Quebec Solidaire

Bien le bonjour a vous tous; chers citoyens en dilemme. Vous qui n’êtes pas encore vraiment décidé entre le p’tit monsieur Charest, Super Mario et notre pauvre M. Boisclair, sachez qu’il y a du neuf, un nouveau mouvement qui se débat pour percer l’oligopole politique que constituent le PQ, le PLQ, et Air Dumont ; il s’agit de Québec Solidaire.

C’est sous cette étiquette que Jean Proulx a choisi de tenter sa chance dans son comté natal ; Nicolet-Yamaska. Jean est détenteur d’une maîtrise en Service social, diplôme qui lui permit de contribuer au développement de plusieurs corporations communautaires pour les jeunes, les femmes et plus récemment les déficients intellectuels. Depuis 2001, il travaille à l’UQAM a titre de chercheur en politique social.

Salut Jean, d’abord, si l’on se fie à votre feuille de route, on constate rapidement que l’action politique ne vous fait pas peur. Cependant vous aviez, jusqu’à présent, choisi d’agir en parallèle avec le politique québécois. En quelques lignes ; présentez-nous les grandes lignes du Parti ; ce qui vous a convaincu de sauter la clôture et prendre la voie publique ?

Réponse :
Je me définis essentiellement comme un péquiste déçu. René Lévesque portait un projet d’indépendance du Québec social-démocrate, c’est-à-dire un projet de pays dans lequel il y a une recherche d’égalité, il y a un sentiment d’appartenance à un collectif, il y a le sentiment d’un « vivre ensemble ». Or, depuis déjà plusieurs années, je ne me reconnais dans le PQ. C’est devenu un parti qui ne remet pas fondamentalement en question les choses, et la recherche d’une plus grande égalité n’est plus à l’ordre du jour. À Québec solidaire, la recherche d’une plus grande égalité est notre raison d’être. Le Québec a connu une croissance continue depuis le début des années ’90, mais cette croissance ne profite pas à tout le monde. Il y a eu création de richesses, mais cette richesse est de plus en plus concentrées dans les mains des mêmes. À Québec solidaire, nous voulons réduire ces écarts de richesse et travailler pour éliminer la pauvreté. Nous voulons accroître l’égalité entre les hommes et les femmes. Enfin, la protection de l’environnement est également au coeur de notre programme.

Jusqu’à maintenant, quelles sont vos impressions quant a la couverture médiatique de la campagne ? Êtes-vous satisfait du traitement que l’on réserve a Québec Solidaire?

Réponse
Au palier local, dans Nicolet-Yamaska, Québec Solidaire est traité sur le même pied d’égalité que les autres partis par les médias, ce qui est une très bonne nouvelle. Au palier régional, le Nouvelliste nous couvre bien, mais il y a eu des « oublis » impardonnables à la radio de Radio-Canada : on n’a annoncé que trois candidats dans Nicolet-Yamaska au déclenchement des élections ; on n’a parlé que de trois candidats dans le reportage suite au débat avec les chambres de commerce.

Au palier national, c’est lamentable, et Québec Solidaire a beaucoup de difficulté à se faire entendre, à diffuser ses idées. Alors qu’au moins 600 000 personnes voteront pour Québec Solidaire ou le Parti Vert, la décision du consortium des télédiffuseurs de refuser ces deux partis pour le débat télévisé est un accroc sérieux à la démocratie : comment sortir des vieux partis et renouveler le discours politique si l’on ne permet pas aux nouveaux partis de se faire entendre ?

Récemment a Tout le monde en parle ; votre chef Amir Khadir a ouvert un débat sur le prix des médicaments et comment le Québec pourrait y gagné. Quant est-il vraiment?

Réponse
À l’instar de ce qui s’est fait en Nouvelle-Zélande, Québec Solidaire propose de créer une société d’État (comme la SAQ, par exemple) qui regrouperait les achats de médicaments au Québec. Le fait d’avoir un seul acheteur permet d’augmenter le pouvoir de négociation auprès des compagnies pharmaceutiques. En Nouvelle-Zélande, le prix des médicaments a baissé de 70 %. Cela signifie deux choses : les compagnies pharmaceutiques faisaient beaucoup d’argent ; cet argent économisé peut être investi dans le système de santé. Au Québec, on évalue que nous pourrions faire baisser le prix des médicaments de 35 %, ce qui permettrait d’économiser 1 milliard annuellement.

Il faut noter que les dépenses pour les médicaments à la Régie de l’Assurance-médicament du Québec sont passés de 1,3 milliard à 3 milliards entre 1998 et 2006, et représentent 15 % du budget de la santé. Le Québec est la province canadienne qui paie le plus cher ses médicaments.

Pour plusieurs, le Parti que vous représentez se veut une invitation au citoyen a contribuer a la création d’un projet social québécois, chose perdu avec un PQ aux idées coulées dans le béton. Cependant, vous n’êtes pas sans savoir qu’en créant un nouveau parti du OUI comme Québec Solidaire, vous risquez de diluer le vote ? Comment les membres de Québec Solidaire espèrent-ils travailler au projet référendaire de l’extérieur ?

Réponse
Il n’y a aucune raison pour que l’idée d’indépendance appartienne à un seul parti politique. Comme je l’ai mentionné à votre première question, une bonne partie de la gauche québécoise dont je suis se sentait pris en otage par le Parti québécois sur la question nationale. À Québec Solidaire, nous croyons que non seulement l’idée d’indépendance ne doit pas appartenir à un seul parti politique, mais qu’il est même souhaitable qu’elle n’appartienne pas à un seul parti politique.

À Québec Solidaire, nous allons bien sûr travailler avec le Parti Québécois pour réaliser la souveraineté du Québec. Mais nous devrons négocier avec lui sur la façon de la faire. À Québec Solidaire, nous proposons une démarche participative à travers tout le Québec afin que la population participe aux discussions. L’indépendance du Québec, on ne peut l’entrer dans la gorge de la population. On fera l’indépendance du Québec AVEC la population, où on ne la fera pas.

Merci d’avoir pris le temps d’informer nos lecteurs et bonne fin de campagne.

- Vincent Belisle en compagnie de Jean Proulx, candidat du Québec Solidaire dans Nicolet-Yamaska