotourisme ! Il suffit de planifier intelligemment le nombre d’étapes et leur longueur pour que votre voyage soit adapté à vos capacités. Faites-vous confiance !
  3. Quelles sont mes habitudes alimentaires ? La question de la nourriture peut devenir cruciale lors de voyages à vélo, et ce, surtout en fonction de la destination choisie. Outre les risques de pénurie alimentaire dans certaines régions (ou même pays), il est également important de considérer la disponibilité des différents types de nourriture et les habitudes alimentaires locales ! Si vous avez des restrictions alimentaires, certaines destinations sont à éviter.
Source : Teatime For A Universe

Après avoir pris le temps de vous connaître davantage, passons maintenant aux astuces pour choisir votre super bolide à deux roues.

Trouver le bon vélo

Acheter ou louer ? Voilà la grande question. Dans certains pays, il est possible de louer des vélos de cyclotourisme, mais il peut y avoir des risques : le vélo sera-t-il en bon état ? Sera-t-il à ma taille ? Disposera-t-il de tous les accessoires nécessaires ? Personnellement, je me sens plus à l’aise avec mon propre vélo plutôt qu’avec un modèle loué (et c’est d’ailleurs ce que j’ai fait pour mon premier voyage, je vous en parlerai un peu plus tard).

Imaginons maintenant que je décide de partir avec mon propre vélo… Comment faire ?

Dans un premier temps, une question assez essentielle se pose : le prix. Un vélo de cyclotourisme peut être extrêmement dispendieux, comme beaucoup plus abordable. Dans mon cas, j’ai fait le tour de l’île de Cuba avec un VTT en aluminium qui trainait dans mon garage depuis des années. Pour moins de 400$, je l’ai remis à neuf avec l’aide de quelqu’un de confiance, et je n’ai rencontré aucun problème ! J’ai également des connaissances qui, avec un budget plus conséquent, ont opté pour la fabrication d’un vélo sur mesure haut de gamme et ont tout de même dépensé moins que ce qu’un cycliste amateur débourserait pour une simple paire de roues en carbone.

Sans vouloir exagérer, je dirais que, pour commencer, un budget de 2 000 $ pourrait vous permettre d’acquérir un vélo neuf et de qualité pour le cyclotourisme. Bien entendu, vous pouvez également investir davantage pour des modèles haut de gamme, mais la dépense risque d’être deux fois plus élevée.

Source : Lucrezia Cavalli (mon VTT remis à neuf)

Voici quelques points clés à prendre en considération pour choisir votre vélo :

  • Vélo complet : prêt à l’emploi ou sur mesure. Gardez à l’esprit qu’il n’est pas nécessairement très coûteux de faire fabriquer un vélo sur mesure, et qu’il existe plusieurs bons ateliers avec des mécaniciens compétents pour le faire. Une astuce : faites confiance au bouche-à-oreille plutôt qu’à la publicité.
  • Les vendeurs : Soyez également méfiant à l’égard des vendeurs qui, lorsqu’on leur demande conseil pour un vélo de voyage, vous interrogent d’abord sur votre budget. En effet, s’ils savent que vous disposez de 1 000 $, ils vous proposeront un vélo à ce prix-là ; mais si vous mentionnez 4 000 $, ils vous orienteront vers un modèle à ce prix sans considérer vos besoins spécifiques : leur but est surtout de conclure une vente lucrative ! Un bon vendeur, quant à lui, devrait d’abord vous interroger sur votre style de cyclisme et les types de voyages que vous envisagez. La question du budget ne devrait arriver que plus tard dans la discussion. Ensuite, en fonction de vos réponses, il devrait vous présenter le vélo le plus adapté à vos besoins, ainsi que des options légèrement moins dispendieuses, mais toujours appropriées, et d’autres plus coûteuses. N’hésitez pas à visiter plusieurs magasins et à comparer également les offres sur Internet pour faire un choix éclairé.
Source : Lucrezia Cavalli (vélo de la marque Surly)

Si l’on se penche davantage sur les composants du vélo :

  • Cadre de vélo : L’acier est reconnu pour sa robustesse et son élasticité, ce qui le rend idéal, surtout si vous prévoyez de transporter des charges lourdes. Il a aussi l’avantage d’être plus facile à réparer en cas de rupture. Le carbone peut aussi être un choix intéressant en raison de sa légèreté. Cependant, il est moins adapté aux routes où le cadre risque de subir des chocs, car il est plus fragile que l’acier. L’aluminium présente également de nombreux avantages par rapport à l’acier, bien qu’il soit plus difficile à réparer. De plus, il est moins coûteux que le carbone. Pour finir, le titane est considéré comme l’un des meilleurs matériaux alliant légèreté, flexibilité, solidité et résistance à la corrosion. Le hic ? Il est très cher ! Le cadre seul pourrait vous coûter autant qu’un bon vélo haut de gamme.
  • Groupe de vitesses : Opter pour un groupe 2×10 est un bon choix, mais il n’y a pas de sélection « obligatoire ». Il est toutefois important de noter que plus la cassette de pignons comporte de vitesses, plus la chaîne est fine et donc fragile. C’est à vous de trouver le bon compromis !
  • Pneus : Un article complet pourrait être rédigé à ce sujet… Personnellement, je ne suggèrerais qu’un seul type de pneu : le Schwalbe Marathon Plus Tour (ou MTB), réputé comme le meilleur pneu de tourisme sur le marché ! Des amis à moi, qui ont parcouru 13 000 km à eux deux, n’ont jamais eu de crevaison.
  • Selle : L’important est de trouver la selle qui vous convient le mieux ! L’essentiel est de trouver une selle qui vous convienne en termes de confort. Les avis sont partagés sur le choix entre une selle en cuir ou une selle standard. Vous pouvez vous référer à un vendeur spécialisé en cyclotourisme pour cela, et consulter les blogs spécialisés.
Source : Tourdumondiste

Les bagages

En ce qui concerne le choix des bagages et leur installation, il n’y a pas de solution universelle. C’est avant tout une question de préférences personnelles. Certains cyclistes préfèrent les sacoches classiques, qu’elles soient fixées à l’avant, à l’arrière ou sur les deux, tandis que d’autres optent pour les équipements de type bikepacking. Il est important de noter que pour les sacs de style bikepacking, une approche minimaliste et bien organisée est nécessaire. Rien ne vous empêche de combiner les deux styles aussi !

Source : Wikipédia (touring bicycle) et Cycling About

Quoi emporter ?

C’est bien beau avoir un vélo et les bagages qui vont avec, mais il est aussi important de savoir quoi emporter de manière minimale pour « survivre » lors d’un voyage à vélo, surtout compte tenu de l’espace limité disponible. Chacun a ses propres indispensables de voyage, donc la liste complète dépendra de vos besoins personnels.

Je vous propose ici une première liste de base que vous pourrez ajuster par la suite :

  • Vêtements : un ensemble que l’on porte sur soi et deux ensembles de rechange. Et oui, ça ne fait que 3 t-shirts et trois pantalons, mais c’est amplement suffisant ! Si vous avez de la place, vous pouvez également ajouter un kit supplémentaire plus « chic » si vous le désirez.
  • Trousse de toilette contenant vos effets personnels.
  • Trousse de médicaments et de premiers soins : INDISPENSABLE !!! Surtout dans certaines régions.
  • Gadgets personnels tels que des chargeurs de batterie, des câbles USB, des guides en ligne ou imprimés, des écouteurs, un livre, etc.
  • Outils de réparation de vélo pour les réparations d’urgence.
  • De la nourriture ! Toujours en fonction de votre destination, vous devrez emporter des quantités plus ou moins grandes. Pour les collations, privilégiez les aliments riches en sucre pour vous donnez de l’énergie (je ne jure que par les Pop Tarts ! et les bananes – si j’en trouve sur la route) et aussi quelques aliments plus riches en gras et protéines (ex : noix et barre tendre) pour moins sentir la faim.
Source : Potting Shed Cartoons

Une astuce pratique consiste à dresser une liste des articles que vous emportez en début de voyage, puis à évaluer à la fin ce qui a effectivement été utilisé. Les articles qui n’ont jamais été utilisés peuvent ainsi être considérés comme non essentiels ! Cependant, il est important de garder à l’esprit que même si vous n’utilisez pas un élément spécifique, comme un duvet lors d’un voyage sur la côte amalfitaine en juin, il pourrait être nécessaire lors d’un autre voyage, comme lors d’un périple dans les montagnes du Chili. Ainsi, vous pouvez mettre à jour votre liste au fil de vos voyages et en fonction de vos besoins changeants.

En ce qui concerne les outils de vélo, il est crucial d’avoir au moins l’équipement nécessaire pour réparer une crevaison, à savoir une rustine, une chambre à air et une pompe. Il est important de noter que les bouteilles de CO2 ne sont pas autorisées dans les avions ! Dans ce cas, une bonne pompe à vélo est suffisante, ce qui réduit les tracas et contribue également à préserver l’environnement. 😉

Les destinations

Maintenant que votre vélo et vos bagages sont prêts, où pouvez-vous partir ?

Dans notre province

Vous pouvez vous laisser tenter par différents itinéraires mentionnés dans l’excellent guide « La Route Verte ». En combinant plusieurs de ces itinéraires, vous pourriez, par exemple, faire Québec – Montréal et même continuer jusqu’aux chutes du Niagara. Le trajet complet s’étend sur 1 200 km et est relativement facile, avec aussi un bon réseau de campings et d’hôtels tout au long du parcours. Un autre circuit intéressant, pour les amateurs de montées, est de se diriger vers la Côte-Nord. Vous longez le fleuve, traversez sur la rive opposée et pouvez choisir de continuer vers le Nouveau-Brunswick ou de revenir sur vos pas. Bien sûr, cet itinéraire peut être effectué dans un sens comme un autre. Le Québec étant vaste, organiser une randonnée cycliste n’est pas très difficile. Il vous suffit d’ouvrir une carte de la province et de décider où vous souhaitez aller !

Source : La Route verte

Au Canada

Pour les plus courageux, je suggère aussi la traversée du Canada, de Montréal à Vancouver par exemple. Plus de 4 000 km à parcourir avec même quelques belles ascensions une fois arrivés en Alberta. Il existe également l’une des plus belles routes panoramiques du monde : le Cap Breton Tour en Nouvelle-Écosse ! Attention cependant, les montées ne sont pas faciles…

Aux États-Unis

Pour ceux et celles qui souhaitent s’aventurer sur les pistes cyclables de nos voisins du Sud, je recommande le site Web de l’ACA : Adventure Cycling Association (https://www.adventurecycling.org/). Cet organisme américain propose divers itinéraires à travers les États-Unis, incluant des pistes GPS et des cartes très détaillées sur lesquelles vous pourrez trouver toutes sortes d’indications. Parmi leurs multiples suggestions se trouvent, par exemple :

  • Le Southern Tier, aussi appelé le Southern Coast-to-Coast : il relie la Floride à la Californie et traverse les déserts du Nouveau Mexique et de l’Arizona.
  • Le Scenic Pacific Coast : un long itinéraire partant de Vancouver pour arriver au fameux mur de la frontière mexicaine.

Ailleurs dans le monde

De nombreux itinéraires de rêve existent à travers le globe ! La liste complète sera prochainement disponible dans un nouvel article…

Source : Moss Design

Voici un petit guide pour organiser votre premier voyage de cyclotourisme 🙂 Prêt à vivre des aventures à vélo inoubliables ? 🚴‍♂️🌍
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Lucrezia

Passionnée par les voyages, le sport, la nourriture et les arts, l'écriture est un moyen pour Lucrezia de s'évader dans d'autres mondes et partager ses découvertes. Arrivée d'Italie il y a presque 18 ans, on peut dire qu'elle a été charmée par le Québec et sa culture! Fun fact sur la jeune rédactrice : elle avait deux rats a-do-rables comme animaux de compagnie, Gin et Tonic.

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